Parti conservateur du Québec
Lors d'un arrêt à Villeroy, dans le Centre-du-Québec, Éric Duhaime, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), et son porte-parole en matière d’économie et de finances publiques ainsi que candidat conservateur dans la région de Montréal, Adrien Pouliot, ont détaillé leur plan pour «exploiter responsablement» le gaz de schiste.
Les deux conservateurs arguent que l'extraction du gaz naturel de l'Utica permettrait de répondre aux besoins énergétiques du Québec en priorité tout en permettant l'exportation des surplus vers les marchés européens. 16 % des redevances iraient à l'État québécois tandis que 3 % d'entre elles seraient accordées aux propriétaires, municipalités et MRC.
Selon les estimations conservatrices, l'exploitation des réserves de gaz naturel du Québec permettrait à l'État québécois d'engranger 9,4 G$ de revenus sur 10 ans et l'industrie gazière soutiendrait, à plein régime, plus de 6 000 emplois. Pour leur part, les propriétaires, les municipalités et les MRC recevraient près de 1,4 G$ sur la durée de vie des puits, dans le cadre du régime d'extraction du gaz naturel désiré par les conservateurs.
MM. Duhaime et Pouliot ont aussi souligné que le feu vert donné par un gouvernement conservateur à l'extraction de gaz naturel au Québec constituerait le troisième jalon de son plan anti-tarifs américains, comme la majorité du gaz naturel consommé au Québec provient des États-Unis.
Plus tard dans la journée de lundi, Éric Duhaime a profité de son passage à Lac-Etchemin pour s'engager à «faire du maintien et du développement des services de proximité un dossier prioritaire». Le choix de Lac-Etchemin n'était pas anodin pour le chef conservateur, la principale localité de la MRC des Etchemins ayant subi plusieurs diminutions de services publics au cours des dernières années.
Québec solidaire
Québec solidaire (QS) a présenté son plan lundi «pour rebâtir une école publique forte et mettre fin à l'école à trois vitesses» ainsi que pour réduire le décrochage de moitié. Un gouvernement solidaire embaucherait 1 500 membres du personnel de soutien et 500 professionnels supplémentaires ainsi que «revaloriserait le travail de nos enseignantes et enseignants».
QS promet aussi de mettre fin à l'école à trois vitesses en créant un «réseau scolaire commun» qui intégrerait les écoles privées qui acceptent de cesser la sélection par les notes et les frais de scolarité en échange d'un financement en totalité par l'État. Un gouvernement solidaire mettrait progressivement fin au financement des écoles privées qui refuseraient quant à elles de se joindre au réseau commun. Les solidaires veulent également protéger les budgets des écoles pour assurer leur qualité, notamment en instaurant un «bouclier anti-austérité et en garantissant les budgets pour les achats de livres et les sorties scolaires».
QS estime que ces trois mesures nécessiteraient un investissement de 340 M$.
Parti libéral du Québec
De son côté, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, a présenté ses solutions pour s'attaquer à la crise du logement.
En misant notamment sur le préfabriqué, un gouvernement libéral aimerait que 100 000 nouveaux logements soient construits par année. Pour atteindre cet objectif ambitieux, les libéraux veulent aussi accélérer la délivrance des permis et autorisations, former davantage de travailleurs et permettre aux investisseurs immobiliers québécois de reporter le paiement de l'impôt sur les gains en capital lorsqu'ils réinvestissent dans la construction de nouveaux logements.
Coalition avenir Québec
En matinée, la première ministre sortante et cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, s'est engagée à permettre aux Québécois qui attendent de passer sous le bistouri depuis plus de six mois d'être redirigés vers une autre région dans le réseau public afin de subir la chirurgie attendue. Les usagers qui patientent depuis plus de neuf mois pour subir une chirurgie orthopédique ou plastique pourraient pour leur part être opérés dans une clinique privée sous un nouveau gouvernement caquiste, qui paierait leur facture.
Ces principes pour éviter que des patients poirotent sur les listes d'attente sont déjà en place, mais la promesse de Christine Fréchette permettrait de réduire les délais d'attente pour profiter de ces deux voies de sortie. Pour éviter que cet engagement provoque une dépense supplémentaire à l'État, la leader de l'équipe Fréchette aimerait que Santé Québec réduise ses frais administratifs afin que les mesures se concrétisent à coûts nuls.
En après-midi, Christine Fréchette a annoncé qu'un nouveau gouvernement caquiste hausserait le Supplément pour enfant handicapé de 50 $ par mois et le Supplément pour enfant handicapé nécessitant des soins exceptionnels de 100 $ par mois. Un investissement de 20 M$ sur 4 ans serait nécessaire par Québec pour donner ce coup de pouce supplémentaire aux familles admissibles.
Parti québécois
Lundi, le Parti québécois (PQ) a présenté son plan «pour faire un grand ménage dans le gaspillage et dans la bureaucratie». Le chef de la formation souverainiste, Paul St-Pierre Plamondon, estime que la série de mesures permettra des économies d'au minimum de 4,7 G$ dans le mandat d'un gouvernement péquiste.
À terme, le PQ propose de réduire de manière récurrente les coûts de rémunération dans le secteur public de 1,6 G$ annuellement, grâce à l'attrition, des réductions volontaires des heures travaillées, la mise en place d’incitatifs financiers pour des départs dans les secteurs qui ne donnent pas de services et une révision du ratio gestionnaires-employés.
Un gouvernement péquiste implanterait un Secrétariat à l'efficacité gouvernementale et à l’allègement réglementaire. Relevant du Conseil du trésor, ce nouvel organe aurai le mandat de faire la révision de tous les règlements, programmes, procédures et les normes gouvernementales.
Également, les organismes et ministères du gouvernement devraient évaluer à une date fixée la pertinence des règlements, politiques et programmes. Si leur maintien n'est pas motivé, ces derniers seraient «jetés aux poubelles». Le PQ promet également cette clause crépusculaire pour les normes et autres demandes faites aux entreprises.
Tous comme plusieurs de ses adversaires, la formation de PSPP veut recourir à l’intelligence artificielle pour que la machine de l'État gagne en efficacité.