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Agriculture

Une famille agricole pas comme les autres

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Photos: Courtoisie

03 janv. 2024 08:50

Les Dion-Marquis ne sont pas nés les deux pieds dans l’agriculture. Pourtant, les enfants d’André Marquis et d’Émilienne Dion ont embrassé la vie agricole, certains devenant même producteurs laitiers. Ce rayonnement a attiré l’attention de la Fondation de la famille agricole qui lui a décerné le titre de Famille agricole de l’année 2023.

«C’est très significatif. C’est un honneur assez impressionnant pour nous et atypique parce que les lauréats sont normalement issus des nombreuses générations qui les ont précédées. Nous sommes vraiment une première génération avec une relève. Une relève féminine», a souligné le propriétaire de la ferme Lorka, de Sainte-Croix, Carl Marquis.

Ses parents, André et Émilienne, avaient tout de même un pied dans le monde agricole en étant propriétaires d’une épicerie-boucherie et de leur élevage de bovins, à La Durantaye. Mais c’est au contact de ses oncles maternels que la flamme s’est allumée pour l’aîné, Carl Marquis.

«Les seuls antécédents agricoles qu’on a sont du côté de ma mère. J’ai travaillé chez ses frères de 5 ans à 18 ans. J’y ai passé mes étés et mes hivers. C’est là que j’ai développé une passion pour l’agriculture», a raconté M. Marquis, qui lui aussi a été une bougie d’allumage pour ses frères.

Après ses études à l’Institut des technologies agroalimentaires (ITA) de La Pocatière, en 1983, Carl Marquis, 19 ans, souhaitait devenir son propre patron avec sa ferme. Les taux d’intérêt de plus de 20 % l’empêchaient d’obtenir un prêt. Avec l’aide financière de son père, il a réussi à acheter une ferme abandonnée à Sainte-Croix, le village natal de sa conjointe. Parti de rien, son père et ses plus jeunes frères sont venus l’aider les fins de semaine pour faire grandir l’entreprise.

«Plus vieux, Simon, Bernard et Nicolas passaient leurs étés à travailler à la ferme et ont développé la même passion jusqu’à en faire carrière.»

Aujourd’hui, Simon est aussi producteur laitier à Saint-Charles-de-Bellechasse et propriétaire de la ferme Sika. Comme son frère, il est parti de zéro en achetant une ancienne ferme laitière du rang Nord-Est.

Pour sa part, Bernard est agronome et travaille dans le secteur coopératif depuis 29 ans. Il est vice-président principal des projets stratégiques pour la direction de Sollio groupe Coopératif. Nicolas est une sommité dans son domaine, spécialisé dans l’alimentation et la gestion, il est expert-conseil en production laitière et travaille en stratégie d’affaires chez Sollio Agriculture. Aussi, il donne des conférences partout au Québec. Carl est également conférencier et s’implique dans différentes organisations. Ensemble, les quatre frères, qui habitent dans des régions différentes, font rayonner la famille autant au Québec qu’au Canada et à l’international.

«Partir en production laitière, c’est extrêmement difficile pour quelqu’un qui ne le reçoit pas de ses parents. Dans le cas de Carl et Simon, les deux ont démarré une entreprise laitière non apparentée. […] Quelqu’un m’a déjà dit à propos de Carl qu’il a une entreprise qu’on voit habituellement après trois ou quatre générations. Le chemin parcouru est phénoménal et il l’a fait en famille», a renchéri Bernard Marquis.

Il ajoute qu’en plus d’avoir monté leurs entreprises à partir de rien, ses frères ont réussi à se démarquer au niveau de la production en remportant plusieurs prix et distinctions au fil des années.

Une aide précieuse

Pour les frères Carl et Simon, avoir des membres de la famille qui ont des professions liées à l’agriculture leur procure un coup de pouce supplémentaire.

«Ils sont toujours des repères, on les consulte souvent. Je pense à Nicolas qui fait notre alimentation. Il parle à mes filles pratiquement tous les jours. Il fait un suivi assez serré de l’alimentation, de la gestion, de l’efficacité et de la rentabilité de l’alimentation», a soutenu Carl Marquis.

Quant aux sœurs Marquis et autres membres de la famille qui n’ont pas adopté la carrière agricole, ils en sont de grands défenseurs. «Ils nous voient aller et amènent à travers la société et les gens qu’ils fréquentent une vision positive de ce qu’on fait et de l’agriculture. Ils sont des véhicules de vérité. Ils sont capables de remettre les pendules à l’heure et c’est précieux», a rajouté Carl Marquis.

La relève

La piqûre de l’agriculture s’est même transmise à la génération suivante. Les enfants de Carl et Simon ont aussi développé la même passion au point de s’y investir.

Catherine et Justine, les filles de Carl, reprendront les rênes de la ferme familiale. Son autre fille, Éliane, est vétérinaire et son fils, Guillaume, est travailleur forestier et acériculteur. Du côté de Simon, l’une de ses trois filles, Laurence, devrait aussi reprendre l’entreprise familiale.

Aujourd’hui, sachant qu’il a une relève, Carl travaille dans le but qu’elle puisse prospérer. «C’est une entreprise familiale qui a été montée dans l’équilibre familial. Ç’a toujours été primordial de conserver la famille unie», a résumé Carl Marquis. D’ailleurs, il est fier de voir ses filles vouloir lui succéder, surtout qu’il ne leur a jamais mis de pression.

«Nous sommes capables d’avoir un milieu de vie et un mode de vie où l’ont peut avoir du plaisir, même si l’on travaille de 80 à 90 heures par semaine. […] Je les ai toujours laissées choisir. Elles venaient à l’étable par choix. Elles ont développé une attirance pour les animaux avec les expositions, à avoir des chats dans l’étable, avoir un chien. Toutes ces petites choses qui font que la vie est belle», a-t-il décrit, ajoutant qu’il a toujours gardé une attitude positive, malgré les difficultés.  La communication étant l’un des éléments essentiels à la réussite.

Au bout du compte, Bernard et Carl Marquis rappellent que c’est grâce à leurs parents qu’ils ont découvert le milieu agricole, appris la valeur du travail et ils leur en sont reconnaissants.

«Il reste que mes parents ont tellement travaillé fort. Ils nous ont tellement conditionnés à travailler ensemble, à partager, à investir du temps sans attendre rien en retour.»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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