Du côté de la CSQ, l'enthousiasme de la rentrée collégial est assombri, selon elle, par les décisions des dernières années, telles que les suppressions de postes, les conséquences du gel d'embauche et les compressions budgétaires.
«Il est temps d'offrir enfin de la prévisibilité aux acteurs du réseau collégial. C'est vrai pour le financement, qui fait régulièrement le yoyo, sans considération pour les effets qui en découlent sur le terrain. C'est aussi vrai pour les équipes qui ont terminé l'année sur les rotules parce que les collègues n'étaient pas remplacés», ont déploré Éric Gingras, président de la CSQ, Youri Blanchet, de la Fédération de l'enseignement collégial (FEC-CSQ), Frédérique-Jade Belzile, de la Fédération du personnel de soutien de l'enseignement supérieur FPSES-CSQ, et Éric Cyr, de la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ).
Ces quatre organisation syndicales déplorent que «les ressources humaines, les services et les espaces, eux, demeurent insuffisants alors que les cégeps font face à une hausse soutenue de leur population étudiante». La CSQ estime que l'effectif étudiant à temps plein à l'enseignement régulier devrait augmenter de près de 4 % cet automne.
Pour renverser la vapeur, la CSQ demande au prochain gouvernement du Québec «d'assurer un financement prévisible et suffisant, d'intervenir enfin face à la vétusté des infrastructures et de favoriser des conditions d'études et de travail compatibles avec la réussite».
Son de cloche similaire à la CSN
Déplorant «des bâtiments qui tombent en ruine, des classes bondées, des gels d'embauche, des services faméliques aux personnes étudiantes et des actes de violence qui se multiplient», la CSN affirme pour sa part que «l'école québécoise est malade». La centrale syndicale pointe du doigt le «sous-financement chronique» du réseau par le gouvernement provincial comme son «principal virus».
Dans le réseau de l'éducation supérieure, la CSN critique la situation budgétaire «précaire» de plusieurs cégeps et universités et les nombreux problèmes à leurs infrastructures.
«On est en pleine austérité. Ce n'est pas avec des crédits budgétaires incertains et insuffisants que nous pourrons protéger tous les services aux élèves, pourtant promis par la première ministre sortante, Christine Fréchette», a soutenu la présidente de la CSN, Caroline Senneville.
La centrale syndicale demande donc au prochain gouvernement une augmentation «substantielle et prévisible» du financement public des réseaux de l'éducation et de l'enseignement supérieur. De plus, la CSN réclame l'intégration des écoles privées au sein d'un système d'éducation «public, inclusif, accessible, non sélectif et gratuit», pour mettre un terme à l'école à trois vitesses. L'organisation souhaite aussi la tenue d'états généraux sur l'éducation, «depuis la maternelle jusqu'à l'université».