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Renaud Labrecque veut s’attaquer à la lourdeur de l’État

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Photo: Gilles Boutin

23 sept. 2026 08:31

Le candidat du Parti conservateur du Québec (PCQ) dans la circonscription de Lotbinière-Frontenac, Renaud Labrecque, veut s’attaquer à la lourdeur de l’État et à la réglementation qui freine le développement s’il est élu député le 5 octobre.

Alors que la population de la MRC de Lotbinière est en croissance, le développement des municipalités est ralenti par une lourde réglementation et des délais dans l’obtention de certificats d’autorisation, par exemple. «Le plus gros frein à nos 18 municipalités, c’est le gouvernement du Québec.» Il plaide pour l’imposition de limites de temps aux ministères afin d’accélérer le développement.

«Le plus gros coup de pouce que je peux donner aux municipalités, c’est de réduire au maximum la réglementation. Puis, je dis à tous les conseils municipaux, tous les entrepreneurs, que mon rôle sera d’ouvrir les portes, pas de créer des projets», mentionne-t-il, rappelant qu’à titre de directeur général d’une municipalité, il est confronté à ce genre de frustration.

D’ailleurs, le candidat explique qu’il n’a pas une liste de projets qu’il souhaite réaliser dans la circonscription s’il est élu. Il se tourne plutôt vers les organisations et les municipalités qui connaissent leurs propres besoins.

«Ce sera les projets qu’ils ont déjà. Mon rôle sera de les porter et d’ouvrir des portes à l’Assemblée nationale pour qu’ils se réalisent. Ce n’est pas à moi de les imposer. Les municipalités, les entrepreneurs et les citoyens sont les mieux placés pour les identifier et je serai le porteur de ces dossiers pour que ça se concrétise.»

Il ajoute que les programmes devraient aussi être adaptés en fonction des régions. Ce qui fonctionne dans les grandes villes n’est pas adapté aux réalités des régions. Actuellement, pour réaliser un projet bénéficiant d’une aide gouvernementale, la Municipalité doit faire un règlement d’emprunt. Ce n’est qu’une fois le projet réalisé que la subvention est déposée.

«On paie des intérêts qu’on charge aux citoyens. Si le gouvernement, au moment où l’on signe le protocole d’entente, nous versait l’argent, on économiserait des centaines de milliers de dollars en intérêts.»

Subventions

Le PCQ, tout comme Renaud Labrecque, partage l’idée que le développement ne devrait pas se faire à coups de subventions. Les programmes et les subventions destinés aux infrastructures devraient servir à l’entretien de ce qui est déjà existant.

Une nouvelle structure vient nécessairement avec des coûts d’entretien, ce qui ne fait que gonfler la facture au bout de quelques années. «Nous avons déjà un problème d’entretien et de réhabilitation d’infrastructures. L’argent que l’on coupe de ces programmes, on le prend et on bonifie ceux qui visent à réparer.»

Économie

Dans le cadre de la crise tarifaire, Renaud Labrecque ne croit pas que d’accorder des prêts aux entreprises est la meilleure solution pour assurer leur pérennité. Certaines d’entre elles, note-t-il, n’ont pas encore remboursé les prêts accordés pendant la COVID-19.

«Ce qui leur permettra d’améliorer leur situation de façon pérenne, c’est d’enlever tous les bâtons dans les roues mis par le gouvernement, qui leur coûte des milliers ou des millions de dollars chaque année.» Parmi tous les obstacles au développement, il souligne, entre autres, les règles entourant la vente d’alcool et les barrières interprovinciales.

S’ajoutent aussi les règles en immigration. M. Labrecque affirme qu’il faut garder au Québec les travailleurs étrangers qui sont déjà ici. Il rappelle que ces derniers ont appris le français, sont intégrés, occupent des emplois et contribuent déjà à la société.

«Si nous renvoyons tous les travailleurs temporaires, ce sera 100 fois plus dommageable que les tarifs américains», a affirmé M. Labrecque. Il poursuit en rappelant que plusieurs entreprises dépendent de cette main-d’œuvre pour poursuivre leurs activités. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas avoir de débat sur l’immigration, mais sur ceux à venir, pas ceux qui sont déjà ici.

La question des gaz de schiste s’est invitée dans la campagne électorale. Toutefois, assure Renaud Labrecque, cela ne se fera pas au détriment des communautés. Il se réjouit de voir une certaine ouverture chez des élus de la région, mais croit que la population doit être consultée, notamment par voie de référendum.

«C’est une nécessité que des projets d’envergure soient réalisés en accord avec la population. Si la majorité dit oui, ce sera oui. Si elle dit non, ce sera non et on trouvera de nouvelles sources de revenus. Toutefois, on ne peut pas dire que le débat est clos parce qu’on en a parlé il y a 10 ans.»

Santé

Afin de pallier les problèmes d’accès aux soins de santé, le candidat estime qu’il faut revoir les plans régionaux d’effectifs médicaux qui prennent en compte, entre autres, la taille de la population. «On ne parle pas de machines. […] On ne peut pas se fier à la population, le territoire est trop grand. Ça prend des points de service, comme dans les années 1980-1990, où l’on retrouvait des médecins de famille à peu près à tous les trois villages.» Il estime que le gouvernement doit arrêter d’accorder les permis «à la miette».

De plus, il faut également que la région travaille sur son attractivité. «Il faut offrir plus de services parce que, souvent, ces personnes viennent avec une famille. C’est la réalité. Elles veulent avoir des écoles, des services de proximité pour ne pas avoir à faire de la route après leur journée de travail.»

Député d’opposition

Renaud Labrecque est réaliste. S’il est élu le 5 octobre, il ne sera pas membre du parti au pouvoir. Toutefois, il mentionne qu’un député d’opposition a son importance dans la joute politique.

«On l’a vu. Mme Lecours était dans un gouvernement majoritaire, mais rien n’a changé. Dans l’opposition, nous allons dénoncer et exposer des situations problématiques.»

Il souligne également qu’il ne sera pas uniquement dans la confrontation. «Il ne faut pas critiquer pour critiquer. Il faut amener des solutions concrètes.»

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