«L’arrivée de Santé Québec a eu un plus grand impact sur le milieu communautaire dans la MRC de Lotbinière que l’incertitude créée par l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche», a résumé le directeur général de la CDC de Lotbinière, Pierre-Guy Brassard à propos de la dernière année.
La mise sur pied de Santé Québec en 2025 a eu comme conséquence des coupes de plusieurs millions de dollars dans le réseau de la santé et des services sociaux, explique M. Brassard. «En coupant dans les services de santé, c’est le milieu communautaire, par la force des choses, qui écope. Plusieurs organismes, mais pas tous, ont perdu du financement, ce qui a eu un impact majeur.» De plus, son attribution a aussi été révisée en faveur des organisations régionales, au détriment de celles locales.
Pour fonctionner, le secteur communautaire dépend du financement qu’il reçoit. Bien qu’une part soit récurrente, plusieurs aides sont ponctuelles, ce qui précarise la situation de certains d’entre eux, indique M. Brassard. Du côté de la CDC, elle a réussi à maintenir un financement raisonnable en 2025 en raison d’initiatives et de projets qu’elle a développés. «Nous avons moins ressenti les impacts financiers parce qu’on a été capable de développer plusieurs projets. Je pense à la plateforme Point de repère Lotbinière. Ça aide la collectivité, ça nous a aidés et permis de nous garder à flot», a poursuivi M. Brassard.
Besoins constants
Toutefois, l’enjeu du financement amène une pression constante sur les organisations qui voient une augmentation des demandes, une complexification des cas et une diminution de leurs ressources. «L’année 2025 n’était pas différente de 2024 et 2026 ne sera pas différente. Les besoins ne diminuent pas, ils sont croissants», commente Pierre-Guy Brassard.
Par ailleurs, les préoccupations du milieu demeurent les mêmes depuis plusieurs années et elles seront encore d’actualité en 2026. Un effort a été mis du côté du transport collectif, souligne M. Brassard, mais il reste encore du travail à faire pour améliorer l’accessibilité. D’autres problématiques sont persistantes : l’accès à du logement abordable, à des soins de santé et l’effritement de la santé mentale. De nouvelles problématiques commencent aussi à faire leur apparition. «On parle aussi de plus en plus d’itinérance. Elle est peut-être moins visible que celle que l’on côtoie dans les grands centres, mais elle est présente.»
Cette itinérance cachée se manifeste de différentes façons, que ce soit des gens qui vivent dans leur voiture ou qui habitent à plusieurs dans un logement inadéquat. Il est difficile de la quantifier en raison de l’absence d’un lieu d’accueil sur le territoire.
Bons coups
Au-delà des préoccupations, Pierre-Guy Brassard a noté quelques bonnes nouvelles qui ont ponctué le milieu communautaire. Il pense à l’ouverture d’une maison des jeunes à Saint-Apollinaire, au lancement de la plateforme Point de repère Lotbinière, un bottin de toutes les ressources disponibles sur le territoire.
Il y a aussi le service de périnatalité à la Maison de la famille ainsi que le projet de cohabitation chapeauté par le Carrefour des personnes aînées de Lotbinière.
Le portrait pour 2026
L’année à venir se poursuivra dans la continuité de celle qui vient de se terminer, indique M. Brassard. «C’est sûr que le financement, c’est le nerf de la guerre. Il faut assurer la pérennité de nos organismes avec un financement stable et durable. Il faut arrêter d’insécuriser nos membres et leur donner les ressources à la hauteur de leur mission.» Parallèlement, la CDC veut également les soutenir dans leur adaptation aux besoins émergents de la communauté.
Pierre-Guy Brassard rappelle que l’impact du communautaire dans la population est tangible et important. La CDC de Lotbinière regroupe 38 organismes membres. En 2024, ils ont réalisé 35 000 heures de bénévolat. «L’un de nos organismes a calculé qu’en un an, le bénévolat représentait l’équivalent de près de six ressources à temps plein. Imaginez ce que cela représente en termes de salaire et c’est pour un seul organisme», a-t-il illustré.
Une étude socio-économique sera lancée en 2026 pour quantifier les impacts du milieu communautaire dans la région.
Par ailleurs, la CDC veut assurer une relève au niveau du bénévolat en attirant une nouvelle génération de bénévoles.
«C’est de regarder du côté des bénévoles des municipalités, c’est d’en parler dans les écoles. Je regarde la Soupe au caillou où des jeunes de l’École Beaurivage sont impliqués. Ce sont de petits pas qui mèneront à une vision différente du bénévolat», mentionne M. Brassard.