Faire son deuil périnatal par la photo

Vincent Breton vincent.breton@tc.tc
Publié le 1 février 2016

La Fondation J’allume une étoile veut aider les parents qui perdent des enfants à traverser leur deuil.

©Photo Guylaine Renaud – Fondation J’allume une étoile

SANTÉ. La Fondation J’allume une étoile, installée à Saint-Apollinaire, propose d’aider gratuitement les parents qui ont perdu un poupon à traverser le deuil périnatal par la photographie.

Il faut que ce service-là existe Guylaine Renaud, Fondation J’allume une étoile

Guylaine Renaud, fondatrice de cette œuvre, assure que ce qu’elle veut le plus est « d’aider les gens et les accompagner dans des situations de deuil ». Elle aimerait aussi que ces épreuves ne soient pas banalisées. « C’est un sujet encore tabou et les parents se retrouvent trop souvent isolés », fait-elle savoir.

Pour accompagner les familles éprouvées, la graphiste propose, pour l’instant, de retoucher des photos d’enfants décédés à la naissance, in utero ou en contexte de soins palliatifs pédiatriques et néonatals que les parents ont en leur possession. Cela consiste essentiellement à changer les photos pour les mettre en soir et blanc, ce qui est plus sobre et moins morbide, selon Mme Renaud.

Cette dernière estime qu’il est important pour des parents endeuillés de posséder des images de leur bébé pour pouvoir ensuite le montrer à leurs proches. Les parents reçoivent une photo retouchée, dans les 24 heures suivant la requête, lors d’une séance à l’hôpital. Les autres sont remises quelques jours plus tard sur disque avec deux photos imprimées sur papier photo. Ces clichés sont expédiés par la poste ou livrés en personne, selon le choix des parents.

Guylaine Renaud retouche et prend des clichés de poupons décédés.
Photo Guylaine Renaud – Fondation J’allume une étoile

Dans les hôpitaux

À plus ou moins long terme, la photographe aimerait être en mesure de prendre des photos directement auprès des parents qui la solliciteraient dans les hôpitaux de Chaudière-Appalaches et de la Capitale-Nationale. Elle doit cependant attendre toutes les autorisations à cet effet. Jusqu’à maintenant, la réponse des établissements de soins de Québec et Lévis semble plutôt positive, explique la responsable de la Fondation.

Depuis le lancement de ses activités de retouches, au début de janvier, Guylaine Renaud, a répondu à 16 demandes de retouches de photos d’ici et d’ailleurs. Pour l’intervenante sociale de formation, le numérique a grandement facilité la réponse aux demandes de partout. « Si une semaine je n’en ai pas et qu’il m’arrive une requête de la France, je vais le faire. Une maman qui a perdu son enfant, ça n’a pas de frontière. »

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