mardi 7 avril 2026
Votre Journal. Votre allié local.
Le DG d'estrade

Les ressuscités

Les + lus

07 avr. 2026 01:57

Comme Jésus sortant du tombeau trois jours après sa crucifixion, plusieurs équipes de la Ligue nationale de hockey ont décidé de donner de nouvelles chances à de vieux routiers du circuit qui étaient au chômage depuis un certain temps.

Par Érick Deschênes

 Alors qu’il ne reste que deux semaines avant le début des séries éliminatoires dans la LNH, rappelons que les Golden Knights de Las Vegas ont mis fin à leur association avec Bruce Cassidy, l’entraîneur-chef en place depuis trois ans qui a permis aux représentants de la ville du jeu de remporter leur seule coupe Stanley de leur histoire en 2023.

Le tout malgré que les Golden Knights est encore une fois l’une des meilleures formations dans la conférence Ouest du circuit Bettman. Pour servir l’électrochoc estimé nécessaire à leur équipe, les architectes de la troupe de Las Vegas se sont tournés vers John Tortorella. Tel un chat à neuf vies, ce pilote détesté par plusieurs joueurs dans la LNH en raison de ses méthodes de motivation dignes d’une autre époque a encore une fois pu dénicher un poste dans la grande ligue.

Une décision qui a également inspiré les Islanders de New York qui ont coupé les ponts en fin de semaine avec Patrick Roy. Malgré que l’idole de Québec ait amené des résultats intéressants pour les Insulaires malgré la qualité plutôt moyenne de son effectif, son message ne semblait plus passer dans sa chambre et Mathieu Darche, le directeur général des Islanders, s’est tourné vers Peter DeBoer, le meilleur entraîneur-chef d’expérience disponible sur le marché.

Enfin, côté directeurs généraux, les Maple Leafs ont enfin mis fin à la terrible expérience Brad Treliving comme constructeur de leur formation. Encore une fois éliminés des séries, les Devils du New Jersey ont aussi décidé de prendre des chemins différents avec leur désormais ancien directeur général, Tom Fitzgerald.

Dans un milieu aussi compétitif que le sport professionnel, les dirigeants et propriétaires ont bien le droit de se tourner vers de nouvelles voix ou cerveaux pour faire gagner et construire leur équipe. Mais ce qui me désole encore, c’est que les équipes du circuit Bettman font de nouveau preuve de conservatisme et se tourne de nouveau vers des «valeurs sûres», ne faisant pas preuve d’audace.

Côté directeur-gérant, les Maple Leafs auraient dans leur viseur Doug Amstrong (l’actuel DG des Blues de Saint-Louis), Mark Hunter (un ancien de l’organisation qui dirige les destinées des Knights de London dans la Ligue junior de l’Ontario avec son frère Dale), Marc Bergevin (ancien DG des Canadiens de Montréal) ou même John Chayka.

Toujours suspendu par la LNH pour avoir tenté de devenir le DG des Devils du New Jersey alors qu’il était toujours l’architecte des Coyotes de l’Arizona, Chayka est reconnu pour avoir été le plus jeune DG de l’histoire d’une équipe de la LNH à 26 ans, mais aussi pour ses décisions bizarroïdes justifiées uniquement par les statistiques avancées qui ont fait régresser les défunts Coyotes.

J’espère que les Maple Leafs feront preuve d’audace et donneront sa chance à l’un des «jeunes» directeurs généraux adjoints dans le circuit Bettman ou dans la Ligue américaine. Sinon, Toronto peut aussi briser un plafond de verre en confiant la construction de l’équipe à Hayley Wickenheiser, l’ancienne joueuse étoile de l’équipe de hockey canadienne féminine qui évolue dans l’état-major de la formation de la Ville-Reine depuis quelques années.

Je comprends qu’on ne veut pas confier les destinées d’une équipe de la LNH à un entraîneur recrue à quelques matchs des séries, mais il est dommage encore une fois que des équipes du circuit ne soient pas tournées vers des entraîneurs prometteurs, comme Joël Bouchard (club-école du Lightning de Tampa Bay), Pascal Vincent (club-école du Canadien), Manny Malhotra (club-école des Canucks) ou David Carle (jeune entraîneur américain qui multiplie les succès avec l’Université de Denver dans la NCAA).

Au cours des dernières années, on a pu voir que de nouvelles voix peuvent être rafraîchissantes et inspirantes, comme le démontre notamment Martin St-Louis à la barre du Tricolore.

Performer au bon moment

D’ailleurs, pour poursuivre mes comparaisons bibliques, quel changement de cap, digne d’une résurrection, a opéré le Canadien de Montréal au cours de sa séquence de huit victoires consécutives. Les gardiens gardent dans le coup la Sainte-Flanelle à chaque match, la défensive a été resserrée et l’offensive continue de rouler à un rythme d’enfer.

J’espère que le match de dimanche contre les Devils n’est qu’une anomalie dans cette fin de saison et que le dépassement de plusieurs plateaux espérés par plusieurs joueurs des Canadiens, dont celui du 50e but de Cole Caufield, ne briseront pas l’erre d’aller provoquée par les 8 victoires consécutives.

Assuré de participer pour une deuxième année consécutive aux séries, cet élan pourrait amener le Bleu blanc rouge à provoquer bien des surprises lors de la «vraie saison».

Cette chronique fait partie de notre section Opinions, qui favorise une pluralité d'idées. Elle reflète l'opinion de son auteur, pas celle du Journal de Lévis/Peuple Lotbinière.

Les + lus