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INDUSTRIE. Par voie de communiqué, la Table régionale des élus municipaux de Chaudière-Appalaches (TREMCA) et des industriels de la région ont fait une sortie, le 8 novembre, afin de demander au gouvernement du Québec d’implanter rapidement un plan d’urgence pour s’attaquer à la pénurie de main-d’oeuvre qui frappe la Chaudière-Appalaches.

«Face à l'ampleur que prend la pénurie de main-d'œuvre dans la région de Chaudière-Appalaches, la troisième plus grande concentration d'établissements manufacturiers dans la province, des mesures urgentes doivent être mises de l'avant pour soutenir la plus forte création de richesse manufacturière par habitant au Québec. Il y a urgence d'agir dès maintenant puisque les manufacturiers se voient déjà contraints de refuser de nouveaux contrats», a d’emblée lancé Gilles Lehouillier, le maire de Lévis.

Les élus municipaux et les industriels de la région souhaitent que Québec mette en place un plan d’action qui s’articulerait autour de cinq axes d’intervention, soit l’automatisation et la robotisation, le recrutement international, la formation, la requalification et la rétention, l’occupation du territoire et les services aux collectivités ainsi que la régionalisation de l’immigration.

Concrètement, les intervenants aimeraient, entre autres, que les programmes d’aides financières pour l’automatisation et la robotisation soient adaptées aux petites et moyennes entreprises, que la formation professionnelle en alternance travail-études soit valorisée, que de nouveaux logements soient créés et que le transport collectif en région soit favorisé.

Une pénurie qui provoque d’importantes pertes

Pour justifier ce train de mesures, la TREMCA et les industriels de la région ont dévoilé un rapport réalisé par Deloitte et E&B DATA portant sur les impacts économiques de la crise de la main-d'œuvre sur les entreprises manufacturières.

Selon l’étude, 2,1 G$ de production manufacturière ont échappé, en 2021, à la Chaudière-Appalaches. Près de 60 % des entreprises manufacturières de la région ont déclaré avoir abandonné la fabrication de certains produits et diminué la recherche de nouveaux clients, et ils prévoient consacrer moins de ressources dans le développement de nouveaux produits. Jusqu'à 76 % d'entre elles ont même eu à refuser des contrats faute de capacité à livrer, notamment à l'exportation.

De plus, le rapport dévoile que les entreprises de la région n’ont pu investir des millions de dollars puisqu’elles ne peuvent croître faute de main-d’œuvre. Près de 90 % des entreprises manufacturières avaient des postes vacants en août 2021, dont 3 300 emplois étaient à combler pour les 309 entreprises consultées dans le cadre de l’étude. Plus de 85 % des entreprises sous-utilisent leur capacité de production faute de main-d'œuvre. Même que deux entreprises sur trois envisagent la délocalisation de la production ou des investissements hors de la région ou du Québec en raison de la pénurie de main-d’œuvre.

«Nous ne pouvons plus attendre. Nos entreprises doivent ralentir leur cadence, voire refuser des contrats, faute de main-d'œuvre. Nos entrepreneurs ont besoin de nous. Plus encore, nous avons des opportunités de développement et de croissance économique, mais si nous ne posons pas des actions concrètes, nous serons obligés de regarder passer le train et ça, ça risque de nous coûter cher. Arrêtons de pelleter par en avant et agissons maintenant», a souligné Claude Morin, le maire de Saint-Georges.

Rappelons finalement que la Chaudière-Appalaches est la troisième plus importante région manufacturière au Québec avec un PIB sectoriel de 5,3 G$. Le secteur de la fabrication est bien ancré dans la région et représente la plus forte création de richesse manufacturière per capita au Québec avec un PIB de près de 12 500 $ par habitant, contre 8 400 $ à Montréal et 6 800 $ en Montérégie. 28 % du PIB régional provient du secteur manufacturier.

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