La coordonnatrice en immigration au CEL, Judith Riopel, a présenté le portrait de l’immigration dans la MRC de Lotbinière. (Crédit photo : Mélanie Labrecque)

ÉCONOMIE. Bien que Montréal et les grands centres urbains aient un important pouvoir d’attraction auprès des immigrants, certains ont fait le choix de s’installer en région et ont déposé leurs valises dans la MRC de Lotbinière. Pour avoir une idée précise de la situation de l’immigration sur le territoire, le Carrefour emploi Lotbinière (CEL) a commandé une enquête pour faire l’état de la situation. L’organisme a présenté les résultats récemment.

Le Diagnostic en matière d’attraction et d’établissement durable des personnes immigrantes dans Lotbinière a été réalisé par la Firme Libelo Conseil et montre que la MRC de Lotbinière compte 405 immigrants provenant de la France, des États-Unis, de l’Allemagne, du Maroc et de la Chine. Ces derniers ont opté principalement pour Saint-Apollinaire, Sainte-Croix, Saint-Agapit, Saint-Antoine-de-Tilly, Saint-Gilles et Joly pour s’établir.

Toutefois, bien que ces données brossent un bon portrait de la situation, elles remontent au recensement de 2016.

«Statistiquement, on n’a pas le choix d’y aller avec les chiffres de 2016, mais on voit que les entreprises recrutent. […] On le voit dans nos activités. Avant, nous pouvions les tenir dans nos locaux, maintenant nous devons aller dans des salles. Cela prend de l’ampleur», a expliqué la coordonnatrice en immigration au CEL, Judith Riopel. Dans les prochains mois, indique-t-elle, les entreprises de la région accueilleront au moins 90 nouveaux travailleurs de l’étranger.

En date du 1er juillet, le CEL soutient une centaine d’immigrants, tous statuts confondus.

Motivations à choisir Lotbinière

Si certains immigrants sont arrivés depuis peu dans la MRC de Lotbinière, certains y habitent depuis plus de 40 ans. Les raisons qui les ont poussés à choisir la région sont principalement pour suivre un membre de la famille ou fonder une famille, travailler, la qualité de vie, la nature, la tranquillité, le prix des propriétés et la proximité avec la ville. D’ailleurs, 78 % des immigrants consultés dans le cadre de l’enquête ont manifesté le souhait de demeurer dans la MRC.

Wirdlina Joseph a rencontré son conjoint alors qu’elle étudiait à l’Université Laval. Ce dernier étant originaire de Saint-Agapit, s’installer dans Lotbinière devenait tout naturel pour elle. «Vu la raison pour laquelle je suis ici, j’ai un conjoint, j’ai des enfants, on a une maison. On voit nos vies ici, à Saint-Agapit. C’est sûr que je vais rester.»

Défis

Parallèlement, le Carrefour a noté que la région a encore certains défis à relever en matière d’immigration.

«Les déplacements en transports en commun sont difficiles, surtout la fin de semaine. Oui, il y a Express Lotbinière, mais il y a des limites au service. Ça peut créer un certain isolement pour les conjointes des travailleurs. Il y a aussi tout ce qui touche l’intégration dans la communauté et dans l’entreprise. Se créer un réseau, ça prend un certain temps. […] On note aussi l’emploi, l’équivalence des diplômes et la langue», a expliqué Mme Riopel.

«Au début, je trouvais ça difficile parce que chez moi j’étais habituée à rencontrer du monde, à beaucoup jaser. Une fois arrivée ici, je ne connaissais personne sauf la famille de mon conjoint. J’ai rapidement compris qu’il fallait que ce soit moi qui aille vers les gens», a confirmé Mme Joseph. D’ailleurs, cette dernière a décidé de s’impliquer dans la communauté, notamment auprès du Carrefour emploi Lotbinière, afin d’aider à son intégration.

D'autre part, elle ajoute que chaque cas est unique. Chaque immigrant va rencontrer ses propres défis et obstacles. Pour certains l’intégration est plus difficile. «Même si elle vient ici pour avoir une belle qualité de vie, le fait de ne pas avoir de repères ou de contacts peut faire en sorte que la personne repartira.»

D’un autre côté, selon le Diagnostic, 22 % des immigrants n’auraient pas éprouvé de difficultés d’adaptation.

Ce travail a également permis de mettre en lumière les différentes attentes du milieu et les solutions proposées pour y répondre. Elles se divisent selon six grands axes : attraction, intégration et rétention, concertation, préparation du milieu, sensibilisation ainsi que les rapprochements interculturels.

 

 

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