Des employeurs se sont réunis pour rencontrer des travailleurs d’expérience. (Crédit photo : Mélanie Labrecque)

EMPLOI. Confrontés à la pénurie de main-d’œuvre qui touche toute la province, certains employeurs de la région ont choisi de porter leur confiance sur des travailleurs expérimentés, qui ont plus de 50 ans. Ils étaient une quinzaine, au Centre multifonctionnel de Saint-Apollinaire, le 22 novembre, à tenter de séduire ceux qui sont souvent laissés de côté dans les processus d’embauche.

Plus d’une soixantaine de personnes, qu’ils soient travailleurs, chercheurs d’emploi, semi-retraités ou retraités, se sont présentées à l’activité organisée par la SADC de Lotbinière, le comité main-d’œuvre de la MRC et d’autres partenaires. Ce café-jasette, une première dans la région, visait à faire le pont entre les patrons et ces personnes.

«Les gens pensent que parce qu’ils ont 50 ou 60 ans, on ne les prend plus. Au contraire, on sait que certains partent à la retraite, mais reviennent nous voir pour faire 10 ou 20 heures par semaine. C’est bien pour nous, car qu’on a des besoins d’une à deux journées par semaine», a expliqué le coordonnateur à la formation chez Les bois de plancher PG, Denis Tremblay.

«Ce que je cherche, c’est un emploi ponctuel. Comme je suis à la retraite, je ne veux rien à temps plein, c’est plus pour occuper mon temps. Je trouve qu’on rencontre de bons employeurs et qu’ils discutent de ce qui nous intéresse», a raconté Denise, qui oeuvre dans le domaine de l'administration.

Apport important

Tous les employeurs rencontrés sont conscients de la pénurie de la main-d’œuvre, la vivent et reconnaissent que ces travailleurs représentent une partie de la solution.

«Ils sont fidèles, fiables et ont un gros bagage. Ils sont capables d’amener beaucoup», a soutenu, la conseillère en ressources humaines chez Fromagerie Bergeron, Elsia Lavigne. «Ils comprennent le principe de la production et la responsabilité par rapport à leur expérience de travail», a renchéri Denis Tremblay.

Pour ces travailleurs, l’ouverture des entreprises à leurs compétences est la bienvenue. «C’est bien de savoir qu’on peut-être accueilli à notre l’âge. […] Dans mon domaine, en administration, j’ai fait tous les postes. Je connais l’importance de bien traiter une donnée parce qu’à la fin il faut que sa marche», a indiqué une autre chercheuse d’emploi.

Dans certains cas, leur âge peut même être un avantage. «Nous avons beaucoup d’employés qui ont justement cette tranche d’âge là, 50 - 60 ans. […] Dans le monde agricole, les producteurs ont en moyenne une cinquantaine d’années, alors le chauffeur qui livre le connait probablement», a expliqué, le conseiller en ressources humaines chez Bernard Breton, Vincent Fouquet.

Flexibilité

Les employeurs confirment être en mesure de s'ajuster aux besoins de ces personnes.

«Au niveau de l’horaire, on doit faire certaines adaptations. On doit être plus flexible […]. On doit réinventer les façons de gérer les gens et les relations intergénérationnelles», a mentionné la responsable des ressources humaines chez Agri-Bio, Gabrielle Morin.

«On va y aller avec le besoin de la personne. Si elle veut se lever à 5h le matin, terminer à 11h et faire seulement des cafés pour nous aider, on va s’adapter», a illustré, la gérante du personnel pour les restaurants McDonald’s d’Isabelle Auger, Stéphanie Gingras.

Ressources

Ce café-jasette a aussi été l’occasion pour différents organismes liés à l’emploi d’offrir plusieurs informations sur le retour au travail, les subventions salariales et les modifications à la loi fiscale pour les travailleurs aînés.

 

 

Plus de 100 000 postes disponibles au Québec

Selon les plus récentes données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), le nombre de postes vacants dans la province, au deuxième trimestre de 2018, s’élevait à 116 440, en hausse de 32 580 postes par rapport à la même période en 2017, soit les mois d’avril, mai et juin.
L’ISQ a aussi constaté le phénomène dans la région de la Chaudière-Appalaches, alors qu’il y avait 6 395 emplois disponibles au deuxième trimestre de cette année, comparativement à 5 215 en 2017.
Quatre domaines d’emploi se démarquent au niveau de la demande. L’ISQ indique qu’il s’agit de la fabrication, du commerce de détail, des soins de santé et celui des services d’hébergement. De plus, la profession la plus recherchée est celle des serveurs au comptoir.
L’organisation compile ces informations depuis 2015 et c’est la première fois qu’elle enregistre plus de 100 000 postes inoccupés à l’échelle de la province. Cette donnée est directement liée au taux de chômage, explique l’ISQ. Plus il est faible, plus le taux de vacance est élevé. Le taux de chômage se situe actuellement à 3,9 % en Chaudière-Appalaches.

 

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