Par Claudia Fortier - Courrier Frontenac - Collaboration spéciale
Renaud Labrecque du Parti conservateur du Québec (PCQ), Ludovic Beauregard du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles-Eugène Bergeron de Climat Québec (CQ), Jonathan Moreau du Parti québécois (PQ) et Roch Gamache de la Coalition avenir Québec – Équipe Christine Fréchette (CAQ) avaient accepté l’invitation pour l’occasion.
Après une brève introduction et quelques questions d’ordre général, quatre thématiques ont été abordées : l’économie régionale, l’environnement, l’immigration ainsi que le filet social et le coût de la vie. À noter que les questions avaient été remises aux candidats avant le débat. Les participants ont finalement été invités à expliquer leur vision du rôle de député dans la circonscription, avant de répondre à quelques questions du public.
Selon vous, quel est le rôle de l’État et répond-il actuellement à sa mission?
Pour Charles-Eugène Bergeron, il faut revenir à la base ainsi qu’à l’intérêt primordial des citoyens pour répondre aux besoins et aux aspirations de la population.
Selon Renaud Labrecque, le rôle de l’État est d’abord de gérer efficacement l’argent que les contribuables gagnent chèrement avant de penser à générer des revenus ou lancer des idées de grandeur.
Le rôle de l’État, d’après Roch Gamache, est dans un premier temps de protéger et de donner l’élan aux citoyens, puis de soutenir et de contribuer en intervenant au niveau des leviers économiques.
Pour Ludovic Beauregard, son rôle consiste d’abord à assurer la base : la sécurité, la santé, l’éducation et un filet social solide. Ensuite, faire confiance au monde et leur fournir les outils nécessaires.
Selon Jonathan Moreau, il s’agit d’offrir des services publics forts sans être trop interventionniste, tout en protégeant l’identité québécoise.
Quel est l’enjeu le plus important pour le Québec en ce moment?
Charles-Eugène Bergeron : « vivre selon nos moyens »
Jonathan Moreau : « la crise de nos services publics combinée à l’augmentation du coût de la vie »
Renaud Labrecque : « notre capacité d’obtenir davantage de résultats avec l’argent et les ressources qu’on a déjà »
Roch Gamache : « la sécurité économique des Québécois »
Ludovic Beauregard : « l’appauvrissement du Québec »
Quel est l’enjeu le plus important dans la circonscription de Lotbinière-Frontenac en ce moment?
Ludovic Beauregard : « la déconnexion avec Québec »
Jonathan Moreau : les enjeux économiques tels que « la revalorisation des résidus miniers »
Renaud Labrecque : « notre capacité à développer sans être constamment freinés par des règles qui appartiennent au Québec »
Roch Gamache : « réduire la bureaucratie et accroître l’efficacité de façon intelligente et pragmatique »
Charles-Eugène Bergeron : « remettre en place un train pour servir au transport du matériel lourd et de personnes »
Économie régionale
Quelle est votre lecture de la situation économique dans Lotbinière-Frontenac et que propose votre parti afin d’aider les entreprises à relever les nombreux défis?
Tout en démontrant une remarquable résilience économique, Jonathan Moreau a indiqué que la circonscription était frappée de plein fouet par la rareté de la main-d’œuvre, l’incertitude des tarifs américains et le vieillissement de la population. Le PQ veut couper dans les subventions corporatives pour baisser l’impôt de toutes les entreprises d’environ 20 %, tout en mettant en place des crédits d’impôt pour le repreneuriat.
Selon Ludovic Beauregard, les défis principaux sont la surréglementation, l’accès au financement, le manque de main-d’œuvre, des infrastructures qui limitent le développement et le contexte géopolitique nord-américain. La vision du PLQ est d’enlever les freins et soutenir les actifs stratégiques pour que le gouvernement devienne un facilitateur.
Roch Gamache a rappelé que la CAQ a réalisé 1,3 milliard $ d’investissements dans la circonscription lors des huit dernières années. Selon lui, il est essentiel de réunir les acteurs locaux pour avoir une voix forte et faire en sorte qu’elle ne soit pas en désavantage concurrentiel avec les autres régions du Québec.
Pour Renaud Labrecque, le problème est le gouvernement qui met des freins aux entrepreneurs. Dans un contexte d’incertitude avec les États-Unis, le PCQ veut commencer par agir sur ce que le Québec possède déjà, soit le contrôle sur sa propre réglementation : les barrières commerciales interprovinciales et la surréglementation.
Charles-Eugène Bergeron était d’accord avec la position du candidat conservateur. Le représentant de Climat Québec a aussi rappelé le besoin de vivre selon nos moyens.
Environnement
Quels enjeux environnementaux sont les plus préoccupants selon vous dans Lotbinière-Frontenac et quels moyens allez-vous prendre pour y remédier?
Pour Renaud Labrecque, il faut protéger l’eau potable, les cours d’eau, les terres agricoles et les milieux naturels. Cela ne doit cependant pas vouloir dire systématiquement mettre un frein à tout développement des municipalités et des entreprises.
Roch Gamache a dit qu’il est important de concilier le développement économique et la protection de l’environnement. Il a souligné que le gouvernement avait procédé à des allégements substantiels dans le processus environnemental et qu’il fallait poursuivre dans cette veine.
