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Le conflit commercial continue de faire mal au Québec

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L'or québécois a notamment été en demande sur les marchés internationaux, en décembre. Photo : Unsplash - Wilhelm Gunkel

10 mars 2026 11:51

Selon les plus récentes données sur le commerce international de marchandises du Québec compilées et dévoilées mardi par l'Institut de la statistique du Québec, les exportations québécoises vers les États-Unis ont continué de chuter.

Les exportations du Québec destinées aux États-Unis en 2025, non désaisonnalisées et en dollars courants, ont affiché une baisse de 6,9 % par rapport à celles de 2024.

Sur cette même base et pour la même période, les exportations vers les autres pays (à l'exception des États-Unis) ont toutefois progressé de 10,6 %.

Toutefois, Les exportations totales québécoises souffrent de la chute des envois commerciaux vers nos voisins du sud, ces dernières ayant diminué de 2,3 % en 2025 comparativement à 2024.

Fluctuations mensuelles

Sur une base mensuelle, les exportations internationales de marchandises du Québec, désaisonnalisées et en dollars constants, ont augmenté de 2,9 % en décembre 2025 par rapport au mois précédent (+ 3 % en novembre).

Les produits ayant le plus contribué à cette croissance mensuelle sont les aéronefs (+ 27,5 %), les moteurs d'aéronefs (+ 29,7 %), le mazout léger (+ 68,3 %), ainsi que l'or, l'argent, et les métaux du groupe du platine sous forme brute, et leurs alliages (+ 619,4 %).

Parmi les produits dont les exportations ont diminué en décembre, on trouve notamment les machines et le matériel pour le commerce et les industries de services (- 45,9 %), les minerais et concentrés de cuivre (- 99,1 %), les carburants diesel et biodiesel (- 35,2 %), ainsi que les déchets et rebuts de métaux non ferreux (- 26,3 %).

Les exportations de l'ensemble de l'année 2025 ont fléchi de 4,9 % par rapport à celles de 2024.

Diminution des importations internationales de marchandises

Les importations internationales de marchandises du Québec, désaisonnalisées et en dollars constants, ont connu un recul de 7,7 % en décembre 2025 par rapport à novembre (+ 5,3 % en novembre).

Les produits ayant le plus contribué à la baisse de ces importations sont les produits pharmaceutiques et médicinaux (- 32,9 %), les formes primaires et les produits semi-ouvrés de métaux non ferreux et d'alliages de métaux non ferreux, sauf d'or, d'argent, de métaux du groupe du platine et d'aluminium (- 73,1 %), les lubrifiants et autres produits pétroliers de raffinerie (- 57,6 %), ainsi que les minerais et concentrés de nickel (- 100,0 %).

En revanche, les importations de certains produits ont augmenté en décembre. C'est notamment le cas des pièces pour aéronefs, et autre matériel aérospatial (+ 15,7 %), des camions légers, des fourgonnettes et des véhicules utilitaires sport, sans moteur électrique (+ 9,9 %), des minerais et concentrés de plomb et de zinc (+ 97,3 %), ainsi que des moteurs d'aéronefs (+ 54,2 %).

Les importations de l'ensemble de l'année 2025 ont crû de 4,7 % par rapport à celles de 2024.

Comparaisons avec le ROC

Selon les informations publiées par Statistique Canada le 19 février 2026, les exportations canadiennes de marchandises, désaisonnalisées et en dollars constants, ont progressé de 3,5 % en décembre 2025 par rapport au mois précédent. Les importations ont quant à elles augmenté de 0,8 %.

Pour l'ensemble de l'année 2025, les exportations de marchandises du Canada se sont repliées de 1,2 % par rapport à 2024, tandis que les importations restent pratiquement inchangées.

Appel à la prudence

De son côté, la Fédération des chefs d’entreprises du Québec estime cependant que la performance globale des exportations «demeure solide» lorsqu’on la compare à la tendance des cinq dernières années.

Si la valeur des exportations québécoises vers les États-Unis a diminué de 6,9 % entre 2024 et 2025, elle demeure supérieure de 1,8 % à la moyenne observée entre 2021 et 2025, souligne la fédération.

Du même souffle, l'organisation soutient que les baisses observées en 2025 sont «concentrées dans un nombre limité de secteurs, souvent sensibles aux cycles économiques ou aux fluctuations des prix internationaux, notamment certains métaux, produits forestiers et intrants industriels».

« Les données récentes nous invitent à prendre un pas de recul. Oui, certains secteurs connaissent des ajustements en 2025, mais rien dans les statistiques ne permet de conclure à un affaiblissement structurel du marché américain pour les entreprises québécoises. Le discours alarmiste que l’on entend parfois ne reflète pas la réalité complète des données», a conclu Pierre Drapeau, président de la Fédération des chefs d’entreprises du Québec.

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