Par Elizabeth Cyr, journaliste pour l'Initiative de journalisme local
Lancé l’année dernière, le Bus Stop a été fondé par deux entrepreneurs résidant à Beaumont, soit Noëlline Leduc Paré et Patrick Arsenault, qui sont également propriétaires de Helsy Traiteur.
L’établissement, basé dans un autobus revampé, est installé dans la cour avant de leur commerce. Cependant, un terrain accueillant plusieurs stationnements situés à l’arrière du commerce voisin était utilisé comme passage et stationnement de débordement.
Comme il s’agit d’un terrain privé résidentiel qui était utilisé à ces fins, la mairesse Guylaine Gagnon a expliqué lors du conseil que celui-ci a dû être fermé après que la Municipalité ait reçu une plainte des citoyens.
Une entente temporaire a tout de même été prise entre le Bus Stop et la Municipalité, afin que l’entreprise puisse terminer la saison estivale.
Les propriétaires ont deux semaines pour réaliser les différentes conditions de l’entente à leur frais, dont une clôture opaque temporaire d’une hauteur minimale de cinq pieds qui doit être mise en dehors des heures d’exploitation du Bus Stop, soit de 22h à 10h, afin d’empêcher la circulation des voitures. Des dos d’âne ainsi que des pancartes «lentement» devront également être installés, en plus de recouvrir de calcium le terrain pour éviter que la poussière ne lève.
Ces mesures se joignent à différentes préoccupations soulevées par les citoyens voisins, comme les gens qui s’arrêtaient avec leur véhicule sur la route 132, le couvercle en métal des poubelles qui causait du bruit lorsqu’il était refermé à la fermeture du casse-croûte, les odeurs des poubelles, la poussière causée par le passage des véhicules sur le terrain, la vitesse des automobilistes, etc.
«On a quand même essayé à plusieurs reprises de s’entendre avec eux, a expliqué une citoyenne lors du conseil. […] Je pense qu’on n’a jamais été entendu.»
«Les belles ententes qu’ils ont signées aujourd’hui, ils font comme si c’était de la bonne foi, mais ça fait longtemps qu’ils sont conscients des problèmes, puis ils n’ont jamais voulu les régler tant qu’ils ne sont pas obligés de les régler», a ajouté un autre citoyen.
Selon la propriétaire, différentes mesures ont été prises pour résoudre les mécontentements des résidents, avant que la plainte sur l’utilisation du terrain soit survenue.
Mme Leduc Paré a listé l’ajout de pancartes pour informer les clients de ne pas se stationner sur la 132 et le refus de servir les personnes sans qu’elles se déplacent. Le couvercle de la poubelle en métal a été remplacé par un couvercle en plastique pour diminuer le bruit et le bac à ordure a également été relocalisé plus loin.
«On a déplacé le conteneur de place et on a perdu un espace de stationnement pour le faire. C’était notre dernier recours parce que justement, ça nous faisait perdre un espace de stationnement, mais on l’a fait pour accommoder», explique-t-elle.
Cependant, ces mesures n’ont jamais été assez selon l’entrepreneure.
«On veut cohabiter ensemble, malgré tous les investissements monétaires qu’on va faire, puis tout le temps qu’on prend pour faire ça quand on aurait tellement d’autres choses à faire en tant que PME. Reste qu’il faut que l’autre partie mette de l’eau dans son vin et qu’il y ait une certaine tolérance au fait que c’est une entreprise qui travaille à côté», affirme Mme Leduc Paré.
Elle ajoute que le casse-croûte crée des emplois, des événements et «une excitation à venir à Beaumont», ce qui a une valeur.
«Tous nos efforts ne sont même pas reconnus. Je ne sais pas quand ça va être assez», lance Noëlline Leduc Paré.
Pour l’instant, les propriétaires du Bus Stop espèrent que les solutions trouvées fonctionnent définitivement et une rencontre entre les parties touchées et la Municipalité de Beaumont aura lieu éventuellement pour la suite des choses.
La Municipalité de Beaumont tenait tout de même à rappeler lors du conseil municipal qu’elle est là pour les gens de Beaumont.
«On a notre village à cœur, on aime notre village, on aime nos citoyens, donc on est là pour vous autres et avec vous autres. C’est sûr qu’on ne peut pas satisfaire tout le monde tout le temps, mais on fait notre gros possible», conclut la mairesse.