Le document prévoit que la dette à long terme à la charge de la Ville grimpera de 79,8 M% en cinq ans, passant de 626,9 M$ en 2026 à 706,7 M$ en 2030. L’objectif d’atteindre un ratio d’endettement de 130 % des revenus au plus tard en 2033 est aussi maintenu.
Avec les surplus de près de 33 M$ engendrés en 2025, le cadre financier prévoit notamment un remboursement anticipé de la dette de 10 M$ «afin de préserver notre capacité financière et d’éviter de reporter un fardeau indu aux générations futures». Pour la même période, le service de la dette sera également assez stable, oscillant entre 18,9 % et 17,6 % des dépenses.
«Une copie du précédent cadre financier»
Le chef intérimaire de LF10 et conseiller de Saint-Rédempteur, Benoit Forget-Chiasson, s’est réjoui du cadre, tout en soulevant les ressemblances avec ce qui avait déjà été proposé par l’équipe de l’ex-maire Gilles Lehouillier par le passé.
«Ce qu’il faut retenir du cadre financier, c’est qu’on copie presque mot pour mot le cadre financier précédent. Ça veut dire que l’administration précédente avait fait un bon travail. 130 % de dette à long terme comme cible en 2033, c’est tout à fait raisonnable et atteignable. Le service de la dette à la charge de la Ville, dans (l’ancien) cadre financier, Lévis Force 10 (LF10) avait déjà mis une cible à 20 %. Aujourd’hui, on remet la cible à 20, c’est donc dire que les cibles de l’équipe municipale précédente étaient bonnes», a partagé Benoit Forget-Chiasson.
Dissidence au sein du conseil
Arrivé au moment de se prononcer sur ce cadre financier lors du conseil municipal, Éric Nadeau, conseiller de Pintendre pour RL a demandé le vote, mentionnant qu’il n’est pas «satisfait de l’utilisation des excédents dans ce qui est indiqué au cadre financier».
Repensons Lévis a notamment qualifié le cadre financier de «données financières non consolidées», alors que le conseiller de Saint-Étienne, Anthony Dufour, a renchéri en affirmant que «le déficit de maintien d’actifs est sous-évalué» et dénonçant «l’abandon du paiement comptant», ce qui démontre que le cadre a été «bafoué».
«On a fait passer le montant de 13,5 M$ du paiement comptant au budget de 2024 à zéro pour le budget de 2026. Est-ce qu’on pense vraiment qu’en 2029, on va le faire passer de zéro à 21,7 M$? Est-ce qu’on va respecter ce cadre financier? Le déficit de maintien d’actifs, c’est 549 M$ sur cinq ans, on l’appelle aussi la dette invisible. En moyenne, c’est 110 M$ par année. Toutefois, il semble manquer certains éléments importants ; trottoirs, stationnements, ouvrages d’art», a maintenu Anthony Dufour, conseiller de Saint-Étienne pour RL.
«Je suis un peu surpris qu’on demande le vote sur le cadre financier puisqu’on a passé des journées à en discuter avec l’administration générale. Il n’y a pas eu de question de soulevée et là, on arrive et on soulève toutes sortes d’hypothèses je vais dire presque farfelues. C’est comme si j’entendais ‘’empruntez de l’argent pour des projets que vous ne ferez pas’’. Je m’excuse, mais moi, payer des intérêts dans le beurre, ça ne m’intéresse pas», a ensuite répondu le maire de Lévis, Steven Blaney.
Les discussions se sont poursuivies pendant un moment au conseil, alors qu’Anthony Dufour a tenu à rappeler qu’il n’avait reçu le cadre financier 2026-2030 qu’une seule journée avant le comité plénier et non plusieurs jours avant.
«Malheureusement, ça n’a pas été adopté à l’unanimité malgré l’entente qu’on avait eu en travail collaboratif. […] En passant, Karine (Lavertu) n’a pas accès aux documents plus tôt non plus. Si on met la partisanerie politique de côté, j’ai été déçu de voir qu’on avait tous travaillé pour adopter ce cadre et que publiquement après, il y a de la dissidence. C’est libre à chacun de voter comme bon leur semble, mais ce n’est pas la première fois que RL utilise cette stratégie de communication. On prend des décisions en plénier, on s’entend sur certaines orientations et rendu en public, on prend une nouvelle position», a pour sa part appuyé Benoit Forget-Chiasson en marge du conseil municipal.
Photo : Xavier NicoleLe cadre a finalement été adopté à 11 voix contre 4, tous élus de Repensons Lévis.
Plus de détails suivront, alors que le cadre financier sera présenté en détails par le premier citoyen, le 17 juin.