Ludovic Beauregard a indiqué qu’il y avait trois enjeux environnementaux majeurs dans la circonscription : l’ensablement des lacs, l’impact de la gestion des remblais amiantés ainsi que la captation et la séquestration de CO2. Son objectif est de soutenir les initiatives liées à ceux-ci.
Charles-Eugène Bergeron croit que la nature peut se guérir de bien des choses par elle-même et il faut mener la lutte aux changements climatiques sur des solutions fondées sur la nature et le vivant.
Selon Jonathan Moreau, il s’agit de protection des terres agricoles et des rivières ainsi que de la gestion responsable du passé industriel. Le dossier des résidus miniers est un enjeu majeur sur lequel il faut s’attarder en revalorisant cet actif tout en respectant l’environnement.
Immigration
Comment voyez-vous la situation et que vous engagez-vous à faire pour concilier les besoins de chacun?
Renaud Labrecque a affirmé qu’en immigration, il faut être capable de tenir deux idées en même temps : la capacité d’accueil et les besoins réels des régions. Selon lui, retirer les travailleurs étrangers massivement de la région ferait extrêmement mal à l’économie. Il défend toutefois une immigration mieux planifiée.
Jonathan Moreau a soutenu que la situation actuelle est le résultat direct du chaos des politiques de la CAQ. Tout en privilégiant la prévisibilité et la clarté, son parti veut réduire de manière responsable les volumes globaux tout en priorisant stratégiquement les besoins des régions.
Pour Charles-Eugène Bergeron, le Québec doit redevenir la meilleure terre d’accueil en Amérique du Nord.
Selon Ludovic Beauregard, il faut arrêter de présenter l’immigration comme une menace. La capacité d’accueil doit être planifiée régionalement. Faire porter à l’immigration la responsabilité des problèmes est trop facile puisque ceux-ci étaient prévisibles.
Roch Gamache a noté que les entreprises dépendent de l’immigration, mais en même temps il faut assurer un certain équilibre. C’est pourquoi la CAQ a établi une cible de 45 000 et souhaite répondre aux besoins des entreprises en ayant notamment rouvert le Programme de l’expérience québécoise.
Filet social et coût de la vie
Que proposez-vous pour aider les ménages de plus en plus nombreux à être menacés de tomber dans une précarité économique?
Pour Charles-Eugène Bergeron, la réponse à l’appauvrissement est l’entraide entre voisins, ce n’est pas de quêter les institutions. Il y a un soutien financier pour le covoiturage et la cohabitation pouvant abaisser énormément le coût pour se loger.
Roch Gamache a rappelé les actions de la CAQ au cours des derniers mois afin de soutenir la population face au coût de la vie telles que l’octroi d'un montant jusqu’à 200 $ aux personnes les plus vulnérables, l’abolition de la TVQ sur certains produits, la réduction du prix de l’immatriculation, le remboursement de la taxe de bienvenue chez les premiers acheteurs, etc.
Ludovic Beauregard croit que les organismes communautaires sont essentiels, qu’il faut leur faire confiance et les écouter pour qu’ils aient les moyens d’agir. Le PLQ a notamment proposé la construction de 40 000 logements sociaux et abordables sur cinq ans ainsi que 60 millions $ supplémentaires pour le filet social.
Jonathan Moreau a indiqué que le PQ propose d’investir 100 millions $ supplémentaires pour l’aide à la sécurité alimentaire. Il compte aussi bonifier le crédit d’impôt pour les retraités à faible revenu, accélérer la construction de logements sociaux, doubler le crédit d’impôt et le remboursement de la TVQ pour les premiers acheteurs ainsi que garantir un financement stable et global aux organismes.
Renaud Labrecque a soutenu que la première chose à faire pour les ménages est de leur permettre de conserver davantage d’argent dans leurs poches. Le PCQ propose la diminution de la taxe sur l’essence, réduire le fardeau fiscal pour laisser davantage d’argent sur chaque paye et faire diminuer la pression sur les logements et les taxes municipales en débloquant le développement freiné par la bureaucratie faisant exploser les prix de construction.
Comment voyez-vous le rôle de député au sein de votre parti et pourquoi feriez-vous un bon député pour Lotbinière-Frontenac?
Pour Jonathan Moreau, il s’agit d’être une voix forte pour la population à l’Assemblée nationale. Sa seule et unique boussole sera l’intérêt des citoyens, des familles et des gens d’affaires.
Selon Charles-Eugène Bergeron, le rôle du député est d’être le représentant de la population et non pas le colporteur des décisions prises au conseil des ministres.
Renaud Labrecque croit que le rôle d’un député est d’être l’employé des citoyens qu’il représente, pas de son parti. Selon lui, il serait un bon député puisqu’il ne provient pas de la machine politique.
Pour Roch Gamache, le député permet de regrouper les différentes parties prenantes et de faire les représentations nécessaires. Il a dit bien connaître les rouages de l’administration publique.
Selon Ludovic Beauregard, un député, c’est aussi un partenaire de son milieu et un facilitateur. Au sein de son parti, son rôle serait très clair : il serait d’abord l’employé des citoyens de Lotbinière-Frontenac.
Le débat sera intégralement disponible en ligne dès le 12 septembre sur https://nous.tv/thetford-mines.