Note de la rédaction : Le Journal de Lévis/Le Peuple Lotbinière n'endosse aucune opinion qui est partagée dans les lettres d'opinion ou ouvertes publiées dans notre section Opinions. Les opinions qui sont exprimées dans ce texte sont celles des auteurs signataires.
En 1971, la Commission Castonguay-Nepveu mentionnait dans son rapport que les personnes en situation de handicap n’étaient pas considérées « comme des citoyens à part entière ». En 1985, l’Office des personnes handicapées du Québec rappelait dans À part… égale que les personnes en situation de handicap subissaient « des injustices graves » et qu’un « effort de rattrapage intense [devait] être réalisé ». Dans la même veine, une déclaration du Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies dénonçait en 2007 le fait que ces mêmes personnes demeuraient l’un des groupes de population les plus défavorisés et marginalisés de la société. Une analyse de la situation au Canada par la Rapporteuse spéciale sur les droits des personnes handicapées dressait le même constat en 2019.
Ces derniers mois, notre organisme, Moelle épinière et motricité Québec (MÉMO-Qc), a invité les partis en lice aux élections québécoises à présenter leur plateforme électorale dans le cadre des Journées québécoises des lésions médullaires (JQLM), une activité très prisée par la communauté des personnes en situation de handicap. Un seul parti a répondu présent à l’invitation. C’est triste, d’autant plus que nous savons ne pas être le seul organisme du milieu à avoir essuyer ces refus.
Depuis plus de 50 ans, les interventions publiques des organismes communautaires, des instances publiques et des organisations internationales disent donc une seule et même chose : un grand nombre de personnes qui nous entourent font face à de nombreux et difficiles obstacles qui entravent leur autonomie et transforment leurs incapacités en situation de handicap. Les rapports, mémoires et avis qui font état d’une situation de discrimination systémique s’empilent, sans recevoir de réponses à la hauteur des défis qui sont nommés.
Il n’est plus possible de plaider l’ignorance; il faut dénoncer une indifférence éhontée, voire un mépris de la classe politique en ce qui concerne les droits fondamentaux des personnes en situation de handicap. Pire encore, la totalité des partis en position de gouverner proposent une réduction de la taille de l’État, lequel, pourtant, devrait être reconnu comme le seul garant de ces droits. L’inquiétude ne peut être plus grande du côté des personnes en situation de handicap car la société québécoise suit un mouvement global de perte de solidarité. Si la perspective de faire des gains s’efface, il reste à se mobiliser pour conserver des acquis en danger. C’est pourquoi nous enjoignons la société civile à se serrer les coudes et à préparer la riposte face à toutes les attaques qui ne font que commencer.
Martin Blanchard, organisateur communautaire, Moelle épinière et motricité Québec (MEMO-Qc), au nom de toute l'équipe de travail en défense de droits.