Par Érick Deschênes
1) Trouver deux pièces manquantes pour le deuxième trio
Vous direz que c’est presque une obsession pour votre humble serviteur, mais je crois qu’il s’agit du principal chantier à compléter cet été pour l’état-major du Tricolore. Le Bleu blanc rouge peut compter sur un premier trio de qualité avec l’unité composée de Juraj Slafkovsky, Nick Suzuki et Cole Caufield.
Cependant, on a vu en séries que, lorsque l’équipe adverse trouvait la solution pour éteindre les attaques de cette unité explosive, l’attaque du CH toussote et a de la misère à compenser la production de l’unité Slafkovsky-Suzuki-Caufield.
À sa première saison complète dans le circuit Bettman, Ivan Demidov a démontré que le talent lui sort par les oreilles. Mais malheureusement, il n’a pu compter sur un ailier et un centre de qualité digne d’un deuxième trio dans la LNH pour l’accompagner. Ce n’est pas avec Jake Evans que l’ailier russe pourra dépasser le cap des 60 points.
Pour mettre fin à cette dépendance offensive au premier trio, Kent Hughes doit donc dénicher un ailier, idéalement de puissance pouvant enfiler les buts afin de compléter les jeux orchestrés par Demidov (dommage que la transaction pour obtenir Matthew Knies ait échoué), et un centre offensif. Pour ce dossier, on sait déjà que le Tricolore n’est pas une destination privilégiée par Dylan Larkin. Toutefois, est-ce qu’un Mathew Barzal ou Vincent Trocheck pourrait être obtenu sans se départir de trop d’actifs pour mener une transition le temps de l’arrivée de Michael Hage ou Alexander Zharovsky?
2) Obtenir un défenseur droitier robuste
La défensive du Canadien a fait un bon boulot lors des séries éliminatoires. Mais le contraste a été saisissant et éducatif pour la troupe montréalaise lors de son duel contre les Hurricanes de la Caroline. Le groupe de défenseurs de la Sainte-Flanelle, malgré toutes ses qualités, est assez homogène.
Ces meilleurs éléments sont des défenseurs rapides, qui utilisent cette vitesse pour provoquer de l’attaque ainsi que briser des jeux en défensive. Mais les quatre défenseurs les plus utilisés par Martin St-Louis ne se distinguent pas pour leur robustesse. Éprouvé encore une fois par les blessures, Kaiden Guhle n’a pu joueur à la hauteur de ce qu’il a déjà pu démontrer à titre de défenseur défensif et robuste. Et Arber Xhekaj et Jayden Struble ont démontré leurs limites en séries. Dans une équipe qui aspire aux grands honneurs, ces deux arrières sont davantage des réservistes.
Martin St-Louis peut compter sur un bon premier duo avec la paire Noah Dobson/Mike Matheson. Lane Hutson est un diamant sur la deuxième paire, mais il manque un complément qui pourrait atténuer sa «faiblesse», soit la robustesse. Ce que ne peut fournir Alexandre Carrier, malgré toute sa bonne volonté.
Si le Canadien pouvait mettre la main sur un défenseur comme Rasmus Andersson ou Nikita Zadorov, il pourrait déshomogénéiser son «big four» tout en renforçant sa troisième paire de défenseurs, qui serait composée d’Alexandre Carrier et Kaiden Guhle. Et comme réserviste, l’équipe montréalaise pourrait promouvoir Adam Engström ou David Reinbacher. Des arrières qui donnent moins de cheveux blancs aux entraîneurs que Jayden Struble et Arber Xhekaj.
3) Mettre fin au ménage à trois
À sa grande surprise, l’état-major du Bleu blanc rouge a de nouveau dû composer à un ménage à trois avec ses gardiens au cours de la saison, en raison des hauts et des (importants) bas de Samuel Montembault. Heureusement, malgré sa technique qui donne des urticaires à plusieurs, Jakub Dobeš a réussi à ramener de la stabilité devant le filet, notamment avec un parcours en séries étincelant.
Si je crois qu’il a encore bien des croûtes à manger avant d’être un gardien numéro un dans le circuit Bettman, les architectes des Canadiens adorent Jacob Fowler. Est-ce qu’ils seraient tentés d’opter pour un scénario à la Jaroslav Halak en 2010? Échanger le gardien actuellement «hot», Jakub Dobeš, pour obtenir les actifs précédemment identifiés dans sa chronique pour donner le filet à Fowler. Pendant un an, il pourrait être épaulé par Samuel Montembeault, qui a démontré dans le passé qu’il peut faire le travail?
Idéalement, je crois que Montréal devrait conserver ses deux jeunes cerbères, Dobeš et Fowler, une denrée rare désormais dans le circuit Bettman, et maximiser le retour que le départ de Samuel Montembeault pourrait rapporter.
4) Ajouter du papier sablé
Un autre apprentissage de la série contre les Hurricanes a été le manque de papier sablé sur les troisième et quatrième trios, les Habs s’étant fait littéralement mangé par le robuste quatrième trio de la Caroline lors de la demi-finale des séries.
Jake Evans et Philip Danault amènent plusieurs atouts sur ces unités, notamment au cercle des mises en jeu. Mais ils ont besoin d’ailiers costauds, particulièrement en séries. Au cours du dernier détail, seul Josh Anderson a amené cette carte essentielle pour se démarquer.
Le Tricolore doit donc profiter du départ acté de Brendan Gallagher et possiblement de la fin de son association avec Kirby Dach pour amener des joueurs d’énergie qui épauleront Josh Anderson dans sa mission. Dans le club-école, seul Florian Xhekaj pourrait répondre à cette définition, mais son manque de vitesse semble jouer contre lui. La solution viendra possiblement du marché des joueurs autonomes ou de transactions.
Comme avec la défensive, le «bottom 6» a de beaux atouts, que ce soit avec Alex Newhook, Jake Evans ou Philip Danault. Il leur faut cependant des compléments avec plus d’abrasif.
5) Aider Martin St-Louis
Depuis son arrivée à la barre des Canadiens de Montréal, Martin St-Louis a fait un boulot colossal. Son groupe adore le suivre et il a accompli la mission première de tout entraîneur-chef : faire progresser son équipe d’année en année.
Toutefois, alors qu’il ne lui reste qu’un an de contrat, l’état-major doit s’interroger, selon moi, sur la possibilité d’amener du renfort à son pilote des dernières années.
En raison des résultats obtenus, pour moi, c’est un no brainer de prolonger la collaboration avec Martin St-Louis. Mais est-ce que l’arrivée d’un entraîneur associé pourrait aider St-Louis à franchir un nouveau palier?
Au cours des séries, l’entraîneur-chef a notamment tenu mordicus à faire le moins de changements possible à ces trios, alors que Jon Cooper ou Lindy Ruff faisait le contraire pour prolonger leur série contre le Tricolore. Une stratégie qui a failli fonctionner pour le Lightning et les Sabres.
Alors que son équipe n’allait nulle part contre la Caroline, l’ajout d’un joueur expérimenté comme Brendan Gallagher ou de jambes fraîches aurait pu créer une étincelle.
Aussi, est-ce que l’ajout d’une voix externe à celle du groupe d’entraîneurs en place amènerait de nouvelles pistes pour améliorer le jeu défensif, faiblesse identifiée à améliorer en vue de la prochaine campagne?
Cette chronique fait partie de notre section Opinions, qui favorise une pluralité d'idées. Elle reflète l'opinion de son auteur, pas celle du Journal de Lévis/Peuple Lotbinière.