Un pas de géant contre le Zika, grâce à un Agathois

Vincent Breton vincent.breton@tc.tc
Publié le 12 juin 2016

Guillaume Lambert a travaillé sur un protocole de dépistage du virus Zika au Wyss Institute de Harvard.

©Wyss Institute at Harvard University

SANTÉ. Guillaume Lambert, originaire de Sainte-Agathe-de-Lotbinière, fait partie d’une équipe de chercheurs de l’Université de Harvard qui a récemment mis au point un test de dépistage rapide et peu coûteux du virus du Zika.

Avec cette avancée du Wyss Institute for Biologically Inspired Engineering, le temps de dépistage du virus du Zika pourrait passer de quelques semaines à seulement quelques heures. Le coût aussi serait réduit, passant de milliers de dollars, à un ou deux dollars par test.

Le seul Québécois de l’équipe de scientifiques résume que le nouveau test ne demande qu’un bout de papier. «Tout commence avec un échantillon de sang, de salive ou d'urine que l’on doit faire bouillir pour libérer le virus des cellules humaines. Une fois bouilli, on a amplifié le virus par un processus qui prend environ deux heures. On a ensuite mis l'échantillon sur un bout de papier contenant des enzymes qui reconnaissent la séquence du virus et, de une demi-heure à une heure plus tard, on a pu avoir des résultats», explique le gradué en physique à l’Université McGill.

Avec une méthode de lyophilisation, ou freeze drying, des plaquettes accessibles à tous pourraient être distribuées facilement, à faible coût, partout dans le monde. Il ne suffit que de réhydrater les bouts de papier avec un échantillon amplifié provenant de la salive, du sang ou de l’urine. Le résultat s’affiche quelques minutes plus tard. 

L’équipe d’experts dirigée par James Collins a réussi à démontrer que les échantillons infectés changeaient de couleur, devenant mauves à la fin du processus. Pour M. Lambert, la simplicité d'utilisation de cet examen est comparable à celui d'un test de grossesse.

Grâce à une méthode de freeze drying, des plaquettes de test peuvent être distribuées facilement, à faible coût, partout dans le monde.
Wyss Institute at Harvard University

Distribution mondiale

Une telle avancée, qui semble d’une simplicité déconcertante, mais qui cache en fait un énorme travail de recherche pour le volet de l’amplification, n’attend que de trouver une compagnie pour la distribuer.

Guillaume Lambert ne cache pas que le but de cette recherche est de distribuer ce test dans les pays plus pauvres, là où justement le Zika sévit depuis quelques mois. Il rapporte par ailleurs que l’engouement créé par cette avancée est déjà puissant aux États-Unis, là où il habite.

Il précise aussi que cette façon de fonctionner permet de déterminer les différentes souches du virus du Zika. Cette infection est connue depuis plusieurs années, mais elle a muté en multiples souches. Certaines se contrôlent facilement, selon le doctorant de l’Université de Princeton, mais d’autres peuvent provoquer des mutations chez les humains. Cela est notamment le cas de la souche qui sévit en Amérique du Sud et en Amérique centrale depuis quelques mois.

Celui qui poursuit un postdoctorat à l’Université Harvard souligne que le test mis au point au Wyss Institute pourra aussi servir à détecter les virus à base d’ARN, comme le sida, l’Ebola ou la grippe.

Le virus du Zika est véhiculé par les moustiques.

©Deposit photo