mercredi 11 février 2026
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Bouger ou ne pas bouger

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11 févr. 2026 01:44

Avec 25 matchs à disputer à la suite de la pause olympique, les Canadiens de Montréal sont la troisième meilleure équipe dans la conférence Est de la Ligue nationale de hockey (LNH). Le noyau de la formation montréalaise permet cet heureux résultat, mais elle a certaines lacunes qui pourraient l’empêcher de franchir un nouveau cap en séries éliminatoires. Alors, tels des Hamlet portant un chandail tricolore, les architectes du CH bougeront-ils ou pas d’ici la date limite des transactions dans le circuit Bettman, au début mars.

Par Érick Deschênes

Les responsables hockey du Canadien, Kent Hughes et Jeff Gorton, se trouvent en effet à un carrefour cardinal de la reconstruction de leur équipe. Les jeunes étoiles de la formation, Nick Suzuki, Cole Caufield, Juraj Slafkovsky et Lane Hutson, sont des locomotives qui amènent des résultats positifs pour Montréal.

Mais au cours des 57 matchs disputés jusqu’à maintenant par le Tricolore lors de la saison 2025-2026 de la LNH, les maniaques du CH ont pu constater qu’ils manquaient certaines pièces afin de permettre aux Montréalais de se joindre au club sélect des équipes dominantes dans le circuit, comme Tampa Bay, la Caroline, Colorado, Minnesota ou Dallas, même si la troupe de Martin St-Louis a enregistré de beaux succès individuels contre ces formations.

Le grand dilemme du tandem Hughes/Gorton est le suivant : ne pas toucher à la formation actuelle en attendant que des espoirs (Michael Hage, Alexander Zharovsky et David Reinbacher) viennent colmater les petites brèches à l’armure tricolore ou régler les faiblesses en attaque et à la défense en allant chercher les pièces nécessaires d’ici le 6 mars prochain.

Si Oliver Kapanen connaît une saison du tonnerre au centre de Juraj Slafkovsky et Ivan Demidov, il serait plus efficace en pilotant un troisième trio en raison du coffre à outils offensifs moins imposant que celui de ses compagnons de trio actuels. De même, Kirby Dach, Alex Texier et Alex Newhook peuvent travailler efficacement avec Nick Suzuki et Cole Caufield, mais leur historique de blessures et leur manque de constance ne plaident pas pour que l’un d’entre eux devienne un ailier stable sur le premier trio.

Et si les difficultés des deux cerbères du CH semblaient désormais être chose du passé juste avant la pause olympique, l’unité défensive semble avoir besoin d’un défenseur droitier qui pourra épauler Kaiden Guhle sur une troisième paire dans un monde idéal. Dans la tête de Martin St-Louis, et je partage son analyse, Jayden Struble et Arber Xhekaj ne sont désormais que de bons défenseurs réservistes. Avec cinq défenseurs de talent en Dobson, Hutson, Matheson, Carrier et Guhle, St-Louis peut se permettre de les surtaxer en ce qui a trait à leur temps d’utilisation. Par contre, j’ai peur que le quintette se retrouve la langue à terre à l’approche des séries.

En plus, tout indique que Patrik Laine pourra effectuer un retour au jeu après les Jeux olympiques. Ce n’est pas sa faute s’il s’est blessé, mais son début de saison pitoyable qui a permis de constater qu’il est une menace pour son équipe à cinq contre cinq, l’émergence d’ailiers plus rapides et menaçants en tout temps font que le grand Finlandais ainsi que la congestion d’attaquants dans le grand club sont tous des raisons expliquant pourquoi il n’a plus de place à Montréal.

Kent Hughes devra donc réaliser un autre tour de magie, soit celui de trouver une équipe qui accepte d’obtenir les services de Laine jusqu’à la fin de la saison sans céder un choix de premier tour ou un espoir de grande qualité comme cadeau afin d’inciter un homologue à sauter sur le rabais finlandais.

En raison des évaluations de plus en plus inquiétantes en son endroit, le dossier Laine serait possiblement une opportunité pour le Tricolore de céder également David Reinbacher, espoir de plus en plus décevant en défensive, sans à avoir à se départir d’un précieux choix de première ronde ou d’un espoir comme Michael Hage ou Alexander Zharovsky. Même que le tout permettrait peut-être à Hughes de mettre la main sur un atout supplémentaire explosif à l’attaque en vue des séries.

À l’exception de ce dossier, le CH n’est pas non plus à l’étape d’être une équipe prétendante à la coupe Stanley et il peut se permettre de miser sur son noyau actuel en vue des séries, toujours dans une optique de développement.

Cependant, si une belle occasion se présente à ce sujet et dans l’optique de donner une munition supplémentaire à son entraîneur-chef pour améliorer le sort du Tricolore en séries, Kent Hughes devrait songer à dénicher un défenseur droitier défensif et robuste pour son troisième duo de défenseurs. Jusqu’à maintenant cette saison, on a vu la Sainte-Flanelle éprouver des difficultés contre les équipes misant sur la robustesse dans leur plan de match.

S’il est robuste, Arber Xhekaj donne malheureusement des sueurs froides quand on pense à son travail défensif, ce qui a notamment incité Martin St-Louis à l’envoyer qu’environ 5 minutes sur la glace lors de son dernier match avant la pause olympique. Quant à Jayden Struble, son manque de constance l’empêche d’être une solution pérenne.

Un Super Bowl en jeu d’échecs

Dans un autre ordre d’idées, votre humble divinateur a désigné pour une deuxième année consécutive l’équipe championne du Super Bowl.

On repassera pour la qualité du spectacle offensif auquel nous avaient notamment habitués les Chiefs de Kansas City au cours des dernières années, mais les Seahawks de Seattle ont maîtrisé à la perfection l’échiquier au cours de cette soixantième finale des séries de la NFL.

La défensive de Seattle a été intraitable et a profité de l’inexpérience de plusieurs partants en offensive des Patriots. De plus, les unités spéciales de l’équipe de la côte ouest américaine ont dominé la bataille du positionnement du terrain, empêchant la Nouvelle-Angleterre d’amorcer ses séquences à l’attaque à une position plus facile que le fond du terrain.

Chapeau donc aux Seahawks! Quant aux Patriots, je crois que ce n’est que partie remise, le temps que la formation de Boston acquière une maturité qui a déjà fait un bond de géant avec cette participation au Super Bowl LX.

Cette chronique fait partie de notre section Opinions, qui favorise une pluralité d'idées. Elle reflète l'opinion de son auteur, pas celle du Journal de Lévis/Peuple Lotbinière.

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