«Ce qui a convaincu le chef de cabinet, explique le président des Amis de forêt seigneuriale de Lotbinière, Jean-Pierre Ducruc, c’est qu’il a constaté qu’il y a un consensus régional derrière ce projet.»
Au début du mois de juillet Les Amis de la forêt seigneuriale de Lotbinière, Nature Québec, le Conseil régional de l’environnement de la Chaudière-Appalaches et l’Organisme de bassin versant de la zone du Chêne et la MRC de Lotbinière se sont concertés et ont présenté une proposition conjointe de création d’une réserve de biodiversité dans la forêt.
Ainsi, ce projet veut soustraire une partie spécifique de la forêt de la Seigneurie de Lotbinière à toute activité industrielle et forestière. Les terrains visés engloberaient, entre autres, des peuplements de forêts anciennes qui regroupent des arbres de plus de 300 ans, l’habitat de deux espèces menacées, le poisson-fouille roche gris et la tortue des bois, ainsi que la réserve Lionnel-Cinq-Mars et la réserve forestière déjà identifiée.
La protection de ce corridor de 11 km2 n’aurait que peu d’impact sur les activités de foresterie ou acéricoles puisque les territoires touchent des aires déjà protégées ou difficiles d’accès. Le corridor adopte le contour des vallées encaissées de la rivière du Chêne et de ses principaux affluents (les rivières Huron et Henri).
Cette configuration, estime Jean-Pierre Ducruc, permettrait donc d’aller récupérer la quasi-totalité des peuplements forestiers d’intérêt, donc les forêts anciennes préalablement identifiées.
Contexte favorable
Malgré cette volonté régionale, l’avenir du projet repose dans les mains du gouvernement et de deux ministères, soit le ministère de la Forêt et le ministère de l’Environnement. Toutefois, l’intérêt montré par le chef de cabinet du ministre de la Forêt est bien accueilli par le groupe des cinq.
«Rappelons-nous que le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs s’est fait remettre à l’ordre pour avoir refusé un ensemble de propositions d’aires protégées dans le sud. Là, nous leur en offrons une sur un plateau», indique M. Ducruc.
Un deuxième essai
Une première tentative pilotée par l’OBV du Chêne, le Club de ski de fond La Pinière et la MRC de Lotbinière au début des années 2010 n’avait pas aboutie, rappelle Jean-Pierre Ducruc.
«L’argumentaire était sensiblement le même que celui présenté aujourd’hui, sauf que nous avions proposé un corridor de 500 m de part et d’autre de la rivière du Chêne. Le ministère de l’Environnement nous avait fait une contre-proposition qui ne respectait pas l’idée de corridor. Elle englobait à l’époque la réserve Lionnel-Cinq-Mars, mais s’installait aussi dans le couvert forestier. Cela n’a pas passé auprès du ministère de la Forêt.»
Entretemps, a-t-il poursuivi, des études supplémentaires sur l’importance de la forêt ont été menées par le Conseil régional en environnement de Chaudière-Appalaches. Elles ont démontré l’importance de la concentration des vieilles forêts et de leur rareté. Ces travaux ont servi de base de travail aux cinq organisations pour rédiger la nouvelle proposition conjointe.