Aujourd’hui, Mme Couture occupe un rôle important dans la coordination des activités agricoles de l’entreprise. Elle est, entre autres, responsable de la coordination de la production apicole et acéricole, de la gestion des entrepôts, du ravitaillement, de la traçabilité du miel ainsi que de l’accueil des travailleurs étrangers temporaires.
Cette implication a commencé en 2020 lorsqu’elle a rencontré son conjoint. Petit à petit, elle a été amenée à en faire de plus en plus.
«En 2022, il y a eu la catastrophe au niveau de la mortalité des abeilles. On a été obligé de mettre en place de nouveaux outils technologiques pour faire avancer l’apiculture de demain. On appelle ça la traçabilité des ruches. C’est là que j’ai commencé à être intégrée. On m’a demandé d’assister et d’apprendre comment fonctionnait le logiciel. Au fil du temps, on m’a confié d’autres tâches parce que tout le monde voyait que j’étais capable de le faire», a raconté Mme Couture.
Une expérience utile
Lorsqu’elle a intégré Les ruchers Chaudière-Appalaches, Cynthia Couture avait déjà derrière elle plus de 10 ans d’expérience en production laitière. Elle avait des connaissances en gestion en plus de son diplôme d’études professionnelles en production laitière et son attestation d’études collégiales en gestion agricole.
Malgré tout, elle arrivait dans un monde qui lui était inconnu. Il lui a fallu quelques années pour apprivoiser ses peurs. Elle a également suivi des formations en apiculture et en acériculture.
L’ensemble de ses connaissances lui ont permis de mettre en place des systèmes et des procédures efficaces, notamment au niveau de la biosécurité et du bien-être des abeilles.
Conciliation travail famille
Malgré toutes ses responsabilités professionnelles, Mme Couture réussit quand même à consacrer du temps à ses trois enfants de 9, 3 et 2 ans. Malgré tout, elle a dû composer avec quelques défis.
Notamment celui de l’attente d’une place en garderie. Elle a eu son petit garçon avec elle à temps plein pendant neuf mois. Toutefois, elle aime lorsqu’elle peut travailler avec eux et les initier au travail.
«J’ai eu mes enfants avec moi beaucoup, mais je les ai toujours amenés aussi. La fin de semaine, on part et on va faire les ruches. Ils ont leurs habits et nous suivent. C’est un plaisir de les amener.»
Elle indique toutefois qu’elle ne pourrait pas y arriver sans le soutien de ses parents et beaux-parents, qui l’aide surtout pendant la période de mars à mai qui comprend le temps des sucres et le début de la saison apicole.
Encourager les femmes en agriculture
Les agricultrices comptent pour un peu moins de 30 % des propriétaires et copropriétaires d’entreprise agricole au Québec. Malgré tout, elles sont peu représentées dans les postes décisionnels. «Elles [les agricultrices] pensent peut-être qu’elles ne sont pas à la hauteur, mais si elles sont à la hauteur d’entreprendre en agriculture, je crois qu’elles ont la capacité d’intégrer les instances», mentionne celle qui est également vice-présidente des Agricultrices de Chaudière-Appalaches Ouest.
D’ailleurs, son implication syndicale remonte à 2008 ou 2009, lorsqu’elle a assisté au congrès de la Fédération de la relève agricole du Québec. «J’ai été interpellée par tout ce qu’il y avait à mettre de l’avant pour avancer», a-t-elle affirmé, ajoutant que, depuis son adolescence, elle veut être celle qui réussit à faire avancer l’agriculture et à faire une différence.