Des groupes de jeunes des écoles secondaires L’Aubier et Beaurivage ont pris part à la dernière activité de la 5e Semaine du manufacturier le 27 février dernier. Les jeunes ont visité l’entreprise Novatech, à Saint-Agapit, afin de découvrir les possibilités d’emploi qu’offre le secteur manufacturier. Le ministre délégué à l’Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises et ministre responsable de la Jeunesse, Samuel Poulin, était présent pour l’occasion.
«En ce moment, le secteur manufacturier au Québec compte 12 000 postes vacants et on ne parle même pas des possibilités de croissance d’entreprise, des postes qui ne sont pas affichés parce qu’il n’y a tout simplement pas de main-d’œuvre. Pour faire face à ce défi, il y a plein de façons de le faire, il y a les travailleurs étrangers, l’automatisation, mais il faut aussi attirer les jeunes vers ce secteur qui n’est pas assez valorisé», a expliqué la présidente-directrice générale de Manufacturier et exportateurs du Québec (MEQ), Julie White.
Ainsi, des élèves de l’École Beaurivage et de l’École de l’Aubier ont pu visiter les installations de Novatech, rencontrer les employés et participer à des activités qui ont été conçues pour rendre la découverte des métiers manufacturiers concrète et accessible. Ces échanges leur ont permis de mieux comprendre la réalité du travail en usine.
D’ailleurs, Mme White poursuit en expliquant qu’il a grandement évolué pour se détacher des préjugés véhiculés, comme quoi une usine, c’est sale, bruyant et un milieu difficile. «L’objectif avec les jeunes, c’est de défaire ces stéréotypes et valoriser les emplois qui sont ici, dans la région, qui sont importants pour la vitalité d’une région comme Lotbinière ou Chaudière-Appalaches.»
Pour sa part, le ministre Samuel Poulin déplore que les emplois dans ce secteur ne soient pratiquement pas valorisés.
«J’ai une attestation d’études collégiales, je ne suis pas allé à l’université. Je valorise les études universitaires, mais je me sens concerné par ce discours parce que, parfois, le métier, l’expérience, la passion peuvent aussi nous guider dans la vie. […] On le dit souvent, on a valorisé la formation professionnelle et il faut continuer de le faire, mais il faut d’abord que les jeunes connaissent ces métiers et il y a encore du travail à faire», a remarqué le ministre Samuel Poulin.
Pourtant, il faudra rapidement un renouvellement de la main-d’œuvre dans ce secteur, puisqu’en 2025, 24,2 % des travailleurs de ce secteur étaient âgés de 55 ans et plus, d’où l’importance de ces efforts de valorisation de ces métiers.
«C’est un plaisir d’accueillir des jeunes de l’école secondaire l’Aubier ainsi que mon collègue Samuel Poulin à Saint-Agapit pour la visite de l’usine Novatech, dans le cadre de la Semaine du manufacturier. Cette entreprise à la fine pointe de la technologie illustre parfaitement le dynamisme et les occasions d’avenir qu’offre notre secteur manufacturier», a rappelé la députée de Lotbinière-Frontenac, Isabelle Lecours. Cette dernière participait également à la visite.
Secteur valorisant
L’entreprise Novatech compte actuellement 1 300 employés, dont plus de 900 dans ses installations québécoises qui fabriquent, entre autres, des portes-patio, des panneaux d’acier pour les portes extérieurs et le vitrage pour les fabricants de fenêtres. Pour son président, Harold Savard, une carrière dans le secteur manufacturier peut être très valorisante.
«Tu peux tout voir dans une entreprise manufacturière, tu peux produire, les opérateurs vont opérer des équipements qui peuvent valoir de un à huit millions de dollars. C’est de la haute technologie, des carrières en marketing, en ressources humaines, en achat, en informatique… Puis le manufacturier, c’est le poumon économique du Québec. On paye bien, on crée de l’emploi, on crée aussi des fournisseurs», a-t-il expliqué.
Par ailleurs, Novatech compte plusieurs femmes parmi ses employés. Il s’agit d’un atout majeur pour convaincre les jeunes filles d’envisager une carrière dans ce secteur, selon Julie White. «Ça démontrait que tout le monde pouvait avoir sa place dans ce secteur. […] Ça montre aux gars et aux filles qu’ils peuvent le faire et c’est le message qu’on veut leur envoyer. Tout le monde doit pouvoir regarder l’ensemble des possibilités, mais c’est plus facile de le faire quand on le voit.»