(Crédit photo : Courtoisie)

ENVIRONNEMENT. Un projet pilote est en cours à la ferme du Ruisseau Fleury de Val-Alain. Une bande riveraine d’un peu moins d’un hectare a été aménagée au printemps dernier pour le programme Carbone riverain de façon qu’elle puisse filtrer les eaux de ruissellement et séquestrer le gaz carbonique (CO2).

Lorsqu’ils ont accepté d’accueillir le premier aménagement du programme développé par Arbre-Évolution, les propriétaires, Matthieu et Geneviève Giroux, avaient déjà commencé une démarche de reboisement des berges de leur exploitation.

«Au départ, on voulait simplement planter un peu plus d’arbres et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries de l’Alimentation nous avait référé à Arbre-Évolution. Quand ils nous ont parlé de Carbone riverain, on a trouvé ça vraiment intéressant. Nous aussi on cherchait à en faire plus pour le cours d’eau qui traverse notre propriété», a expliqué Matthieu Giroux.

L’objectif principal de Carbone riverain est de protéger les cours d’eau aux abords des exploitations agricoles. Ces derniers sont exposés, par le ruissellement et les précipitations, aux pesticides ainsi qu’à l’azote, au nitrate et au phosphore contenus dans les engrais. Lorsqu’ils sont en trop grande concentration dans l’eau, ces produits peuvent favoriser la prolifération d’organismes vivants indésirables comme les algues bleues.

«Dans la nature, chacun vit dans son espace. Quand une espèce débarque dans le milieu des autres, ça réduit l’espace disponible. Ça fait mourir ou chasser les poissons et les animaux qu’on pouvait y retrouver», a expliqué le photographe et caméraman sous-marin, Mario Cyr qui a donné son appui au projet.

Au fil de sa carrière, Mario Cyr a pu constater l’évolution de la faune et de la flore marine ainsi que voir les impacts de cette pollution. C’est pour cette raison qu’il s’est intéressé au projet et a participé à la plantation de la bande riveraine à Val-Alain.

«Reboiser donne la chance de capter tout ce qui ruisselle dans le Saint-Laurent jusqu’à l’océan. C’est ce qui m’intéresse. Ça améliore la qualité de l’eau et c’est un énorme plus. Ce que j’ai le plus souvent remarqué ce sont les poissons et les animaux qui ont changé de place et la venue de nouvelles algues qu’on ne voyait pas avant et qui prolifèrent. Quand on parle de produits agricoles, ça aide à faire pousser les carottes, mais ça fait aussi croître les algues», a-t-il analysé.

Mur naturel

Ainsi, les arbres plantés dans le cadre de Carbone riverain permettraient de créer une barrière entre le champ et l’eau. Les zones consacrées aux grandes cultures comme celles du blé, du maïs ou du soya seront principalement ciblées.

«Ce sont ces cultures qui sont plus néfastes pour les milieux hydriques. La priorité ira vers ces espaces. Par exemple, si la bande n’est que de trois mètres avec à peine quelques arbustes, l’atrazine (un herbicide) rentrera facilement dans les cours d’eau. S’il y a huit mètres entre la culture et l’eau [avec une bande bien aménagée], ce sera différent», a illustré le coordonnateur d’Arbre évolution, Simon Côté.

Selon des travaux menés par le Centre d’enseignement et de recherche en foresterie de Sainte-Foy (CERFO), un aménagement composé de plusieurs essences d’arbres, d’arbustes et de plantes mellifères (qui produisent du pollen et du nectar) pourrait séquestrer plus de 1 500 tonnes de CO2 par hectare aménagé.

Ces aménagements riverains constituent des compensations d’émissions de gaz à effet de serre. «Une entreprise qui émet à elle seule 1 500 tonnes de CO2 par année, c’est une très grande entreprise», a souligné M. Côté. Le projet de Val-Alain compense celle de cinq organisations.

Par ailleurs, les agriculteurs ne sont pas laissés à eux-mêmes, ils recevront un dédommagement de 22 000 $ à l’hectare pour avoir cédé une partie de leur terre. De plus, ils n’auront pas à s’occuper de l’entretien du site puisque des sommes ont été déposées spécialement dans un compte en fiducie pour veiller à l’entretien pendant 40 ans.

En 2022, Arbre évolution, l’organisme qui chapeaute Carbone riverain, espère être en mesure de convertir quatre hectares de terres agricoles en bandes riveraines.

 

 

 

 

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