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Récits d’une Culottée

Se relever grâce à un premier livre

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Photo : Courtoisie - Audet photo

11 avr. 2026 05:32

L’enseignante d’anglais lévisienne, Valérie Bilodeau, est «tombée du système» en 2019, lors d’un arrêt de travail. C’est avec le support de sa communauté qu’elle a pu se relever, retrouver sa fibre artistique et écrire son premier livre, Récits d’une Culottée, qu’elle a lancé à Lévis, le 2 avril, et à Saint-Damien-de-Buckland, le 3 avril.

Enseignante depuis 29 ans, cette conteuse et violoneuse traditionnelle a dû cesser de travailler, ce qu’elle n’aurait jamais imaginé. Initialement choquée par la situation, elle s’est mise à écrire, jouer du violon, et inviter des amis à sa maison du Vieux-Lévis pour des soirées de contes et de musique traditionnelle autour de l’îlot de cuisine. C’est là que l’art a pu reparaître dans sa vie.

«À force d’inviter les voisins et les musiciens traditionnels du Vieux-Lévis chez nous, certains d’entre eux m’ont dit que la Ville de Lévis remettait une bourse pour la relève artistique. C’était la première année qu’elle se donnait. Les voisins m’ont dit d’appliquer, mais je leur disais que je n’étais pas une artiste, que j’étais une enseignante. Ils m’ont finalement convaincue. C’est comme si les résidents du quartier m’avaient soulevée pour que je comprenne que j’étais une artiste. J’ai finalement gagné cette bourse de la relève et ça m’a permis de monter un spectacle qui a fait salle comble à L’Anglicane et qui a gagné le Prix du patrimoine en 2022», raconte Valérie Bilodeau.

Le livre

En livrant son spectacle, les demandes du public ont commencé à poindre pour un livre contenant les histoires et les chansons de la Lévisienne. Valérie Bilodeau a donc contacté Planète Rebelle, un éditeur spécialisé dans le conte, pour leur proposer un «livre dans lequel il y a des récits de la vie quotidienne vus à travers des yeux sensibles», mais intégrant des codes QR pour joindre le violon qui va avec certaines des histoires.

Ainsi, celle qui considère faire du conte «trad’actuel» a rédigé les histoires de son village d’origine, Saint-Lazare-de-Bellechasse, à partir du «shack» sur la terre familiale. 

«Je viens d’une famille de musiciens et on a continué de se rassembler au shack pour faire de la musique. C’est là que l’inspiration me venait beaucoup. Il y a une histoire qui s’appelle Fille de Bellechasse.

C’est né à 5h du matin. J’étais assise dans les labours de mes ancêtres et j’ai entendu le poème Fille de Bellechasse. Je suis habitée par mes ancêtres dans ce que je fais», explique Valérie Bilodeau.

Deux lancements

D’abord, la Lévisienne a lancé son livre au Bureau des artistes du littoral (BAL), dans le Vieux-Lévis, avec une courte prestation de conte et de violon, entourée d’amis musiciens qui ont fait vibrer la foule avec elle.

«Le lancement au BAL devait absolument se faire, parce que c’est un moment pour rassembler la communauté autour d’une grosse lumière. C’est une façon pour moi de remercier tous les gens de la communauté qui m’ont aidée à me retrouver. Qui m’ont fait comprendre que je n’étais pas seulement une enseignante, mais aussi une artiste. C’est ma façon de dire merci», lance Valérie Bilodeau.

Ensuite, un deuxième lancement a eu lieu à Saint-Damien-de-Buckland, dans le cadre de la Fête carreautée, un événement mettant en vedette notamment les contes et la musique traditionnelle. Pour l’artiste, c’était une manière de porter les traditions sous toutes ses formes.

Le début d’une vie d’artiste

Maintenant que les lancements sont faits, Valérie Bilodeau prépare d’autres projets artistiques et peut vivre sa vie «d’artiste sociale», comme lui proposait son test d’orientation en secondaire cinq. Si l’arrêt de travail a été difficile à avaler, elle le voit maintenant comme un cadeau.

«J’ai deux garçons et c’est comme devenu une obsession pour moi que mes fils voient que ça se peut qu’on tombe, mais que parfois on tombe plus haut. Parfois, on se relève et on est plus proche de qui on est pour vrai. Ce côté artistique-là ne serait jamais né s’il n’y avait pas eu un arrêt de travail. Finalement, ç’a été une des plus belles choses qui me soient arrivées dans ma vie, d’avoir un espace pour devenir artiste, pour me trouver», conclut la Lévisienne.

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