Avant de se rendre dans une colonie, l’équipe doit se préparer. Chaque membre enfile combinaison protectrice, gants et bottes. Pelles en main, ces derniers vont jusqu’au site identifié plus tôt au printemps. Plusieurs plants peuvent être regroupés dans un même endroit ou se perdre dans la végétation d’un boisé. On les reconnaît à leurs feuilles dentelées qui rappellent la forme de la feuille d’érable et à une tige verte et poilue tachetée de mauve.
Une fois un plant repéré, l’équipe se met au travail. «On arrache tous les plants qu’on voit en faisant attention de bien enlever toute la racine. Si on laisse un petit bout dans la terre, c’est certain qu’un autre plant va repousser», a expliqué la chargée de projet à l’OBV du Chêne, Pascale Bolduc.
Au moins sept jours sont nécessaires à une équipe de trois personnes pour nettoyer un site important comme celui visité le 17 juin.
Dans le cas où la colonie serait trop grosse pour les ressources disponibles, l’équipe se concentrera sur les plants matures, ceux qui feront des fleurs cet été. L’objectif est d’éviter la production de graines. Un seul plant peut en produire de 10 000 à 20 000. Les grandes fleurs caractéristiques en forme d’ombrelles apparaissent de la mi-juillet au début du mois d’août.
Dans la MRC de Lotbinière, des colonies ont été identifiées à Saint-Antoine-de-Tilly, à Sainte-Croix, à Lotbinière à Val-Alain et à Saint-Narcisse.
Patience
Chaque printemps, Pascale Bolduc retourne sur chacun des sites identifiés les années précédentes et note s’il y a présence de berce du Caucase et où elle se trouve. Il faut du temps afin de nettoyer complètement un site. Puisque les graines peuvent rester en dormance de trois à cinq ans dans le sol, au moins cinq ans de travail sont nécessaires pour s’assurer qu’il n’y aura pas de nouveaux plants.
«On note une diminution marquée du nombre de plants sur les sites sur lesquels ont fait des interventions depuis deux ans. […] On ne renouvelle pas la banque de graines. […] Après cinq ans, un suivi annuel est recommandé afin d’être certain de ne pas en avoir oublié.»
Depuis 2018, les neuf OBV de la Chaudière-Appalaches et le Comité de bassin versant de la rivière Chaudière mènent conjointement une offensive contre la berce du Caucase. Les organisations bénéficient d’une subvention du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation. Toutefois, le financement prend fin cette année. Pascale Bolduc espère qu’il sera renouvelé afin de poursuivre le travail sur le terrain.
Quoi faire si l’on en trouve ?
Il est possible de procéder soi-même à l’arrachage de la berce du Caucase. Cependant, avertit Mme Bolduc, il y a des précautions à prendre. La sève que l’on retrouve dans la tige et dans les feuilles peut causer des brûlures au deuxième et au troisième degré si elle entre en contact avec la peau et est exposée aux rayons UV du soleil.
«Il faudrait porter des vêtements longs, une chienne de travail ou un imperméable et des gants à vaisselle. Ensuite, il faut tout laver en ne mettant pas d’autres vêtements dans la laveuse. Si vous recevez de la sève, il faut laver immédiatement à l’eau savonneuse la partie du corps qui a été touchée. Elle va dissoudre la sève. Si vous n’êtes pas certain, vous pouvez couvrir la zone exposée avant d'aller la laver.» Le port de la visière ou de lunettes de protection est également recommandé.
Ceux qui ne souhaitent pas le faire peuvent contacter l’OBV du Chêne au 418 926-3407 #215 ou en allant sur le site Internet byebyeberceducaucase.com. Une photo de la plante sera demandée afin de s’assurer qu’il s’agit bien de berce du Caucase.