«Parfois, ces personnes n’ont rien, pas d’argent, pas de vêtements chauds… Le sac fournit un minimum de dignité, même si ce n’est pas la situation optimale. On en a quand même une bonne quantité, même si on n’en donne pas chaque semaine. Ça offre une aide concrète à la personne dans les journées où c’est un peu plus difficile», a résumé la directrice générale de l’Oasis de Lotbinière, Édith Lambert.
Ces sacs contiennent des items qui permettront d’assurer la subsistance de la personne pendant quelques jours. On y retrouve une couverture isolante, un sac de couchage, des ustensiles, un petit poêle portatif, des cartouches de butane, des cartes-cadeaux et d’autres éléments qui pourront répondre aux besoins de la personne.
Depuis 2020, le phénomène de l’itinérance prend progressivement de l’ampleur, ajoute Mme Lambert. «Si on recule de quelques années, ce n’est pas quelque chose qu’on voyait. C’était très rare alors que dans la dernière année, c’est une cinquantaine de personnes différentes qu’on a aidées.»
L’itinérance dans la MRC de Lotbinière ne se traduit pas nécessairement par des personnes qui errent dans les rues. Mme Lambert parle plutôt d’instabilité résidentielle. Ce sont surtout des gens qui habitent chez un proche ou qui vivent dans un «chalet reculé sans eau courante», mais qui peuvent aussi correspondre au profil type d’un itinérant.
Le fait d’être dans un milieu rural rend également plus difficile l’accès à des services spécialisés pour ce type de clientèle. Les personnes en situation d’itinérance doivent se rendre à Lévis ou Québec pour recevoir des services ou avoir accès à de l’hébergement, rappelle Mme Lambert.
La crise du logement
Édith Lambert rappelle que le milieu communautaire a commencé à sonner l’alarme il y a plus de 10 ans maintenant. Même s’il se construit plusieurs édifices à logements, dans les faits, peu sont destinés à du logement abordable.
«Quand il y a une crise, une séparation ou un conflit avec un colocataire, les gens se trouvent mal pris parce que c’est difficile de se loger à un coût abordable. Si tu gagnes, par exemple, 1 200 $ ou 1 300 $ par mois, tu ne peux pas te louer un 4 ½ à 1 100 $ par mois. C’est l’offre que l’on retrouve partout. C’est l’une des raisons qui fait qu’il y a autant de gens qui ont de la difficulté à se loger. Il faut travailler fort pour éviter que les gens se retrouvent à la rue.»
Dans ce contexte, l’Oasis de Lotbinière travaille à mettre en place une solution qui permettrait d’offrir des lieux d’hébergement temporaire à ces personnes.