Charles-Eugène Bergeron (CEB), de Climat Québec (CQ), Ludovic Beauregard (LB), du Parti libéral du Québec (PLQ), Renaud Labrecque (RL), du Parti conservateur du Québec (PCQ), ainsi que Jonathan Moreau (JM) du Parti québécois (PQ) ont répondu à l’invitation qui leur a été faite.
L’ensemble des candidats avait été invité. Violette L’Écuyer, de Démocratie Directe (DD) et, la candidate de Québec solidaire (QS), Élisabeth St-Aubin, n’ont pu être présentes. Du côté du candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ), Roch Gamache, il a décliné l'invitation. Ce dernier avait un conflit d'horaire en raison de ses obligations sur la campagne nationale, soit le débat des chefs de Noovo qui avait lieu le même jour.
Assemblée publique
Contrairement à la formule d’un débat traditionnel, celui du 16 septembre a pris la forme d’une assemblée publique. Les candidats ont répondu à des questions formulées par des étudiants et des citoyens présents, dont certains ont fait la route depuis le secteur Frontenac.
Après les présentations d’usage de chacun des candidats, ils ont été invités à nommer ce qu’ils considéraient comme étant l’enjeu le plus important pour la région de Lotbinière. Pour Renaud Labrecque, il s’agit de l’explosion démographique des prochaines années ainsi que la mobilité. Ludovic Beauregard a mentionné la gestion de la croissance ainsi que les enjeux qui y seront liés. Jonathan Moreau a parlé du coût de la vie et de la santé. Charles-Eugène Bergeron a plaidé pour un meilleur accès aux services de base.
Ils ont aussi été invités à présenter ce qu’ils proposaient pour la jeunesse. Ludovic Beauregard a abordé la promesse de faire des états généraux en éducation, simplifier l’aide aux études, payer les stages dans les réseaux publics, investir dans les infrastructures de sports et le logement abordable.
Pour Charles-Eugène Bergeron, il parle d’un service civil obligatoire afin que les jeunes puissent se sentir utile, accumuler de l’expérience de travail dans différents secteurs et qu’ils découvrent leurs passions.
Renaud Labrecque a énuméré plusieurs propositions qui aideront les jeunes. Il parle du logement, en donnant plus de latitudes aux municipalités. Il veut soutenir les jeunes à la recherche d’emploi ou qui souhaitent se lancer en affaires dans la région en réduisant la paperasse et il veut travailler à conserver les services de proximité afin d’être attractif pour les jeunes et les familles.
Enfin, Jonathan Moreau appuiera l’expansion du Campus de Lotbinière et veut élargir l’offre de programmes et le développement du transport collectif. Il rappelle que le PQ propose un grand chantier de réflexion en éducation. Il parle de mieux financer les organismes qui viennent en aide aux jeunes.
La parole aux citoyens
Ce texte présente quelques-unes des questions et leurs réponses données par les candidats.
Plusieurs étudiantes se sont présentées au micro pour poser des questions. Photo: Gilles Boutin
Selon vous, une société qui compte de plus en plus de jeunes qui font face à des problématiques de santé mentale ne manque-t-elle pas à son propre devoir moral d’aider les plus vulnérables. Votre parti est-il prêt à effectuer les changements nécessaires afin d’améliorer cette situation de crise ?
JM : Il y a plusieurs organismes qui viennent en aide aux jeunes. Il faut leur donner un meilleur financement, diminuer la réglementation qui les contraint à passer du temps à faire des redditions de compte au lieu d’aider les jeunes sur le terrain. Il faut redéployer les ressources en santé, incluant la santé mentale. […] Il faut permettre à nos coops de santé et au CLSC d’offrir des services aux jeunes qui ont des besoins. On pense aux médecins, mais il y a d’autres professionnels de la santé qui sont capables d’offrir des services à nos jeunes.
Jonathan Moreau, Parti québécois. Photo: Gilles Boutin
LB : Le parti fera des états généraux. Puis, c’est central la santé mentale chez les jeunes. À titre personnel, de futur député et de candidat, j’ai signé l’engagement moral avec Le Communautaire est à boutte. […] En tant que futur député et en tant que parti, nous sommes au courant de cet enjeu et nous agirons.
RL : Il faut arrêter de centraliser l’aide pour les jeunes et les moins jeunes. Nous ne sommes pas Montréal ni Québec.
CEB : En trame de fond, il y a toute l’anxiété sourde qu’il y a dans la société, c’est la crise climatique. Nous, on essaie d’amener les gens à l’attaquer de front.
