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Parfumerie

Une Lévisienne en finale de la Mouillette d’argent

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Photo : Courtoisie

21 avr. 2026 08:24

La parfumeuse indépendante lévisienne et propriétaire du Boudoir aux arômes, Julie Marie Dorval, a été nommée finaliste au concours Mouillette d’argent, le 23 mars dernier. Les gagnants des différentes catégories d’un des concours de parfumerie les plus réputés au monde seront annoncés à Barcelone, le 20 mai.

Parmi les 12 finalistes, Julie Marie Dorval est la seule parfumeuse du continent américain, alors que les participants des États-Unis sont monnaie courante de ce concours. Elle est également la première Canadienne à se tailler une place en finale depuis la création de la compétition, en 2018.

Comme elle crée ses propres parfums depuis moins d’un an, la Lévisienne est fière de son parcours, mais ne s’attend pas à emporter les grands honneurs. Si elle garde ses attentes plus basses, c’est parce qu’elle considère déjà avoir gagné en étant finaliste.

«Oui, je suis fébrile, mais est-ce que je m’attends à gagner un prix, se demande Julie Marie Dorval de manière rhétorique. Ça ne fait même pas un an que je fais des parfums dans mon petit laboratoire au troisième étage de ma maison. Je sais bien que j’ai du talent, mais, pour moi, être finaliste était déjà un prix. On verra bien rendue là-bas.»

Son parfum

Lorsque les parfumeurs s’inscrivent à la Mouillette d’argent, ils doivent créer un parfum autour d’une essence sélectionnée par les organisateurs. Pour l’édition 2026, c’est le patchouli qui devait être la vedette des créations. Comme l’originalité doit être mise de l’avant, Julie Marie Dorval a choisi de s’éloigner du côté terreux et humide du patchouli pour se diriger vers un parfum «baigné de lumière solaire» avec son produit finaliste, Stalactite.

«Le jury n’aurait pas voulu d’un patchouli sombre, comme il est toujours traité. Il souhaite quelque chose de plus audacieux, parce que l’important est d’apporter quelque chose à l’industrie du parfum à l’international. Ton parfum doit se démarquer en apportant quelque chose d’innovant. J’ai donc décidé de faire un patchouli ensoleillé, même s’il s’agit de deux contrastes. Il y a la terre, humide et profonde, et il y a le côté soleil, aquatique et frais. On appelle ça travailler en dissonance et ça demande encore plus de dextérité et de technique, parce que c’est beaucoup plus difficile que de mettre différentes notes de fleurs, par exemple. On travaille en conflit de matière», explique la parfumeuse.

Ce qui a permis à Julie Marie Dorval de se démarquer de la compétition, c’est sa manière de travailler. Au lieu de partir d’une histoire, elle travaille plutôt autour d’un concept. C’est ce qui l’a menée vers la création de Stalactite.

«J’ai vu dans ma tête l’image d’une grotte à travers laquelle il y a des stalactites au plafond, où l’eau s’infiltre, où il y a des interstices de soleil, où il y a du lichen en bas et où un petit ruisseau y coule. À partir de mon concept, j’ai besoin de créer une image. Après, je construis mon parfum autour de l’image et il doit sentir comme celle-ci», raconte la Lévisienne.

La finale

Si elle a su charmer le jury avec son parfum «cristallin et aquatique», Julie Marie Dorval tentera de le refaire à nouveau lors de la finale à Barcelone. Fortement conseillée de se rendre sur place, elle fera le voyage pour tenter de briguer les prix du Jury Rosendo Mateu, du Parfumeur indépendant ainsi que celui du public. Pour ce faire, elle a lancé une campagne de sociofinancement sur sa page Facebook Boudoir aux arômes qui lui permettra de financer son voyage.

«Ce que j’aimerais, c’est que la parfumerie québécoise rayonne partout dans le monde. Les Américains et les Français prennent tellement de place dans les grandes maisons. J’aimerais que notre petit Québec soit sur la map de la parfumerie», soutient Julie Marie Dorval.

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