Photo : Mélanie Labrecque

ART. L’artiste leclervilloise Nicole Guillemette peint depuis plusieurs années. Les murs de son atelier sont couverts de ses créations colorées reflétant la palette de ses émotions. Récemment, elle a peint une série de quatre grandes toiles qui l’ont sauvée de la période sombre qui a suivi son divorce. Elle les présentera à l’occasion d’une exposition qui aura lieu à la Chapelle de Lotbinière les 16 et 17 juillet.

Ces grandes œuvres, métaphores de ses sentiments, traduisent les étapes qu’elle a franchies après sa séparation. Environ un an plus tard, elle a mis la touche finale à sa dernière création.

«Le jour où il m’a dit : "je pars", j’ai fait une toile. Des oiseaux sur tout un panneau. Ensuite, en réfléchissant je me suis dit qu’il faut que je mène ma barque et j’ai fait une toile avec une personne dans une barque. Après, ç’a été l’au revoir. J’ai représenté mon mari comme un hibou. Enfin, la quatrième représente la sérénité. Ç’a été bénéfique, je n’ai pas pleuré et j’ai vécu ça plus sereinement avec la création», a-t-elle raconté.

L’exposition c’est aussi un cadeau qu’elle se fait pour souligner ses 70 ans. «Ce n’est que deux jours, mais pour moi c’est important de livrer ce que j’ai vécu.»

Vivre avec la maladie

La journée est chaude, le ciel est bleu et ensoleillé. Quelques oiseaux chantent et Nicole Guillemette, assise dans sa balancelle extérieure, raconte comment peindre lui a permis de prendre la vie du bon côté depuis qu’elle a reçu un diagnostic de la maladie de Parkinson, en 2000.

À ce moment, Mme Guillemette a souhaité en apprendre plus sur le sujet. Elle a emprunté plusieurs livres à la bibliothèque. Au fil de ses lectures, elle a constaté qu’il y avait peu de positif qui en ressortait.

«Dans tous les livres, on ne parlait que des gros cas. Il n’y en avait pas de petits et peu de positif. J’ai fermé les livres et je me suis dit, vis-le donc à la place. Quand il y aura quelque chose que n’ira pas, tu vivras le moment présent», a-t-elle philosophé.

Au lieu de se laisser abattre par le découragement et des sentiments négatifs face à la maladie, elle a trouvé du réconfort dans la création artistique. Elle peint et les tremblements de ses mains, surtout la droite, ne l’arrêtent pas. D’ailleurs, ses mains sont parfois représentées dans ses œuvres. «Elles ont le droit d’exister», affirme-t-elle.

Après 22 ans, aussi étonnant que cela puisse paraître, elle est reconnaissante pour ce que la maladie lui a apporté. «Chaque jour, je dis merci. Je peux faire ce que je veux et je n’ai jamais pris ça [comme un obstacle].»

D’ailleurs, si elle s’est ouverte sur sa maladie, c’est qu’elle souhaitait envoyer un message d’espoir aux autres personnes qui vivent avec le Parkinson et à celles qui auront un diagnostic.

«Si ça peut améliorer le cas de quelqu’un qui a la maladie, j’aurai contribué un peu. Ce n’est pas parce que tu as un diagnostic que ça va aller au plus mal et que tu vivras le pire des scénarios. Ça fait 22 ans que j’ai été diagnostiquée. Je suis poquée un peu, mais je ne suis pas si pire.»

Nicole Guillemette continuera à peindre, a-t-elle affirmé. «Jusqu’au dernier souffle de ma vie.»

 

 

 

 

 

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