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Manifestation

Les agriculteurs dénoncent les difficultés qu’ils vivent

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Photos : Mélanie Labrecque

22 avr. 2024 03:24

Une vingtaine de producteurs agricoles de la MRC de Lotbinière ont manifesté, le 19 avril dernier, devant les bureaux de la députée de Lotbinière-Frontenac, Isabelle Lecours, à Saint-Apollinaire.

De façon symbolique, ils ont remis une assiette vide à l’attachée politique de Mme Lecours. Ces derniers voulaient rappeler les nombreuses difficultés qu’ils traversent depuis quelques années, dont une baisse drastique de leurs revenus, la lourdeur administrative et le manque de réciprocité des normes environnementales, entre autres.

«Les taux d’intérêt ont augmenté. On aimerait que le gouvernement puisse axer ses programmes sur la protection des producteurs, faire un bouclier pour plafonner les taux d’intérêt. On aimerait que l’aide à la relève soit bonifiée. Les subventions n’ont pas bougé depuis 15 ans. On souhaite que les programmes comme l’assurance récolte soient actualisés dans toutes les régions», a énuméré le président du syndicat de l’UPA de Lotbinière-Nord, Denis Paquet.

S’ajoutent dans l’équation les changements climatiques et leurs conséquences.

Ce qu’ils en pensent

Les agriculteurs rassemblés à Saint-Apollinaire ne sentent pas qu’ils sont suffisamment pris au sérieux alors qu’ils sont à la base de l’alimentation des Québécois.

«On a besoin d’une sécurité alimentaire au Québec et au Canada. Il faut investir dans notre agriculture. C’est important au niveau de la survie en tant que peuple, c’est la base», a résumé Denis Paquet.

«Chaque dollar que le gouvernement nous donne est très bien placé. Il y a plein de gens qui en profitent. L’agriculture, c’est ce qui fait vivre la ruralité», a noté Solange Lemay, productrice laitière de Lotbinière.

«Plusieurs corps de métier ont manifesté dernièrement pour des augmentations salariales. Nous, c’est pour peut-être un jour avoir un salaire,. On est riche quand on vend nos terres ou nos quotas», a renchéri Léa Charest, de la Ferme Hanté.

«Pour pouvoir vivre de l’agriculture, parfois, il faut avoir une autre source de revenus», a mentionné Laétitia Létourneau, productrice laitière à Saint-Édouard.

Sensible aux difficultés

Absente de son bureau de Saint-Apollinaire, Isabelle Lecours ne pouvait accueillir elle-même les agriculteurs, mais elle a pris connaissance de tous les documents qui lui ont été transmis vendredi.

«J’étais en tournée avec le ministre régional. C’était prévu depuis longtemps. Nous étions à Thetford pour faire la tournée des sites miniers. Nous sommes en train de faire la valorisation des résidus. Je voulais le lui montrer ainsi que tout le potentiel pour le développement économique de la région», a-t-elle expliqué d’entrée de jeu.

Cette dernière connaît bien les problématiques vécues par les agriculteurs de la région et explique qu’elle et ses collègues de la Chaudière-Appalaches travaillent à leur amélioration.

«Mon collègue, ministre de l’Agriculture, fera des allègements administratifs. […] Pour ce qui est du reste, je ne voudrais pas m’avancer trop loin. On est au fait des problématiques et on a à cœur les agriculteurs. […] Le message, je l’ai entendu. Je ferai les représentations que je peux auprès de mes collègues», a-t-elle soutenu.

Grand rassemblement régional

Cette manifestation faisait écho à celle tenue dans la matinée, en Beauce, où plus de 400 producteurs, dont ceux de Lotbinière, s’étaient rassemblés devant les bureaux du député de Beauce-Nord, Luc Provençal.

«L’agriculture telle qu’on la connaît est à un point de bascule. En connaissez-vous beaucoup des travailleurs qui accepteraient une baisse de salaire de 87 %? Pourquoi nous, en agriculture, faut-il toujours tout accepter, sans rien dire comme se faire imposer des normes environnementales que les autres industries ne respectent même pas!», a dénoncé, le président de la Fédération régionale de l’UPA, James Allen.

 

 

 

 

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