mercredi 12 août 2026
Votre Journal. Votre allié local.

Agriculture > Actualités

Fleurs coupées

Un pan méconnu de l’agriculture

Les + lus

Photo: Courtoisie

12 août 2026 07:45

Les fleurs que l’on retrouve chez les fleuristes et dans les étals des grands magasins proviennent en grande majorité de la Colombie, de l’Équateur et des Pays-Bas. Pourtant, le Québec compte plus d’une centaine de fermes florales sur son territoire. Toutefois, cette industrie locale reste méconnue du grand public et c’est avec l’objectif de la faire découvrir que L’Association des producteurs de fleurs coupées du Québec (APFCP) a tenu récemment sa journée des fleurs coupées.

«On se pose la question pour les fruits et légumes que nous mangeons à savoir d’où ils viennent et comment ils ont été cultivés, mais souvent pour les fleurs, on ne se pose pas cette question. C’est tout aussi important quand on sait d’où elles viennent et comment elles sont cultivées ailleurs», a expliqué la propriétaire de Fleuraissance à Saint-Antoine-de-Tilly, Élie Papineau.

Dans les faits, ce sont plus de 90 % des fleurs que l’on retrouve chez les fleuristes qui sont importées. «On cultive des centaines et des centaines de variétés de fleurs au Québec. À ma ferme seulement, on en cultive au moins 200. Si l’on prend, par exemple, les tulipes. Une ferme peut cultiver jusqu’à 20 variétés», a souligné la présidente de l’APFCP, Émilie Turcotte-Côté.

Les deux femmes expliquent également que des variétés, trop fragiles, ne peuvent pas être importées au Canada, mais certaines peuvent être cultivées au Québec.

D’ailleurs, ce pan de l’agriculture québécoise est en pleine effervescence. Depuis les 5 à 10 dernières années, le nombre de fermes florales est en croissance au Québec, ajoute Mme Turcotte-Côté, et la journée des fleurs coupées vise à faire connaître ce pan méconnu de l’agriculture québécoise.

«Ça a vraiment bien été. Nous sommes contents. Nous avons eu une belle couverture médiatique et des producteurs nous ont dit qu’ils ont eu de nouveaux clients. Les retombées ont été positives», a poursuivi Mme Turcotte-Côté.

L’APFCQ compte six membres en Chaudière-Appalaches, dont deux sur le territoire de la MRC de Lotbinière. En plus de Fleuraissance de Saint-Antoine-de-Tilly (photos), on retrouve la ferme Les effleurés, à Saint-Janvier-de-Joly.

Empreinte écologique

Les fleurs importées de l’étranger voyagent énormément. Entre la coupe et l’arrivée chez le fleuriste, il peut se passer plus de deux semaines. Entre-temps, elles ont fait plusieurs milliers de kilomètres en avion et séjournent dans des entrepôts réfrigérés. Les conditions dans lesquelles elles sont récoltées sont difficiles pour les travailleurs, principalement des femmes et des enfants.

Aussi, ces cultures sont faites sous des normes différentes, soutiennent Élie Papineau et Émilie Turcotte-Côté. «La culture des fleurs n’est pas soumise aux mêmes normes que l’agroalimentaire. Les producteurs peuvent tout mettre. Sur une rose qui arrive de l’étranger, on peut retrouver de 20 à 40 pesticides sur sa tige», a illustré Élie Papineau.

Toutefois, avertit Élie Papineau, il ne faut pas démoniser les fleurs cultivées à l’étranger. Le climat du Québec n’étant pas propice à une culture annuelle. Écologiquement parlant, une culture hivernale en serre demande beaucoup d’énergie, rappelle-t-elle. «Lorsque nous sommes en saison et que nous pouvons consommer des fleurs d’ici, faisons-le.»

Les + lus