Par Agence Science-Presse - www.sciencepresse.qc.ca
Tout médecin sait que des chaleurs extrêmes augmentent les risques de décès. Mais une équipe de sept chercheurs d’Australie, de Suisse et de l’Arizona, a voulu aller plus loin, en appliquant à six exemples de canicules extrêmes un «modèle de survivabilité» de l’être humain. Un modèle qui est bien ce que son nom suggère : quelle est la capacité de notre corps à survivre dans des conditions hostiles.
En l’occurrence, rappellent ces chercheurs, il est acquis par ces modèles que la limite absolue de survie d’un être humain est de six heures dans une « température humide » de 35 °C. «Température humide» est la mesure qu’emploient les scientifiques, à ne pas confondre avec «l’indice humidex» ou «température ressentie», qui peut être plus élevée.
Or, en examinant six canicules extrêmes survenues entre 2003 et 2024, les chercheurs concluent que les décès causés par ces chaleurs ont été «sérieusement sous-estimés», surtout dans les villes densément peuplées.
Ces événements n’ont pourtant pas atteint la limite théorique des six heures consécutives. Mais comme cette limite varie suivant l’âge et peut dépendre de caractéristiques physiologiques (comme la capacité du corps à transpirer), tous ces événements ont comporté des «périodes de non-survivabilité», en particulier pour des gens âgés qui ne pouvaient pas rester à l’intérieur.
La recherche est parue dans la revue Nature Communications. Parmi les canicules en question, qui ont officiellement fait des milliers de morts, on retrouve celles survenues en Espagne en 2003, en Arizona en 2023 et en Australie en 2019.
Les études climatiques ces dernières années ont suggéré que les canicules ne font pas que battre occasionnellement des records de température : elles ont surtout tendance à durer plus longtemps qu’avant.