mercredi 11 février 2026
Votre Journal. Votre allié local.

Politique > Actualités

Politique fédérale

Au service de la population depuis 20 ans

Les + lus

Photo: Courtoisie

11 févr. 2026 06:18

Le 23 janvier 2026, le député conservateur de Lévis-Lotbinière, Jacques Gourde a célébré son 20e anniversaire en tant que député fédéral. Doyen des élus conservateurs au Québec, il compte aussi parmi les élus fédéraux de la province ayant le plus d’ancienneté. Au Québec, seul le député de la circonscription voisine de Nicolet-Bécancour-Saurel-Alnôbak, Louis Plamondon (élu en 1984), a siégé plus longtemps.

Le secret de cette longévité est relativement simple, d’après celui qui a été élu pour son septième mandat consécutif le 28 avril 2025.

«Il faut être proche du monde, rester sur le plancher des vaches et voir comment les gens vivent. Il faut être capable de ressentir la réalité de ce qui se passe dans la circonscription et le transmettre aussi de la façon la plus honnête possible», a-t-il analysé. Les commentaires qu’il reçoit sur les réseaux sociaux lui servent également d’inspiration dans son travail.

Le record absolu de longévité pour un député conservateur québécois depuis 1867 est de 22 ans. S’il n’y a pas de nouvelle élection, M. Gourde devrait l’atteindre pendant ce mandat.

Un premier mandat

«J’ai été relativement chanceux dans ma carrière. Le 23 janvier 2006, c’était ma première élection, je la gagne et, en plus, on est au gouvernement. C’est un gouvernement minoritaire, mais on est quand même sur les banquettes d’un gouvernement», se souvient le député.

M. Gourde a dû apprendre rapidement son rôle. En plus du travail de député, il a reçu la fonction de secrétaire parlementaire à l’agriculture et a soutenu ses collègues ministres anglophones lorsqu’il y avait des annonces à faire en français. «J’étais souvent le représentant pour Développement économique Canada, en agriculture, en environnement et en patrimoine. Les ministres n’aimaient pas tellement ça venir dans un milieu francophone et me demandaient si je pouvais y aller. Ça m’a amené à faire des choses que je n’étais pas habitué à faire.»

Pendant ces premières années, en plus des conférences de presse, il a également eu l’occasion de participer à plusieurs débats organisés par la chaîne CPAC (la chaîne parlementaire canadienne), dont deux avec Justin Trudeau alors qu’il était député.

Moments marquants

En 20 ans de carrière politique, les moments marquants ne manquent pas. M. Gourde se rappelle, entre autres, de la vague orange du 2 mai 2011, alors que plusieurs députés de toute allégeance politique avaient été défaits. Son équipe et lui ont dû, de son propre aveu, travailler fort pour faire sortir le vote. «Celle-là n’a pas été facile, elle a été arrachée dans les dernières heures. Au début de la journée ont partait à - 4%.»

Alors que le parti surveillait les libéraux et les bloquistes au Québec, M. Gourde a vu arriver la vague dans son rétroviseur. Les sondages qu’il a réalisés pendant cette campagne lui ont permis de la voir venir. L’appui au Nouveau parti démocratique (NPD) grandissait de semaine en semaine. 

«Quand Jack Layton est passé à Tout le monde en parle et que Gilles Duceppe lui a dit qu’il ne serait jamais premier ministre, les Québécois l’ont pris sous leur aile. C’était un tsunami. Il y a même des conservateurs qui ont voté pour lui», se rappelle M. Gourde. Dans la circonscription, ce sont de 3 000 à 4 000 appuis conservateurs qui ont été rayés de la liste. «Mes sondages me disaient qu’on perdait par 4 %, ça donnait environ 2 400 votes. Il fallait les trouver.»

 

Jacques Gourde venait tout juste d'apprendre qu'il était réélu en 2011. Photo: Archives - Mélanie Labrecque

 

Ce qui a fait la différence, c’est la sortie de vote. M. Gourde raconte qu’à 17h30, le soir de cette élection, 5 000 personnes marquées comme des appuis conservateurs n’avaient pas encore voté. Son équipe les a tous appelés pour s’assurer qu’elles iraient voter. En fin de compte, c’est ce qui a fait la différence.

Plus de 90 % des électeurs conservateurs sont allés voter contre 70 % des électeurs identifiés comme des supporteurs potentiels du NPD. «Je suis très reconnaissant de la confiance que les gens m’ont donnée. Une vague c’est beaucoup plus fort qu’une notoriété aussi.»

La dernière élection, celle du 28 avril 2025, a également été très différente. Alors que la campagne électorale allait commencer, il recevait un diagnostic de cancer de la prostate. Ses traitements ont commencé pratiquement au même moment que la campagne électorale. «Elle a été difficile au niveau physique. On savait qu’on gagnait, je n’étais pas inquiet. Je n’étais pas capable de faire une campagne à la hauteur de ce que j’aurais aimé faire, mais les gens étaient très compréhensifs. […] Une bonne partie de ma campagne s’est passée à l’hôpital.»

Intérêt qui remonte à l’enfance

D’aussi loin qu’il se souvienne, Jacques Gourde a toujours eu un intérêt pour la politique. «À l’âge de 8 ou 9 ans, j’écoutais le samedi à 12h30, la revue de la Chambre des communes à Radio-Canada où ils montraient des extraits de la période de questions. […] Je disais : ‘‘Un jour je vais y aller à Ottawa comme député’’. Ça m’intéressait beaucoup. Je me disais que ce serait ma place.»

C’est en 2004, lorsqu’il était bénévole pour l’Action démocratique du Québec, que cet intérêt s’est réveillé de nouveau. «J’avais été nommé bénévole de l’année et j’ai été remarqué par les organisateurs du Parti conservateur du Canada. C’était le nouveau parti unifié et là ils avaient commencé la reconstruction à l’élection de 2004.»

Le parti lui avait alors demandé d’être organisateur à temps partiel pour organiser le secteur de Drummondville jusqu’à Gaspé. Il a accepté à la condition qu’il soit nommé candidat dans la circonscription de Lotbinière-Chutes-de-la-Chaudière pour la prochaine élection. La circonscription, à l’époque, avait obtenu le deuxième meilleur résultat pour le Parti conservateur du Canada (PCC) au Québec. À l’époque 23 % des électeurs de la circonscription avaient donné leur appui au Parti conservateur.

Il a été nommé officiellement candidat en mai 2005 alors qu’il y avait la possibilité du déclenchement d’une élection. «J’ai pris mon bâton du pèlerin. […] Ma tradition d’avoir un kiosque à l’expo à Saint-Agapit a commencé cet été-là. J’avais annoncé mes couleurs, je serais le candidat conservateur à la prochaine élection», a-t-il commenté.

Les + lus