«On espérait pouvoir faire la saison des sucres avec lui, il aurait été avec nous, en fauteuil roulant, mais à un moment donné, on a réalisé qu’il ne pourrait pas s’y rendre», a raconté Danielle Gagné. «On a promis à notre père, juste avant qu’il décède, qu’on ferait les sucres pour lui. C’était un honneur de faire ça, mais on savait qu’il y avait plein d’affaires qui s’en venaient», a rajouté sa sœur, Mélanie.
Une fois cette première saison terminée, elles se sont mises à l’ouvrage, plusieurs travaux devaient être faits et plusieurs équipements devaient être remplacés, notamment la bouilleuse au bois, qui a été remplacée par une bouilleuse à l’huile, de même que la tubulure qui avait été installée en 1998.
«Notre mère nous accompagnait. C’était plus dur pour elle la première année, il y avait beaucoup d’émotion, mais elle ne nous a jamais obligées à continuer», a soutenu Danielle.
Les sœurs Gagné se sont donc relevées les manches, elles ont suivi des cours pour parfaire leurs connaissances. En plus de reconnaissance des acquis en acériculture, elles ont suivi, entre autres, un cours d’abattage pour le faire de façon sécuritaire. «C’est important de suivre des cours, même si on en connaît beaucoup. C’est la clé du rendement», a-t-elle ajouté.
D’ailleurs, depuis la saison 2022, elles ont procédé à des coupes sélectives dans l’érablière et réduit le nombre d’entailles tout en maintenant leur volume de production. «C’est encourageant de voir qu’on améliore l’érablière et qu’on augmente notre rentabilité. Puisque nous n’avons pas beaucoup d’entailles, on essaie de les rentabiliser», a renchéri Mélanie. Ces choix, indique-t-elle, sont pour assurer la longévité de l’érablière.
En plus de s’occuper de l’érablière, les sœurs Gagné travaillent également à temps plein et doivent s’occuper de leur famille. Avant la saison des sucres, elles travaillent une journée par semaine à l’érablière et pendant la saison. Elles prennent congé de leur travail pour s’occuper de la récolte. Des voisins et des membres de leur famille viennent également leur prêter main forte.
L’aventure de l’érable accessible à tous
Avec leurs 12 000 abonnés sur Facebook, Mélanie et Danielle Gagné rejoignent plusieurs personnes, dont plusieurs femmes et jeunes femmes, qui seraient intéressées par l’aventure acéricole.
«Nous avons eu des témoignages de jeunes filles qui disent que ça les intéresse, qu’elles ont le goût d’y aller ou d’un père qui nous a dit que sa fille s’intéressait à ça grâce à nous. Au début on se faisait demander si nos chums étaient là-dedans, mais ce n’est pas nos chums, c’est nous. On est deux filles et on fait tout de A à Z», a soutenu Mélanie Gagné.
D’ailleurs, leur mère, Thérèse, est toujours impliquée dans la gestion de l’entreprise familiale. «Elle s’occupe de la gestion, de la Fédération, des paies. Elle s’occupe d’une partie super importante de l’entreprise», a-t-elle poursuivi.
Un coup de pouce à la Maison de soins palliatifs du Littoral
Atteint d’un cancer, le père des sœurs Gagné a fait un séjour à la Maison de soins palliatifs du littoral (MSPL) avant son décès en décembre 2021. «On était en période de COVID-19. Ils ont été super humains. Nous sommes cinq filles, plus notre mère et ils nous ont permis d’être avec notre père jusqu’à la fin», a résumé Mélanie Gagné.
Pour les deux sœurs, il était donc normal de vouloir soutenir l’organisation, «pour les remercier», a poursuivi Danielle Gagné. Elles profitent de la notoriété qu’elles ont acquise au cours des dernières années sur les médias sociaux pour lancer une campagne de financement originale.
La MSPL recevra 30 % des profits générés par la vente en ligne de leurs articles promotionnels.
«On se disait que, même si nous donnions personnellement, on ne vit pas sur l’or et, quand tu fais un don, ce n’est pas nécessairement un gros montant. On se disait qu’on serait capable d’aller chercher un montant plus important pour faire une différence. Puis, s’il y en a qui veulent donner plus, il y a un lien vers la maison de soins palliatifs pour faire de plus gros dons», a expliqué Danielle Gagné.
La campagne de financement sur le site www.2soeursalacabane.com se termine le 1er mai prochain.