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Guerre commerciale

Ottawa dévoile son plan de match

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Le ministre fédéral des Finances et du Revenu national, François-Philippe Champagne. Photo : Courtoisie

25 août 2026 11:46

À la suite de l'achoppement des négociations avec les États-Unis pour éviter de nouveaux tarifs américains sur des produits canadiens, le gouvernement fédéral a dévoilé ses tarifs pour répliquer à cette nouvelle salve tarifaire ainsi que ses mesures d'aide pour les entreprises et travailleurs canadiens touchés.

En raison de la décision des États-Unis d’imposer des droits de douane de 50 % sur des produits canadiens totalisant 27,6 G$ à compter du 22 août, le ministre fédéral des Finances et du Revenu national, François-Philippe Champagne, a confirmé mardi que le Canada appliquera des droits de douane équivalents, au dollar près, au taux près, en imposant des droits de douane canadiens supplémentaires sur des produits américains.

Concrètement, à compter du 8 septembre, le Canada imposera des contre-mesures tarifaires de 15 %, de 25 % et de 50 % sur les produits basés sur ceux visés par les droits de douane au titre des articles 232 et 338 de lois américaines, selon le taux correspondant au taux américain pour chaque produit. 

Les contre-mesures tarifaires du Canada s’appliqueront à des produits qui totalisent 27,6 G$ en importations en provenance des États-Unis. Elles seront axées sur des secteurs comme l’acier, les produits laitiers, l’électroménager, le matériel agricole, les pâtes et papiers et l’électronique, qui sont les plus touchés par les droits de douane américains.

«Cette réponse ciblée permettra de protéger les travailleurs, les agriculteurs, les pêcheurs, les familles et les entreprises du Canada, de défendre les industries touchées par les droits de douane américains injustifiés et d’aider les producteurs canadiens à faire concurrence aux produits américains sur le marché canadien», a argué le gouvernement fédéral.

Soutien

Dans un second temps, Ottawa a aussi fait savoir qu'il allait faire passer ses mesures d'aide aux entreprises et aux travailleurs canadiens touchés par les tarifs américaines à une enveloppe d'une valeur de 7,5 G$.

Cet ensemble de mesures comprend un investissement supplémentaire de 1,5 G$ dans le cadre de l’Initiative régionale de réponse tarifaire, mise en œuvre par les agences de développement régional (ADR) du Canada, afin d’aider les petites et moyennes entreprises, notamment par un soutien en matière de liquidités visant à faire face aux pressions liées aux droits de douane.

De plus, le gouvernement fédéral débloque un nouveau volet de liquidités de 500 M$ dans le cadre du programme Pivoter pour se propulser de la Banque de développement du Canada afin d’aider les entreprises à gérer les pressions immédiates sur leur flux de trésorerie en plus de programmes ciblés pour les secteurs de la foresterie, de l’acier et de l’aluminium.

Il élargit l'accès aux programmes liés aux droits de douane de la Banque de développement du Canada, grâce à la réduction du revenu minimal requis pour les demandeurs, qui passe à 1 M$.

Ottawa autorise un investissement supplémentaire de 2 G$ par l’intermédiaire du nouveau Fonds de diversification pour un Canada fort, destiné à soutenir les entreprises touchées par les droits de douane et qui ont des projets prêts à démarrer soutenant le maintien du capital en continu.

«Lorsque les États-Unis ont exigé trop et offert trop peu, nous avons choisi de défendre les intérêts de la population canadienne. Nos contre-mesures tarifaires équivalentes au dollar près et au taux près ainsi que notre ensemble de mesures de soutien de plusieurs milliards de dollars protégeront les travailleurs, les agriculteurs, les familles et les entreprises, alors que nous bâtissons une économie canadienne plus forte, plus résiliente et plus diversifiée», a souligné François-Philippe Champagne.

Mesures bien accueillies

Le plan de match d'Ottawa n'a pas provoqué une vague de mécontents au Québec, comme l'a notamment partagé la première ministre sortante du Québec, Christine Fréchette.

«Je constate que le message que j’ai porté à Ottawa concernant la riposte canadienne a été entendu. Un soutien direct sera accordé aux travailleurs touchés par les tarifs américains, et les entreprises québécoises bénéficieront également d’un soutien financier. La guerre commerciale, créée de toutes pièces par Trump, a déjà des impacts importants et ajoute une couche d’instabilité au Québec. Le Canada devait répondre. Je serai solidaire dans cette riposte, mais je ne ferai aucun compromis lorsqu’il s’agira de protéger nos emplois et les intérêts du Québec», a déclaré Mme Fréchette.

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Unifor Québec et le Syndicat des Métallos accueillent favorablement les mesures annoncées par le gouvernement canadien pour soutenir les entreprises et les travailleuses et travailleurs touchés par les plus récents tarifs américains. Les organisations syndicales s'inquiètent toutefois de l'absence de critères de maintien d'emplois rattachés à l'octroi de ces aides gouvernementales.

«En temps de crise, on s'attend à voir le gouvernement fédéral mettre des moyens conséquents pour aider les travailleurs et les travailleuses ainsi que les entreprises d'ici à traverser cette crise. Les programmes annoncés aujourd'hui vont dans ce sens. Mais lorsqu'on investit de l'argent public pour soutenir une entreprise, il faut s'assurer que cet effort serve à protéger les emplois. Les travailleuses et les travailleurs ne doivent pas être les victimes collatérales de la guerre commerciale», a affirmé la présidente de la FTQ, Magali Picard.

Si plusieurs mesures méritent d'être saluées estime-t-elle, la CSN argue pour sa part que celles-ci demeurent incomplètes et mériteraient d'être bonifiées si la situation économique devait se détériorer.

«La prolongation des bonifications de l'assurance-emploi est une bonne nouvelle, mais Ottawa laisse pour compte celles et ceux qui en ont le plus besoin. Les jeunes travailleurs et les personnes qui ont connu des passages au chômage récemment, notamment dans le secteur forestier, se retrouvent exclus d'une mesure censée les protéger», a notamment illustré la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

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