(Crédit photo: Mélanie Labrecque)

SÉCURITÉ. La construction d’un trottoir à Saint-Flavien repose maintenant entre les mains de la population. Lors d’une rencontre d’information qui s’est tenue le 21 juin, le conseil municipal a présenté le projet à la population et expliqué ce qui l’a mené à l’adoption d’un règlement d’emprunt de près de 1,2 M$.

«Ce soir, on veut donner de l’information. On a enclenché un processus démocratique qui va vous offrir la possibilité de décider ce qui est le mieux pour vous, pour la sécurité piétonne sur la rue Principale», a indiqué, d’entrée de jeu, le maire de la municipalité, Normand Côté.

Pendant la soirée, il est revenu sur les éléments qui ont mené à la décision de construire un trottoir de 1,8 mètre de large sur la portion à 50 km/h de la route 271 et l’aménagement de bandes cyclables de 1,5 mètre de chaque côté de la route. En 2002, un précédent conseil municipal, pour des raisons de sécurité (un dénivelé trop important) et de déneigement en hiver, a décidé de retirer le trottoir pour le remplacer par un accotement élargi.

Depuis, plusieurs arguments et rapports ont milité pour la reconstruction de l’infrastructure, dont la politique MADA-Famille, la réalisation du plan de déplacement pour les élèves de l’école, une pétition signée par 462 personnes (37 % de la population) et l’enquête de la coroner Géhane Kamel, réalisée après le décès de la petite Anaïs Renaud, en mars 2018.

Des préoccupations

La rencontre a été l’occasion pour les citoyens de poser leurs questions et de faire entendre leurs préoccupations. Elles étaient nombreuses. Certains se sont inquiétés du coût total de la facture dans 25 ans, d’un éventuel bris des conduites de gaz souterraines une fois le trottoir construit. D’autres se questionnaient sur la sécurité des cyclistes, la vitesse excessive dans la portion village et les façons de la faire ralentir, les accumulations de neige sur le trottoir ainsi que sur les côtés de la route.

«J’aimerais porter à votre attention, le problème de la vitesse [des véhicules] qui circulent dans le village. C’est une autoroute. […] Est-ce qu’il y a un moyen de faire ralentir la circulation? L’accident qu’il y a eu, c’est une histoire de vitesse, de perte de contrôle. Même s’il y avait eu un trottoir, il y a un danger avec la vitesse. C’est pour ça qu’il faut aller là aussi. Si ce n’est pas fait, ce n’est pas un trottoir qui va régler la situation», a argumenté l’un des citoyens présents.

«Avec tous les rapports qu’on a et qui recommandent la mise en place d’un trottoir, je pense que c’est très risqué pour la municipalité de ne pas le faire. Si dans 2, 4, 6, 12 ou même 20 ans quelqu’un est happé mortellement, ce que je ne souhaite surtout pas, il y a de gros risques que l’on soit poursuivi et que les coûts deviennent incontrôlables pour la municipalité. À 88 $ par année pour un trottoir qui pourrait sauver des vies, c’est peu payé», a soutenu Étienne Renaud, le père de la petite Anaïs, en fin de rencontre.

«J’en veux un trottoir. C’est franchement flippant quand les autos et les poids lourds nous frôlent presque et roulent vite. Avec un trottoir, ce serait un peu comme en ville. Quand les automobilistes entreraient dans le village, la rue Principale leur semblerait plus étroite à cause du trottoir alors leur réflexe serait de ralentir», a fait valoir une citoyenne qui a contacté le Peuple Lotbinière au lendemain de la rencontre.

Compte de taxes et consultation

La Municipalité est consciente que les coûts et le mode de taxation retenu ne font pas l’unanimité. Puisque la route 271 est une route numérotée sous juridiction du MTQ, la Municipalité n’a pas accès aux programmes de subvention pour la sécurité routière. Si le projet se concrétise, afin d’alléger la facture, Saint-Flavien allongera 100 000 $ provenant de son surplus accumulé non attribué.

Dans un souci d’équité, elle a opté pour un mode de taxation à la porte. Ainsi, chacun des citoyens et propriétaires paiera une part de la facture. Annuellement, cela représente un peu plus de 88 $. Ces frais seront révisés dans le temps en fonction des nouvelles constructions qui seront faites, donc des nouvelles portes qui seront ajoutées.

En raison du mode de taxation retenu, la municipalité doit ouvrir ses registres afin de consulter la population. En raison de la COVID-19 et des mesures sanitaires, les citoyens ne peuvent pas se présenter à l’hôtel de ville lors d’une journée précise pour apposer leur signature. Le processus se fera donc par courriel ou par correspondance. Les citoyens pourront se prononcer du 25 juin au 12 juillet, à 16h. Les résultats seront affichés le jour même, à 16h05. Il faut plus de 88 signatures pour que le processus référendaire s’enclenche.

La municipalité pouvait aller de l’avant

La municipalité de Saint-Flavien avait toutes les cartes en main pour aller de l’avant avec la construction d’un trottoir sans passer par tout le processus actuel. C’est ce qu’estime la mère de la petite Anaïs Renaud, Jacinthe Latulippe.

Pendant toute la soirée d’information, elle et son conjoint ont écouté attentivement les commentaires des élus et de la population. Ils n’ont pas eu le sentiment que le projet et ses objectifs ont été bien expliqués à la population, mais que l’emphase a plutôt été mise sur le processus de consultation, signature de registre et référendum.

«Selon nous, la municipalité était déjà équipée pour aller de l’avant et se sentir bien avec cette décision. Elle était déjà bien appuyée avec un rapport de professionnels, des recommandations, il y a eu un accident mortel, une pétition de la population et un comité de citoyens», a énuméré Mme Latulippe, tout de suite après la rencontre d’information du 21 juin.

À leur grande déception, ils ont aussi senti que le vent qui soufflait n’était pas très positif. «Ça commence à faire longtemps. Les gens sont peut-être désensibilisés. Il y avait un momentum à l’époque avec les élections provinciales. Nous nous sommes battus, nous avons fait tout ce qu’il fallait faire. On nous avait demandé des réactions fortes des citoyens, c’est pour ça qu’on a fait une plainte, la pétition, les pancartes, on voulait donner des munitions à la municipalité», a analysé Mme Latulippe.

Les parents sont catégoriques, la présence d’un trottoir aurait sauvé la vie de leur fille le matin du 1er mars 2018. «Elle a été percutée par le miroir du côté passager. Il n’en manquait pas gros, il y avait de la neige sur l’accotement. C’est sûr que s’il y avait eu un trottoir déneigé, elle aurait été correcte», a rajouté le père, Étienne Renaud.

Les parents espèrent que l’argument monétaire ne sera pas le seul pris en compte par les Saint-Flaviennois pendant la période des registres. «Quel autre argument pourrait être plus convaincant que la mort d’un enfant qui va à l’école à une heure d’école», ont-ils résumé.

Implication

Bien avant les tragiques événements qui ont coûté la vie à sa fille, Mme Latulippe était déjà préoccupée par la sécurité des piétons qui marchaient sur la rue principale. Elle a notamment participé à la réalisation du plan de déplacement en 2014.

Elle rappelle que l’une des recommandations était de justement de procéder à l’installation d’un trottoir.

 

 

 

 

 

 

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