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Lettre ouverte

Stratégie nationale de prévention en santé : passons aux prochaines étapes!

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Photo : Courtoisie

29 août 2025 10:49

Il n’y a aucun intérêt à critiquer les grandes orientations ni les mesures spécifiques mises de l’avant lors du dévoilement, il y a quelques jours, de la Stratégie nationale de prévention en santé 2025-2035. Elle a d’ailleurs été plutôt bien reçue par un ensemble d’acteurs importants de notre société. Cela dit, va-t-elle assez loin? Identifie-t-elle toutes les opportunités permettant de concrétiser l’idée de la prévention en santé? Du côté des chiropraticiens, nous misons sur les prochaines étapes, préannoncées dans la Politique elle-même.

Note de la rédaction : Le Journal de Lévis n'endosse aucune opinion qui est partagée dans les lettres d'opinion ou ouvertes publiées dans notre section Opinions. Les opinions qui sont exprimées dans ce texte sont celles des auteurs signataires. 

Un chiropraticien est un professionnel de la santé, détenant un doctorat reconnu, avec une expertise dans le domaine neuromusculosquelettique. Le concept même de la prévention est au cœur de notre pratique quotidienne, autant sur le plan diagnostique que pour les traitements offerts ou les conseils prodigués en matière d’habitudes de vie, d’exercice et d’ergonomie. En ce sens, notre profession adhère totalement à l’idée mise de l’avant par cette politique qu'une large part des problèmes de santé pourraient être évités avec des actions préventives; nous en faisons à tous les jours en clinique! 

Les grandes orientations qui découlent de ce principe sont aussi cohérentes, dont réduire le fardeau des maladies évitables et faire de la prévention une certaine forme de projet de société, toutes générations confondues; incluant un changement culturel conséquent dans notre manière de concevoir les soins et les services. Il en va de même pour les mesures spécifiques annoncées, notamment concernant les maladies chroniques, le tabagisme et l’activité physique.

Cela étant dit, cette politique est-elle parfaite? Couvre-t-elle tout le champ des possibles? Évidemment que non, toute politique est perfectible. D’ailleurs, le gouvernement prévoit lui-même annoncer un plan de mise en œuvre afin d’ajouter des mesures concrètes pour appuyer la progression vers ses ambitions. En ce sens, un réalignement ciblé sur un sujet précis, mais n’entachant pas l’intégrité de la politique elle-même, nous semblerait important pour contribuer à l’atteinte des objectifs.

L’orientation explicite de réduction du fardeau des maladies évitables inclut, dans la politique dévoilée, l’idée de rendre des interventions cliniques préventives plus accessibles pour la population. Or, sans en réduire l’importance, il n’y a pas que les maladies comme le cancer, le diabète ou l’hypertension qui ont des conséquences importantes sur l’état de santé de la population, directement ou en comorbidité. Plusieurs problèmes de santé, en apparence moins urgents, comme des névralgies, des céphalées ou des lombalgies, entraînent des conséquences durables sur la santé de la population, sur la propension à adopter un mode de vie plus sain de manière générale et sur la santé mentale. Cela va parfois jusqu’à compromettre la capacité à occuper un emploi.

En ce sens, nous recommandons au gouvernement, pour la prochaine étape, d’élargir son objectif de réduction du fardeau des «maladies évitables» pour inclure de manière plus générale les «problèmes de santé évitables». Cela permettrait notamment d’inclure l’expertise des chiropraticiens parmi les interventions cliniques préventives contribuant à l’amélioration de la santé de la population. Ultimement, tous y gagneraient.

Cette recommandation, d’inclure plus largement les problèmes de santé, est directement dans l’esprit de la politique et demeure aussi en cohérence avec l’atmosphère de partenariat que celle-ci veut promouvoir, à l’intérieur comme à l’extérieur du réseau public de santé et des services sociaux.

Les chiropraticiens attendront donc avec impatience le plan de mise en œuvre de cette grande politique, dans l’espoir de pouvoir contribuer dans une plus grande mesure au maintien et à l’amélioration de la santé de la population.

Par Dr Guillaume Corbin, chiropraticien et président de l’Association des chiropraticiens du Québec (ACQ)

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