«Honnêtement, ça se passe bien. Elle me fait confiance et, non seulement je lui fais confiance, je trouve que, depuis son élection, elle fait un excellent travail. Le fait qu’elle m’ait confié les responsabilités à l’économie, l’énergie et le maritime, c’est quand même un geste de confiance de sa part et cette confiance, elle se concrétise dans le quotidien, dans nos échanges et nos rencontres», souligne Bernard Drainville.
Voisins de chaise lors des rencontres au sein du conseil des ministres sous François Legault, Christine Fréchette et Bernard Drainville avaient déjà développé un lien en discutant de manière plus informelle et en travaillant ensemble.
«C’est sûr qu’une course au leadership c’est toujours difficile, c’est exigeant parce que c’est un débat d’idées, puis quelque part de personnalité aussi, mais honnêtement, le ralliement d’après course s’est bien fait et se fait bien», ajoute-t-il.
Alors que le résultat de la course a été connu le dimanche 12 avril dernier, les deux candidats à la chefferie s’étaient alors rencontrés tout de suite le lendemain.
«Ce que je lui ai dit à ce moment-là, c’est “je souhaite ta réussite, on souhaite tous ta réussite” parce que les gens, ils votent d’abord et avant tout pour un chef. Donc, si “toi Christine tu réussis à convaincre les Québécois que tu es la meilleure personne pour rester première ministre au terme des prochaines élections et que tu gagnes en popularité, alors tu vas faire gagner en popularité tous les députés”», raconte Bernard Drainville.
Depuis l’entrée en poste de la première ministre, la CAQ semble retrouver un certain appui de la part des Québécois. Selon le dernier sondage mené par la firme Léger, en date du 14 juin, les intentions de vote pour la CAQ se hissaient désormais à 21 %, plaçant le parti au troisième rang derrière le Parti Québécois à 30 % et le Parti libéral du Québec à 27 %. En date du 11 avril dernier, toujours selon les données de Léger, la CAQ se trouvait à 13 % des intentions de vote.
La suite
Ayant réitéré à plusieurs reprises dans la dernière année son intention de se représenter aux prochaines élections, le député de Lévis assure que celle-ci est toujours aussi forte.
«Je me représentais, peu importe. […] Les deux raisons pour lesquelles j’ai décidé de me représenter et pour lesquelles je n’ai jamais branlé dans le manche sont toujours les mêmes. La première, c’est que j’ai un bilan dont je suis fier comme député de Lévis et je veux le défendre et la deuxième raison, c’est que j’aime le Québec et je crois que la CAQ est le meilleur parti pour continuer à protéger nos valeurs et à renforcer notre économie. Il y a quelques mois je t’aurais dit que je voulais participer à la relance, mais elle est en cours. Je veux que la CAQ dure dans le temps», soutient-il.
Faisant un bilan rapide des dossiers auxquels il a contribué, le député de Lévis souligne notamment les investissements et les développements qui ont été faits au chantier Davie, le projet d’agrandissement de l’Hôtel-Dieu de Lévis, l’ajout d’un stationnement sous-terrain en marge de l’hôpital, l’élargissement de l’autoroute 20, la construction d’une nouvelle école dans le secteur Desjardins et le projet de Maison des aînés privée conventionnée. Ce dernier se dit «fier des résultats» auxquels il a contribué.
«Je travaille actuellement très fort pour décrocher un contrat pour six brise-glaces supplémentaires à Lévis. J’en ai parlé à Mark Carney [NDLR : premier ministre du Canada] et les deux fois, il m’a dit y travailler. Comme ministre de l’Économie et comme ministre responsable de la Stratégie maritime, ça me permet de travailler pour le chantier et pour Lévis», poursuit Bernard Drainville.
Troisième lien
Christine Fréchette ayant confirmé le 15 avril dernier qu’elle irait de l’avant avec un projet de troisième lien à l’est en collaboration avec le privé, le sujet avait créé débat lors de la course à la chefferie alors que Bernard Drainville souhaitait plutôt aller de l’avant avec le tracé central qui avait été choisi, bien que plusieurs acteurs, notamment le maire de Lévis, Steven Blaney, n’étaient pas en accord avec celui-ci.
«J’étais conscient du fait qu’il y a beaucoup d’acteurs pour qui ce n’était pas le premier choix, mais j’en étais venu à la conclusion qu’il valait mieux un tracé imparfait aux yeux de certains, mais qui allait se faire et avancer, maintient M. Drainville. Le résultat des courses, c’est qu’on va maintenant regarder pour un tracé à l’est. Je sais que la majorité de la population, c’est ce qu’elle souhaitait. J’accepte ça, évidemment, et je vais travailler pour qu’il se fasse.»
Le gouvernement devrait lancer prochainement un appel d’intérêt international. «On va aller voir qui sont les joueurs qui ont déjà fait des ouvrages comme celui-là et on va voir l’intérêt.» Comme mentionné par Mme Fréchette lors de la course à la chefferie, l’option d’un pont à péage est toujours fortement considérée par le gouvernement.
Sur sa confiance envers Mme Fréchette pour la concrétisation d’un troisième lien, Bernard Drainville indique la «sentir et la savoir sincère» dans ses intentions à ce sujet.
Pour la suite et les élections à venir, Bernard Drainville se dit «très serein». «Je me sens utile, je fais ma part pour le comté et pour le Québec», conclut-il.