«Dans ma tête, d’être prise pour ce projet, c’était complètement fou, surtout que je partageais la scène avec des gens qui sont dans le milieu. Quand ils ont annoncé mon nom, c’était une surprise. J’étais vraiment contente parce que la bourse me permettra de poursuivre mon projet», a confié Émilie Charest.
Pour cette présentation devant un jury et un public, la jeune femme devait présenter un premier jet de 10 minutes de ce à quoi ressemblerait sa pièce. La bourse d’une valeur de 10 000 $, soit 5 000 $ en soutien financier et 5 000 $ en services, lui permettra de la développer plus en profondeur.
«J’aurai accès à des studios et à de l’équipement pour faire mes entrevues et avoir des enregistrements de qualité. Ensuite, j’aurai plusieurs heures de mentorat», a précisé Mme Charest.
En plus de vouloir mettre en lumière l’écrasement d’avion, cette pièce veut également préserver une mémoire collective qui s’efface peu à peu, alors que les témoins directs de l’événement encore vivants sont moins nombreux. Cet objectif a été perçu positivement par le public, qui a été invité à commenter à la suite de la présentation.
«Ce qui en est ressorti, c’était comme une discussion entre les générations, le désir de montrer que les jeunes s’intéressent encore à l’histoire de leurs grands-parents. Ils ont aussi parlé de l’accident d’avion, ils n’en avaient jamais entendu parler, mais aussi d’autres histoires [oubliées] qui arrivent dans les régions.»
À l’automne
Émilie Charest est la première lauréate des Pitchs Porte-Parole à être encore aux études. Cette dernière envisage donc de les poursuivre parallèlement à la concrétisation du projet. Elle commencera à y travailler cet automne.
«Je sais que l’école, c’est important et que ça devrait être ma priorité, mais souvent, quand quelque chose me passionne autant que mon projet de théâtre, je pense que j’ai tendance à mettre des heures là-dedans. Puis, je pense honnêtement que c’est un bon projet et, tant qu’à avoir les deux pieds dedans, je vais continuer. Au pire [mon projet], ce sera plus long, mais ce n’est pas grave.»
Une fois son projet complété, Émilie Charest aimerait le présenter dans la région.
Que ce soit au Moulin du Portage ou à la nouvelle maison de la culture de Saint-Apollinaire, elle veut partager le fruit de son travail avec ceux avec qui elle a travaillé.
«J’aimerais qu’elle soit accessible, surtout que je ne parle pas seulement de l’accident d’avion, je parle d’enjeu et de mémoire collective. C’est quelque chose qui touche les gens en région. Je parle d’art en région et de son accessibilité. Ce serait l’une de mes priorités absolues que de le présenter dans la région», a-t-elle partagé.