La quiétude de l’endroit est maintenant perturbée par la construction à venir d’un ensemble résidentiel. Le biologiste Michel Huot espère que la colonie restera dans la région. «L’objectif n’est pas d’empêcher le développement, mais plutôt de sensibiliser à la présence de l’espèce qui tolère bien la présence de l’homme.»
Ce dernier mentionne qu’il y a quelques décennies encore, cette espèce indigène à la région était présente en abondance en Chaudière-Appalaches. Son aire de répartition, dans les terres, se rendait jusqu’en Beauce et longeait le fleuve jusqu’à Montmagny, La Pocatière et Trois-Pistoles. Le centre de répartition, a-t-il expliqué, se trouvait dans le secteur de Saint-Nicolas.
Aujourd’hui, ce sont de 12 à 38 couples qui s’installent à Sainte-Croix chaque année, mais Michel Huot mentionne qu’en moyenne, on en retrouve une vingtaine.
À l’heure où la nature se réveille et où le milieu agricole reprendra vie, sa présence revêt une importance. «C’est une espèce qui se nourrit d’insectes volants, de fourmis, de sauterelles, de libellules, de moucherons. Comme c’est la plus grosse, c’est aussi elle qui se nourrit le plus et, lorsqu’elles sont nombreuses à un endroit, elles ont un impact sur la population d’insecte du secteur», a-t-il souligné.
Cette espèce d’oiseau vit en colonie dans des nichoirs de types condo qui regroupent plusieurs familles. Elle tolère bien la présence humaine à proximité, mais ce n’est pas facile de relocaliser une colonie.
«Nous essayons depuis quelques années de créer d’autres colonies pour augmenter les effectifs sur le territoire, mais, pour l’instant, cela ne fonctionne pas, même s’il y a eu quelques nichées à l’extérieur de Sainte-Croix», poursuit Michel Huot.
Photo : Courtoisie