Photo: Mélanie Labrecque

SOCIÉTÉ. Depuis le 30 mai, la MRC de Lotbinière a accueilli au moins 37 Ukrainiens sur son territoire. Si certains sont partis vers d’autres régions, d’autres habitent toujours dans la MRC, principalement à Saint-Apollinaire et Saint-Antoine-de-Tilly. En plus de s’adapter à un nouveau mode de vie et intégrer le marché du travail, ils doivent aussi apprendre le français. C’est le cas de Tamara, une jeune maman qui est arrivée le 17 juin avec sa mère et son fils.

Au moment du passage du Peuple Lotbinière chez ABC Lotbinière, Tamara est en classe de francisation. Elle est assise dans sa classe entourée d’autres immigrants, principalement d’origine sud-américaine. Tous travaillent assidûment alors que quelques jeunes enfants jouent dans un coin de la pièce.

Tamara accueille notre journaliste avec un «bonjour». Toutefois, malgré ses progrès, elle n’est pas encore à l’aise d’offrir des réponses en français. La discussion s’est faite en français et en anglais.

La jeune femme qui habite à Saint-Apollinaire a commencé les cours en juillet. Elle comprend de plus en plus lorsqu’elle écoute la télévision et la radio. Pourtant, elle souligne que l’apprentissage n’est pas facile.

«Le français, pour nous les Ukrainiens, c’est comme apprendre le mandarin. C’est très compliqué. […] Il y a beaucoup de mots qui se prononcent de la même façon, mais qui s’écrivent différemment. […] J’espère pouvoir bien parler d’ici deux ans. […] C’est difficile aussi parce que j’ai peu de temps. Je travaille, j’ai un enfant et beaucoup de documents à remplir.»

Chez ABC Lotbinière, le processus de francisation varie très peu malgré les origines différentes des élèves.

«Le plus grand défi, c’était surtout la première semaine. Étant donné que ce n’est pas le même alphabet, il a fallu s’entendre sur quelques mots et verbes pour pouvoir commencer. Nous avons eu très peu d’immigrants d’Europe de l’Est chez nous. Puisque ce sont tous des gens scolarisés, ils se débrouillent très bien», a ajouté le directeur général d’ABC Lotbinière, Xavier Beaupré.

Il estime que puisque Tamara, tout comme ses compatriotes, travaille en immersion totale, l’apprentissage devrait être facilité.

De son côté, Tamara travaille au laboratoire de la pharmacie Jean Coutu de Saint-Apollinaire. Les seules choses qu’elle ne fait pas encore sont d’interagir avec les clients et répondre au téléphone. D’ailleurs, elle se dit heureuse d’occuper le même genre d’emploi qu’en Ukraine.

Si pour elle c'est plus difficile, ce n’est pas le cas de son fils de 9 ans. «Il apprend rapidement, il a des amis. Il aime l’école, son enseignante. Il a été invité à un anniversaire», souligne-t-elle. D’ailleurs, il l’aide lorsqu’elle a de la difficulté à comprendre quelque chose, il peut lui expliquer.

Accueil chaleureux

L’accueil et l’ouverture des Apollinairois à son endroit lui ont permis de se sentir rapidement à l’aise. Elle n’a pas manqué de souligner à plusieurs reprises la gentillesse des gens envers elle et sa famille.

Chaque geste, grand ou petit, lui a fait chaud au cœur. À son travail, on l’a aidée avec la liste d’articles scolaire. D’autres ont pris la peine d’apprendre à dire quelques mots en ukrainien. Aussi, elle est heureuse de constater que son fils s’est intégré à sa nouvelle école, qu’il y a trouvé des amis et qu’il s’épanouit en jouant au soccer.

«Tout le monde nous aide. Nous n’avons pas de système d’autobus en Ukraine. Au premier jour d’école, j’ai rencontré le chauffeur. Il parlait un peu anglais et il m’a rassurée en me disant qu’il allait me ramener mon fils à la maison [à la fin de la journée]», a-t-elle raconté.

Un long voyage

Le voyage de l’Ukraine vers le Québec s'est fait sur plusieurs jours, mais les démarches avaient commencé bien avant. Il y avait les demandes de visa, les passeports, la planification. La petite famille a quitté Kiev en juin, en train, pour un premier arrêt en Pologne. De là, ils ont pris un vol vers la France et un autre vers Montréal.

Malgré l’accueil chaleureux qu’elle a reçu, Tamara a le mal d’un pays qu’elle aime profondément. Aussi, son mari, obligé de rester là-bas, lui manque. «Je suis inquiète pour lui». Si elle avait été seule, elle serait probablement demeurée en Ukraine, mais elle voulait le meilleur pour son fils.

«Je suis venue au Canada pour donner un avenir à mon fils. […] Il n’y a pas d’école, il faut rester à la maison et se rendre souvent dans les sous-sols parce que c’est dangereux. [Pour le moment] je n’y retournerai pas, même si j’aime mon pays.»

 

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