Ce sont 4 640 paniers d’aide qui ont été distribués en 2024-2025 comparativement à 4 250 quatre ans plus tôt. De plus, du 1er avril 2024 au 31 mars 2025, ce sont 98 dépannages d’urgence qui ont été distribués.
«On reçoit des demandes d’aide alimentaire pratiquement chaque jour et ces demandes ne sont pas vraiment ponctuelles, elles sont régulières. Les utilisateurs restent au moins pour quelques mois», a analysé la coordonnatrice chez Aide alimentaire Lotbinière, Maroua Trabelsi.
Cette augmentation se traduit directement dans le nombre de paniers qui sont remis lors de chaque distribution. En 2021-2022, AAL préparait, en moyenne, 160 paniers aux deux semaines. En 2024-2025, cette moyenne est passée à 228.
De plus, le visage de ceux qui ont besoin de cette aide a changé. Ce sont des personnes sur le marché du travail à temps plein ou temps partiel, soit 30 % des utilisateurs. Quelques années plus tôt, les travailleurs représentaient 25 % des utilisateurs.
On retrouve aussi des étudiants, des personnes âgées et de nouveaux arrivants. Lors de la distribution du 19 février dernier, Mme Trabelsi a noté qu’environ une personne sur cinq qui a participé à la distribution était un nouvel arrivant. «Les familles arrivent ici et n’ont aucun soutien. Elles rejoignent l’aide alimentaire tout de suite et y restent longtemps.»
Si la clientèle change, les besoins changent également et pas seulement pour les nouveaux arrivants. Il y a aussi les allergies et les intolérances alimentaires, mais aussi les suivis médicaux. C’est pour cette raison qu’AAL a mis sur pied un projet d’accès en libre-service. Le service est en place depuis le 1er avril 2025, à Laurier-Station, et depuis le 1er octobre 2025, à Saint-Agapit. Dans les deux cas, le service est apprécié par les usagers, mentionne Maroua Trabelsi.
Récupération dans les épiceries
En plus de la contribution de Moisson Québec, AAL doit compter également sur d’autres sources pour réussir à combler les besoins de cette clientèle grandissante. Le programme de récupération en supermarché a permis de recueillir 59 244 kg de nourriture dans les trois grandes épiceries de la région.
Cela permet à l’organisation d’augmenter la quantité de viande, de produits laitiers et de protéines végétales dans les paniers.
De plus, une collaboration avec les producteurs locaux a permis de récupérer l’année dernière 13 349 kg de nourriture. Les activités de glanage permettent aussi d’aller chercher des denrées supplémentaires selon le principe du un tiers au producteur, un tiers aux bénévoles et un tiers à AAL. «Plusieurs bénévoles choisissent de remettre leur part à Aide Alimentaire Lotbinière», poursuit-elle.
Enfin, la cuisine permet à AAL de transformer les aliments qui ne pouvaient pas être donnés. «Nous jetions tout, maintenant tout est transformé à 100 %.»