Les travaux avancent, malgré la contestation

Vincent Breton vincent.breton@tc.tc
Publié le 11 septembre 2016

Les travaux près du quai visent à installer des stationnements, entre autres.

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INFRASTRUCTURE. Les travaux au quai de Saint-Antoine-de-Tilly ne plaisent pas à tout le monde. Un groupe de citoyens dénonce la façon de faire de la municipalité qui, elle, avance les travaux.

Les premiers coups de pelle visant à embellir ce secteur ont été donnés mercredi dernier. Les travaux visent essentiellement à refaire le chemin menant au quai et à installer des espaces de stationnement. Le matériau utilisé est de la pierre concassée, recouverte d’un enduit protecteur, par souci économique et écologique, des dires du maire, Christian Richard.

Or, des voisins se plaignent d’avoir été maintenus dans l’ignorance. «On n’est pas contre le projet, jure la porte-parole du groupe d’opposants, Isabelle Charest. On est contre la façon dont tout cela est mené. Pourquoi tout est toujours fait en catimini, sous la couverte?»

Mme Charest aurait apprécié que la municipalité consulte la population avant de lancer les travaux. Elle considère que cela aurait mieux reflété la vision commune de la localité en ce qui concerne son développement.

Consultation publique

Du côté de la municipalité et de l’organisme les Amis du marais, qui coordonnent conjointement le plan d’aménagement, on assure que la consultation publique a déjà eu lieu et que les travaux sont amplement justifiés.

Christian Richard, maire de Saint-Antoine, rappelle qu’en 2012, plus de 200 personnes se sont mobilisées pour donner leur avis sur l’avenir du quai. L’année suivante, la Zone d’intervention prioritaire (ZIP) de Québec avait formé un comité qui avait produit un plan d’action 2013-2016. Le conseil municipal de Saint-Antoine a annoncé qu’il allait de l’avant avec ce plan d’aménagement en 2014.

Le premier magistrat ajoute que les voisins immédiats des travaux ont été rencontrés quelques jours avant l’arrivée des pelles mécaniques. Cette visite ne pouvait se faire avant, selon M. Richard, puisque les Amis du marais et la municipalité attendaient certaines autorisations de Pêches et Océans Canada, propriétaire du site, ainsi que du ministère de l’Environnement du Québec.

La municipalité de Saint-Antoine veut que le quai devienne accessible à tous.
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Financement

Un des points nébuleux dans cette histoire, selon Mme Charest, reste encore celle financement du projet. La municipalité a déjà engagé 21 000 $ via les Amis du marais. Une commandite de 10 000 $ a aussi servi à installer des bancs sur le quai. La surface de ce dernier a déjà été refaite grâce à une autre subvention.

Par ailleurs, depuis l’an dernier, le gouvernement fédéral a annoncé le Programme d’aide aux infrastructures communautaires pour le 150e anniversaire Canada. Les Amis du marais ont appliqué, ce qui permettrait de couper la facture des travaux d’embellissement du quai en parts égales, soit une somme d’environ 45 000 $. Or, la réponse du gouvernement se fait toujours attendre.

Cela ajoute au désarroi d’Isabelle Charest. «S’il manque de l’argent, qui va payer?» s’interroge-t-elle. À cela, Pierre Marchildon, président des Amis du marais, répond que son organisme pourrait «organiser une campagne de financement au cours de l'automne 2016 ou en 2017 pour compléter le montage financier jusqu’à un montant d’environ 45 000 $».

Si jamais l’organisme n’a pas l’argent désiré, il pourrait se contenter de ne faire que la première phase des travaux cet été.

Entretien des lieux

Vivant aux abords du quai, Isabelle Charest constate que les déchets ne sont pas ramassés régulièrement ou que des gens flânent souvent dans ce secteur. Elle assure que l’organisation municipale n’intervient pas assez pour faire cesser ces mauvais comportements. «La municipalité ne fait déjà pas ce qu’il faut, comment ça sera avec plus d’aménagement et plus d’achalandage?» laisse-t-elle tomber.

Encore une fois, Christian Richard garantit que son organisation a pris en compte cette question, même si dans les faits, le terrain et le chemin du quai appartiennent au gouvernement fédéral. «On va installer des pancartes interdisant le stationnement de nuit. Les motos n’auront pas accès au quai. On va installer des dos-d’âne pour avoir un environnement sécuritaire», énumère le maire, ajoutant que les lieux seront gardés propres.