Si votre parti forme le prochain gouvernement, quelles seront les mesures concrètes et prioritaires pour améliorer l’accès aux services de santé et de services sociaux dans notre circonscription ?
CEB : CLSC, CLSC, CLSC. Cela fait 20 ans qu’on saigne le réseau des CLSC. Il faut des antennes dans tous les villages s’il le faut. Un dollar en prévention, c’est quatre dollars en curatif. Les CLSC ont été fondés pour la prévention. Il faut que la communauté locale s'implique bénévolement dans la bonne gestion du CLSC.
Charles-Eugène Bergeron, Climat Québec.
JM : L’objectif du Parti québécois c’est de diminuer de 50 % l’itinérance. Pour ça, il faut avoir les budgets, il faut ouvrir des centres, aider ces personnes à se relocaliser. De plus, il faut aider le soutien à domicile. Le PQ propose d’augmenter de 50% le budget du soutien à domicile. La meilleure maison des aînés, c’est la maison de l’aîné.
LB : Le PLQ a des mesures en lien avec les aînés. On propose 700 M$ pour le soutien à domicile. Les organismes communautaires, on vous voit comme des partenaires. Vous êtes proche du milieu. On veut être à vos côtés avec 200 M$ pour financer votre mission. On a aussi l’adaptation à domicile pour garder les aînés chez eux. Nous avons 80 M$ supplémentaires pour faire des modifications dans les maisons. Nous nous occuperons aussi des RPA. Nous augmenterons aussi le soutien à l’itinérance.
RL : Je peux vous garantir que, peu importe la couleur des partis qui seront à l’Assemblée nationale, dans le volet communautaire, je vais travailler main dans la main avec eux plutôt que de m’opposer simplement parce que c’est une couleur différente de la mienne.
Est-ce que le gouvernement devrait augmenter le financement des refuges pour les personnes en situation d’itinérance ou en besoin, même si cela exige de réduire les dépenses dans d’autres services publics ?
JM : Je dirais oui, mais l’itinérance s’adresse différemment dans nos régions. […] Il faut aider les organismes qui sont capables de détecter l’itinérance cachée : la personne qui vit dans sa voiture ou celle qui vit dans une cabane dans le bois. Il faut les trouver et ce sont les organismes sur le terrain qui sont en mesure de le faire. Donc, oui aux refuges, mais aussi de l’aide aux organismes qui vont soutenir ces personnes.
LB : L’itinérance a un nouveau visage, il faut aussi agir en prévention, il ne faut pas attendre que les gens soient à la rue. Nous allons aussi prendre soin des jeunes qui sortent de la DPJ et qui sont négligés.
RL : Je préconise une approche en prévention. Oui, les centres et les refuges ont leur place, mais il faut travailler en amont de la problématique pour aider des organismes comme l’Oasis de Lotbinière, qui offre un excellent service. Ces endroits sauvent des vies.
CEB : Est-ce qu’il y aurait des familles, des personnes qui auraient besoin d’aide à la maison et qui accepteraient d’accueillir des personnes sans-abri ? Tout ça sans professionnaliser la chose. Encore une fois, je parle d’entraide. Comment le gouvernement pourrait-il soutenir l’entraide entre personnes de différentes conditions économiques et sociales ?
Ma question s’adresse au candidat du PCQ, trouvez-vous juste que plusieurs femmes victimes de violence conjugale ne soient pas capables d’avoir de place dans les centres d’aide ? Quelle est votre solution face à ce problème ?
RL : La réponse courte, c’est non. Pour avoir été dans le communautaire une partie de ma vie, c’est inacceptable que des filles ou des femmes qui ont de jeunes enfants aient de la difficulté à se trouver un appartement ou des centres pour les accompagner dans leur processus de réadaptation ou de réapprendre à s’aimer elle-même.
Renaud Labrecque, Parti conservateur du Québec. Photo: Gilles Boutin
JM : Les femmes ont beaucoup gagné dans la société, mais on dirait qu’on vit un certain ressac. Il faut que, comme société, on continue d’affirmer l’égalité hommes-femmes. C’est un défi constant, il faut être vigilant et la classe politique a un rôle à jouer là-dedans.
LB : De mon côté, c’est non négociable, je serai à vos côtés là-dessus. En parlant des femmes en politique, j’ai le beau jeu. Je suis devant, mais ma directrice de campagne qui est là, je ne peux rien faire sans elle.
CEB : Il arrive ici des gens qui viennent d’une autre culture et qui ont une idée très précise du rôle des femmes. C’est une question de deux ou trois générations avant d’intégrer ces familles. Ça prend énormément d’écoute et de compréhension. Je dirais aux Québécois avant de vous scandaliser, essayer de vous mettre à l’écoute, de communiquer avec eux. C’est une question de temps.
