«Quand tu rends public un avis de projet en catimini en plein scandale SAAQclic, à la veille d’une longue fin de semaine de trois jours, y a-t-il meilleur aveu de la part du gouvernement que ce projet-là est rendu un boulet?», a d'emblée déploré Angèle Pineau-Lemieux, porte-parole d’Accès transports viables et de la Coalition Non au troisième lien.
Pour l'association, le projet actuellement retenu par le gouvernement caquiste est également brouillon, comme le tracé final n'a pas encore été retenu.
La coalition souligne aussi que la preuve des besoins en matière de déplacements «n’a toujours pas été faite» comme Québec «n'a jamais fait réaliser d’étude d’opportunité».
«Le gouvernement continue de bousculer les étapes et de faire tout à l’envers : comment évaluer un projet dont on n’a toujours pas prouvé la pertinence au regard des besoins en déplacements? C’est un gaspillage éhonté de fonds publics : pendant qu’on demande aux gens de se serrer la ceinture en santé et en éducation, on flambe 275 M$ dans des études pour un projet inutile qui va empirer la qualité de vie, nuire à l’environnement et empirer la congestion», a martelé Marc-André Viau, directeur des relations gouvernementales chez Équiterre et porte-parole de la Coalition Non au troisième lien.
Enfin, le regroupement affirme que l’avis de projet déposé jeudi est «lui-même parlant quant au manque d’arguments en mobilité pour soutenir le projet et aux impacts disproportionnés qu'il aura». Dans l'avis, on peut notamment lire que le gouvernement s’attend à une «diminution de la qualité de vie des résidents à proximité [...] par la détérioration du climat sonore et une diminution potentielle de la qualité de l’air», rappelle la coalition.
«L'avis de projet est remarquable! Il dit textuellement que “Ce n'est pas qu’un projet de transport, mais un projet socio-économique”, alors que le gouvernement continue de clamer qu’il contribuera à réduire la congestion, ce qui est faux! Une étude coréalisée par l’Université Laval et l’Université McGill estime que l’ajout d’un 3e lien, avec un coût qui pourrait approcher les 10 G$, réduirait seulement de 2 minutes 18 secondes les temps de déplacement», a conclu Philippe Jacques, co-directeur général de Trajectoire Québec et porte-parole de la Coalition Non au troisième lien.