Par Frédéric Desjardins, L'Éclaireur Progrès - Collaboration spéciale
«Notre économie fait face à des vents contraires, dans un contexte rempli d'incertitudes. Si on veut propulser notre économie, on doit le faire avec des représentations comme celles que j'ai faites aux États-Unis, mais aussi prendre des moyens sous notre contrôle pour aider les PME», mentionnait Mme Fréchette le 29 avril, chez Rox à Beauceville, fabricant de composantes d'escaliers en bois franc.
Pour plus de 75 000 PME, cette réduction du taux d'imposition offrira des marges de manœuvre additionnelles en investissement et innovation. Chaque entrepreneur pourrait économiser jusqu'à 5 000 $ par année.
«Pour des petits commerces, ça peut représenter un mois de loyer. Pour une entreprise manufacturière, ça peut être d'acheter une machinerie cette année plutôt que de reporter l'achat», donnait Christine Fréchette comme exemples.
Qui est admissible?
L'éligibilité passe par quatre facteurs : être une société privée sous contrôle canadien, posséder un capital versé inférieur à 50 M$, avoir un revenu de placement total inférieur à 150 000 $, et un nombre d'heures rémunérées supérieur à 5000 heures annuellement.
Afin d'assurer la cohérence du régime fiscal, le taux du crédit d'impôt pour dividendes non déterminés sera réduit de 3,42 % à 2,69 %.
«C'est pour assurer l'intégration du régime d'imposition québécois des sociétés avec celui des particuliers. On veut équilibrer les revenus de dividendes avec les revenus de travail pour ne pas favoriser l'un versus l'autre», précisait le ministre des Finances, Éric Girard, également présent à Beauceville.
Au passage, il rappelait d'autres mesures récemment adoptées en soutien aux petites et moyennes entreprises, dont le Plan PME 2025-2028 et ses interventions financières de 500 M$, ainsi que la réduction des taux de cotisations sociales au Régime de rentes du Québec et au Régime québécois d'assurance parentale.
«Tous ces gestes-là visent à rendre nos entreprises plus compétitives, leur donner des liquidités, leur permettre d'investir, d'embaucher, de prospérer», dit M. Girard.
Approche différente
Nouvellement première ministre, Christine Fréchette ne renie pas complètement l'interventionnisme économique prôné par son prédécesseur François Legault. Investissement Québec demeurera un outil important en soutien via ses différents programmes.
«Ce à quoi je me réfère, en parlant de moins d'interventions, c'est notamment d'avoir moins de prêts pardonnables systématiques. Sur les prêts sans intérêt, il faut tourner la page là-dessus. On parlerait plutôt des prêts à taux préférentiel», indique Mme Fréchette.
Elle salue deux initiatives de son collègue Samuel Poulin, député de Beauce-Sud. Mise sur pied en réaction aux tarifs douaniers du président Donald Trump, la Cellule Beauce-USA regroupe des intervenants socioéconomiques et politiques. M. Poulin est aussi l'instigateur du Cercle d'experts en repreneuriat, dirigé par Nathaly Riverin, cofondatrice de l'École d'Entrepreneurship de Beauce.
«Avec notre nouveau conseil des régions, on veut également capter les bonnes idées de l'ensemble du caucus [de la Coalition Avenir Québec], des gens connaissant de ce qui se passe dans leurs régions», conclut Christine Fréchette, en rappelant que ce conseil regroupera des idées allant au-delà de l'économie.