Que comptez-vous faire pour soutenir économiquement nos entreprises agricoles et les aider dans la poursuite de leur modernisation, dans leur lutte à la productivité et leur garantir une relève ?
LB : L’agriculture a trop longtemps été considérée comme une économie de second plan. Le parti et moi pensons qu’il s’agit d’un actif stratégique majeur au Québec. Nous voulons investir 560 M$ sur quatre ans et faire une réforme de la financière agricole. Nous avons aussi annoncé des coupons nourriciers destinés aux clientèles vulnérables et aux organismes pour qu’ils puissent s’approvisionner chez nos agriculteurs.
Ludovic Beauregard, Parti libéral du Québec. Photo: Gilles Boutin
RL : C’est de réduire la taxe sur l’essence qui est un élément essentiel. C’est aussi de vous laisser entreprendre, de cultiver vos champs, on réduit la paperasse ou le fardeau fiscal. On réduit la réglementation au niveau de la CPTAQ.
JM : Nous proposons aussi une réduction de la taxe sur l’essence. Le PQ veut revoir l’ensemble de la réglementation. La bureaucratie est beaucoup trop lourde. Ça fait perdre beaucoup de temps et d’argent. Je pense aussi à l’immigration. Nos agriculteurs ont besoin de prévisibilité. De savoir qu’ils peuvent rester plusieurs années permettrait de se concentrer sur les champs et de rentabiliser l’investissement.
CEB : Que diriez-vous si on vous payait pour fabriquer du sol, augmenter la matière organique des sols ? Que diriez-vous si les producteurs forestiers et acéricoles étaient payés pour produire de la forêt et augmenter la biodiversité ? Pour la CPTAQ, il y a certainement des manières de faire cohabiter plusieurs industries.
Pour réduire le décrochage scolaire, est-ce que votre parti est prêt à investir autant dans les ressources pour que les élèves aient accès à des aides pédagogiques ?
JM : Oui pour les aides pédagogiques, mais plusieurs éléments sont à prendre en compte. Il peut y avoir des curriculums adaptés, la valorisation de la formation professionnelle. Oui le gouvernement doit réinvestir en éducation et revoir le système.
RL : Le système d’éducation est à la base de la pyramide. C’est en priorité avant n’importe quelle dépense superflue qui est loin d’être prioritaire, par exemple les subventions aux voitures électriques.
LB : Absolument, notre chef prendra le dossier de la jeunesse sous sa responsabilité et il faut absolument faire des investissements en éducation.
CEB : Pourquoi pénaliser un jeune qui veut prendre un congé sabbatique. Pas pour rien faire, pas pour pitonner, mais pour qu’il puisse travailler et se sentir utile, que ce soit dans une entreprise, une usine ou une ferme.
Pour les candidats de chacun des partis, allez-vous demander un moratoire ou un BAPE générique sur le développement éolien au Québec ?
CEB : On appuie à 100 % le moratoire. C’est non en milieu habité.
JM : Contrairement au parti conservateur qui veut remettre l’exploitation des gaz de schiste à l’ordre du jour, nous voulons travailler avec les énergies renouvelables. L’éolien en fait partie, mais il faut faire attention où ce projet sera installé.
LB : C’est un sujet complexe. Le plus gros frein au Québec présentement, ce sont les mégawatts. Je suis pour un regroupement comme le Connectif des sommets. Je suis une personne sensible à ce que les citoyens vivent, mais je suis également sensible au développement économique. Il faut faire les choses correctement.
RL : Le PCQ est ouvert à regarder la possibilité d’utiliser le gaz de schiste, mais ça ne se fera pas au détriment de la population, des élus et de ceux qui seront directement ou indirectement touchés. On rouvre une discussion, ce n’est pas de relancer le projet. C’est au même titre pour les éoliennes, tout doit se faire dans la transparence, qu’il y ait une acceptabilité sociale et que ce soit fait de façon saine et équitable pour les gens qui seront directement touchés.
À la fin du temps prévu pour l’assemblée, plusieurs personnes n’avaient toujours pas pu poser leur question. Ces dernières ont été invitées à les poser en rafale. Chaque candidat a, par la suite, choisi une question à laquelle il souhaitait répondre. Pour les autres questions, certains candidats ont invité les citoyens à leur envoyer par courriel.
Charles-Eugène Bergeron (CQ), Jonathan Moreau (PQ), Ludovic Beauregard (PLQ) et Renaud Labrecque (PCQ). Photo: Gilles Boutin
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