(Crédit photo: Courtoisie)

AGRICULTURE. Avant même que les produits biologiques occupent une place importante sur les tablettes des supermarchés, certains producteurs de lait, dont plusieurs dans la MRC de Lotbinière, ont décidé de faire le virage biologique. C’est le cas de Richard Poulin, propriétaire de la ferme Anrilyn de Saint-Édouard, qui a fait le saut dans les années 1990.

Producteur de sixième génération, il a repris la ferme familiale en 1986, s’est associé à son frère en 1989 et entrepris les démarches de certification dans les années 1990.

«Dans les années 1990, on était une gang de Lotbinière qui a décidé de suivre un cours d’introduction à l’agriculture biologique. On a trouvé que c’était logique et on a continué là-dedans. On se tient encore. On est une quinzaine qui fait du lait bio dans Lotbinière», a-t-il raconté.

À l’époque, il fallait avoir de l’audace et aimer relever des défis pour plonger dans l’aventure biologique, se souvient-il. «Les producteurs voisins n’y croyaient pas beaucoup. Avec les années, ils ont vu que ça se passait bien et que ça avait de l’allure. Depuis plusieurs années, les fermes biologiques sont rentables.»

Obligations

Cependant, M. Poulin ne fait pas de cachettes, produire du lait biologique est exigeant, les normes et les contraintes sont nombreuses. «Il faut avoir le sens de l’observation pour soigner les animaux. On utilise la médecine douce. […] Il faut respecter un cahier de charges. L’alimentation des vaches doit être composée à au moins 60% de fourrages et elles doivent aller dehors tous les jours, si la météo le permet», a-t-il expliqué.

S’ajoute tout le volet plantation et culture. Ils n’ont pas le droit de se servir d'engrais chimiques et de certaines méthodes de récolte. Cela exige de la patience et du temps. «On fait comme tout producteur de lait, mais ça demande plus de travail et de main-d’œuvre.»

Obtenir la certification biologique est aussi très long. Il faut trois ans avant d’avoir la certification pour les champs et une année supplémentaire de transition. Pendant cette période, le lait est biologique, mais le producteur n’a pas la certification et n’a donc pas droit à la prime bio. Cette année est difficile, mais après, si le producteur est un bon gestionnaire, il le demeurera et fera des profits, assure M. Poulin.

D’ailleurs, l’industrie est en bonne santé. En 2018, 40 % des producteurs de lait biologiques étaient âgés de 35 ans et moins et 92 % des plus de 50 ans affirmaient avoir une relève. Ce phénomène n’est pas unique au secteur laitier, la tendance se fait aussi sentir dans le maraîcher, ajoute Richard Poulin.

Leader

Le Québec est une place forte de la production canadienne de lait biologique. Selon les Producteurs de lait du Québec, près des deux tiers de la production du pays proviennent de la belle province.

Sur les 136 fermes québécoises, 22 sont en Chaudière-Appalaches et 14 d'entre elles sont dans la MRC de Lotbinière. Actuellement, 58 millions de litres sont produits au Québec, chiffre qui devrait être doublé d’ici 2024. «D’après moi, c’est réaliste, la demande est de plus en plus forte», a mentionné Richard Poulin.

 

 

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