Par Érick Deschênes
Après avoir démarré la dernière semaine sur les chapeaux de roue en signant deux victoires en deux jours face à ses grands rivaux de Toronto et d’Ottawa, les Canadiens n’ont pu profiter de l’avantage du Centre Bell pour poursuivre sur cette lancée et ont dû s’avouer vaincus coup sur coup face aux affamés Sharks de San Jose et Ducks d’Anaheim.
Dans les quatre matchs, le CH a été dans le coup pendant toutes les rencontres. Eh oui, Jacob Fowler a été magistral dans la victoire signée mercredi soir à Ottawa. Mais pourquoi le jeune cerbère américain a dû multiplier les arrêts acrobatiques pour préserver les chances de gain de son équipe?
Parce que depuis le début de la saison, le Bleu blanc rouge n’a pas su trouver les bonnes ressources ou les solutions pour mettre fin aux inquiétants problèmes vécus en défensive.
Le Canadien a l’une des pires unités de désavantage numérique de la Ligue nationale de hockey cette saison, alors qu’il s’agissait de l’une de ses forces l’année dernière. Des problèmes qui semblent également se répercuter par les temps qui courent sur l’unité désignée pour éteindre les attaques adverses lorsque les adversaires du Tricolore enlèvent leur gardien au profit d’un sixième patineur afin de créer l’égalité en fin de match.
Et en deuxième moitié de saison, alors que le jeu devient de plus en plus physique en vue des séries, la brigade défensive des Canadiens semble également éprouver bien des difficultés face aux coups d’épaule.
La démonstration la plus flagrante a été le but vainqueur des Ducks dimanche soir en toute fin de match. Alors que les deux équipes s’en allaient tranquillement vers la prolongation, un revirement en zone défensive provoquée par une bonne pression des Ducks a mené vers le but de Cutter Gauthier, qui s’est retrouvé seul devant Jacob Fowler.
Le jeune gardien américain n’a pu cette fois réaliser de miracle, étant déjoué pour une cinquième fois par un tir entre les jambières (le fameux five-hole) sur 32 buts accordés cette saison, une tendance inquiétante.
Que ce soit Jakub Dobeš, Samuel Montambeault ou Jacob Fowler, aucun gardien ne peut corriger de mauvaises habitudes défensives ou de gestion du match de la part de ses coéquipiers.
En adoration devant Jacob Fowler, l’état-major du Tricolore a vraisemblablement décidé de mettre fin à sa période d’apprentissage dans la Ligue américaine de hockey et de lui dérouler le tapis rouge vers la porte de gardien numéro un de l’équipe dans la Ligue nationale de hockey.
Une fin d’association assez ordinaire entre la Sainte-Flanelle et Samuel Montembault se dessine, alors qu’il a été l’un des principaux artisans des succès de l’équipe l’an dernier. En plus d’une évaluation discutable de certains aspects de leur formation, les grands bonzes du club montréalais ne semblent pas prendre en considération que les gardiens dans le circuit Bettman éprouvent davantage de difficultés cette saison, les attaquants étant meilleurs plus que jamais dans une ligue de plus en plus paritaire.
Je l'admet, cher lecteur, je vais te proposer une comparaison entre des pommes vertes et des pommes rouges. Mais en 2024-2025, 31 gardiens qui avaient disputé plus de 21 matchs dans la saison avaient une moyenne d’efficacité de plus de ,900 et 42 cerbères répondant à ce critère de matchs joués avaient une moyenne de buts accordés de moins de 3. Cette saison, au moment d’écrire ces lignes, une diminution du nombre de gardiens dans ces clubs sélects était enregistrée, avec respectivement 26 (moyenne d’efficacité de plus de ,900) et 37 cerbères (moyenne de buts accordés de moins de 3).
Si Martin St-Louis ne peut compter sur l’arrivée de David Reinbacher pour brasser les cartes dans sa brigade défensive, espérons-donc que Jakub Dobeš et Jacob Fowler pourront poursuivre bientôt la tradition des gardiens du Canadien qui multiplient les miracles, dans la lignée des Patrick Roy, José Théodore, Jaroslav Halak ou Carey Price.
Sinon, comme je le crains depuis un certain temps, le parcours en 2025-2026 du Tricolore pourrait prendre fin abruptement.
Que ce soit avec la séquence actuelle, une non-qualification aux séries ou un nouveau passage rapide en séries, j’espère que l’état-major du Bleu blanc rouge a déjà pris des notes et concocté un plan pour corriger les lacunes. Une équipe dans la LNH ne peut connaître des succès uniquement une attaque explosive.
Cette chronique fait partie de notre section Opinions, qui favorise une pluralité d'idées. Elle reflète l'opinion de son auteur, pas celle du Journal de Lévis/Peuple Lotbinière.