Selon l'étude, 95 % des répondants affirment que leur librairie contribue à leur bien-être, 93 % estiment qu'elle renforce leur sentiment d'appartenance au quartier ou à la ville, et 59 % connaissent le nom d'une personne qui travaille dans la librairie qu'ils fréquentent le plus.
Cette relation privilégiée se reflète dans la qualité de l'expérience selon l'ALQ. Les clients sondés attribuent une note de 9,46 sur 10 à l'expérience client globale en librairie indépendante, contre 5,58 dans les autres commerces vendant des livres, et de 9,28 sur 10 à la qualité du service-conseil, contre 4,46 ailleurs.
Les librairies jouent aussi un rôle majeur dans la découverte et la diversité culturelle. Selon l'étude, 83 % des répondants ont déjà découvert un livre, un auteur, une autrice ou une maison d'édition québécoise grâce aux conseils d'un libraire indépendant. Plus de 70 % considèrent également que la fréquentation d'une librairie indépendante augmente la pluralité des auteurs et autrices qu'ils lisent, leur fréquence de lecture et la diversité des ouvrages qu'ils découvrent.
Des commerces bien implantés
Quant à lui, le portrait économique révèle que la majorité des librairies indépendantes sont de petites entreprises. 85 % d'entre elles n'ont qu'une seule succursale et la librairie moyenne existe depuis 34 ans.
Présentes dans 16 régions administratives, elles contribuent à l'animation des centres-villes, des quartiers, des villages et des artères commerciales, selon l'ALQ. En effet, 55 % des clients sondés des librairies indépendantes disent aussi dépenser dans les commerces avoisinants lors d'une visite et 64 % d'entre eux fréquenteraient beaucoup moins -- ou plus du tout -- une artère commerciale si la librairie indépendante qui s'y trouve disparaissait.
Elles jouent aussi un rôle direct dans la vitalité du livre québécois. Environ 50 % de leurs ventes proviennent de livres québécois, et plus de 80 % organisent des activités culturelles comme des lancements ou des rencontres avec des auteurs d'ici.
Les librairies indépendantes génèrent près de 300 M$ de revenus annuels, dont 262 M$ en ventes de livres neufs, soutiennent 3 005 emplois directs et indirects et contribuent à hauteur de 225 M$ au PIB du Québec. Elles évoluent toutefois avec des marges limitées : leur marge bénéficiaire moyenne est de 3,6 %, et 23 % considèrent leur situation financière comme fragile ou très fragile.
« Les libraires demeurent optimistes : 67 % envisagent les prochaines années favorablement. Mais cet optimisme repose aussi sur des équilibres fragiles, notamment les ventes aux collectivités, jugées très importantes pour la viabilité de plus de 85 % des librairies indépendantes», a souligné Gabrielle Simard, directrice générale de l'ALQ.
Méthodologie
L'étude commandée par l'ALQ a été réalisée par MCE Conseils. Elle repose sur deux volets complémentaires : un portrait des librairies indépendantes, à partir de données recueillies auprès de 82 librairies indépendantes, soit 60 % du réseau, et une enquête menée auprès de 1 164 répondants parmi leur clientèle.