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Espèces végétales envahissantes

Impact sur la biodiversité

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La berce du Caucase est l’une des espèces envahissantes en Chaudière-Appalaches. Photo : Archives

11 oct. 2023 07:53

Les arbres perdent leur feuillage et la nature s’endort. L’automne s’installe au Québec et avec elle plusieurs espèces végétales envahissantes disparaîtront du paysage pour quelques mois avant de revenir au printemps. Si leur présence est saisonnière, leur impact sur la biodiversité, lui, est bien réel.

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Certaines de ces espèces sont bien connues de la population puisqu’elles ont fait l’objet de campagnes massives d’éradication, comme la berce du Caucase qui se trouvait en abondance en Chaudière-Appalaches il y a à peine quelques années.

S’ajoutent la renouée du Japon qui borde les berges des cours d’eau comme les rivières Etchemin et Chaudière. Le roseau commun qu’on retrouve dans les talus d’autoroute. Il se propage d’ouest en est et constitue 5 % du couvert végétal de ces espaces. «Les principaux effets se font sentir dans le milieu aquatique. Un marais à roseaux, c’est un désert. Ça pose problème parce qu’il y a appauvrissement de la biodiversité», a indiqué le directeur de l’École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional (ESAD) de l’Université Laval, Claude Lavoie.

La présence du nerprun bourdaine commence à être remarquée. Cette plante prolifère en milieu forestier, modifie la biologie du sol et met en péril la succession forestière. «C’est encore possible de lutter quand l’infestation est modérée, mais quand la machine s’emballe, il n’y a plus grand-chose à faire», a enchaîné M. Lavoie.

Ces plantes ont toutes quelque chose en commun, elles se trouvent dans des aires où il y a eu d’importantes interventions humaines. «Les plantes envahissantes, on tape dessus parce que c’est le coupable facile, mais ce n’est pas le problème de fond. C’est le symptôme le plus visible des interventions néfastes que l’on fait sur l’environnement», a précisé M. Lavoie.

Mauvaises herbes agricoles

Huit mauvaises herbes agricoles sur 10 sont des plantes exotiques envahissantes, affirme Claude Lavoie. «Elles causent du tort non seulement à la productivité des fermes, mais aussi à l’environnement parce que les pesticides finissent par se retrouver dans l’eau.»

De plus, 70 % des pesticides qu’on utilise sont des herbicides. «Si on enlève huit mauvaises herbes sur 10, avez-vous une idée de la quantité de glyphosate qui sera utilisée en moins.»

La solution passe par la bande riveraine. Cette zone d’une dizaine de mètres de large abritant des plantes et des arbres permet de filtrer les eaux de ruissellement, mais surtout empêche la prolifération de ces espèces envahissantes.

«Si vous enlevez tous les arbustes, vous les laissez en pâture à ces espèces qui ne demandent pas mieux que de pousser en milieu ouvert. […] Si on les avait gardés, on n’aurait pas de berce du Caucase, pas de renouée du Japon, pas d’impatiente glanduleuse ou de roseau commun.»

Petits envahisseurs

Toutefois, ce ne sont pas ces grandes plantes qui préoccupent le plus le chercheur. «Je suis plus inquiet des champignons, des bactéries et des insectes envahissants. L’agrile du frêne fait bien plus de tort à l’environnement que la renouée du Japon», a soutenu Claude Lavoie.

Ce dernier rappelle que l’agrile du frêne fait des ravages dans les populations de frênes. Dans certaines municipalités, 20 % des arbres sont morts ou en train de mourir, note-t-il.

La maladie de l’orme a décimé la population d’ormes à Montréal. À Québec, il en reste encore. Le responsable, c’est un champignon envahissant qui a été transporté par un insecte envahissant, a-t-il illustré.

Le Québec compte 18 espèces de plantes exotiques envahissantes qui sont considérées comme préoccupantes.

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