jeudi 21 mai 2026
Votre Journal. Votre allié local.
Chronique historique

Le caboteur Sainte-Croix

Les + lus

20 mai 2026 08:45

Les anciennes seigneuries de Lotbinière ont un riche passé maritime en raison du fait que le territoire de cinq d’entre elles est délimité par le fleuve Saint-Laurent. Ce mois-ci, nous allons nous intéresser à l’histoire du caboteur Sainte-Croix.

Le texte suivant est extrait d’un article écrit par Mélanie St-Jean, paru dans le bulletin de liaison d’avril 2016 de patrimoine et histoire des seigneuries de Lotbinière.

Ferdinand Boisvert (1843-1924), fils de cultivateur et natif de Sainte-Croix, épouse Philomène Bouchard le 17 février 1861. Au recensement de 1871, il est navigateur. Le couple aura neuf enfants, dont six garçons et trois filles. En 1880, il commence la construction du caboteur Sainte-Croix avec les frères Lagacé sur la grève dans le haut de la paroisse de Saint-Nicolas. Le vapeur mesure 128 pieds de longueur sur 28 pieds de largeur avec un tonnage de 363 tonnes. Il est en service dès 1883, et fait du cabotage entre Sainte-Croix et Québec, s’arrêtant à Saint-Antoine-de-Tilly, Neuville et Saint-Nicolas, et ce, deux fois par semaine. Le prix est de 50 cents par passager pour l'aller-retour.

Le caboteur Sainte-Croix. Photo : Courtoisie - Patrimoine et Histoire des Seigneuries de Lotbinière

La route maritime est la seule voie de communication et de transport pour les habitants du littoral. Avec le caboteur, ils ont le privilège d’apporter au marché de Québec les divers produits de leur ferme, ainsi que leurs animaux pour la vente. Les maisons de gros de la ville expédient sur ce même vapeur, les marchandises destinées aux marchands des villages côtiers.

Ferdinand Boisvert assure la navigation du Sainte-Croix pendant quelques années, mais, rapidement, Émile, son troisième enfant né en 1872, prend la relève dès le début de sa vingtaine en tant que capitaine du navire; tâche qu’il assumera pendant plus de 35 ans.

Le souvenir du Sainte-Croix est demeuré présent dans la mémoire des gens, non pas à cause des liaisons commerciales, mais à cause des pèlerinages que le capitaine Boisvert organisait. Il y avait entre 25 et 30 pèlerinages à Sainte-Anne-de-Beaupré chaque été.

Le Sainte-Croix longeait la côte et faisait escale brièvement à Saint-Romuald, Saint-David, Lauzon et Saint-Michel pour y embarquer les pèlerins.

Le nombre approximatif de pèlerins à avoir été transporté au Sanctuaire en 42 ans d’activités du navire se chiffre à près de 250 000. Le capitaine Boisvert n’a jamais voulu assurer son bateau, il disait : « Sainte Anne et les âmes du purgatoire sont mes assurances. » Il payait ses « primes » à chaque pèlerinage avec la «grand’messe».

Avec le pavage des routes dans les années 20, les gens laissent de plus en plus la voie maritime. Le bateau est vendu en 1925 et la machinerie est transbordée dans un autre navire. La carcasse est démolie à Lévis autour de 1928.

En 2016, la municipalité de Sainte-Croix compte deux maquettes représentant ce caboteur. L’une d’elles est exposée dans la nef de l’église sous la tribune du transept ouest. L’autre maquette, fabriquée par Alfred Baron qui a probablement travaillé à bord du Sainte-Croix plusieurs années, est exposée dans l’Hôtel de Ville.

 

Les + lus