mercredi 17 juin 2026
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Prix Jeannine-Bourque

Des efforts récompensés

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Photo: Courtoisie - Les Éleveurs de porcs du Québec

17 juin 2026 09:17

Le travail de Christian Lefebvre et de Carole Marcoux, les copropriétaires de Le Porc de Beaurivage, de Saint-Patrice-de-Beaurivage, a été reconnu par leurs pairs. Ces derniers ont reçu le prix Jeannine-Bourque lors du plus récent gala des Éleveurs de porcs du Québec, tenu le 4 juin dernier.

«C’est une belle reconnaissance des éleveurs», a simplement souligné Carole Marcoux. «On sort un peu de l’ordinaire. La chance qu’ils nous offrent un tel prix, c’est apprécié parce que ça démontre la valeur qu’on porte à la viande de porc», a rajouté sa fille Mélyna Lefebvre.

Jeannine Bourque est l’une des membres fondatrices des Éleveurs de porcs du Québec et s’est impliquée dans le mouvement syndical pendant des années, notamment en étant élue à la présidence du syndicat des producteurs de l’époque. Elle a également contribué à structurer la mise en marché du porc. Le prix vise donc à valoriser le leadership entrepreneurial dans le secteur porcin, en encourageant l’innovation technique et organisationnelle et souligner les démarches qui favorisent la prospérité et la pérennité.

En étant naisseur finisseur, Le Porc de Beaurivage contrôle l’ensemble de sa production de la naissance des porcelets, à l’abattage et la transformation dans ses installations jusqu’à la table de son restaurant le Saindoux, de Sainte-Marie.

«Il y a 15 ans, on a décidé de mettre des toiles sur nos citernes. Ça permet de récupérer l’eau de pluie, la neige, la glace. […] On peut emmagasiner notre azote, il y a moins de purin à voyager. En 2003-2004, on a mis des haies brise-vent sur les terres. On a boisé tous nos puits. De cette façon, on est certain qu’il n’y aura rien dans notre eau. Au fil des années, on ne s’en est pas rendu compte, mais on a investi beaucoup dans notre environnement», a soutenu Carole Marcoux, qui ajoute qu’ils produisent également leur moulée, ce qui évite la présence de médicament et d’antibiotiques.

Ces innovations apportées au fil du temps les distinguent des autres éleveurs de porcs.

Relève agricole

«Au niveau de la relève, on n’a pas poussé. Ce qu’on a fait, on l’a toujours fait pour nous, pour le mieux de la famille, mais c’est sûr que, lorsque Yann (l’aîné) nous a dit qu’il voulait faire partie de la relève, ça nous a permis de prendre des décisions, comme la construction de l’abattoir», a raconté Carole Marcoux. Sa fille Mélyna a également manifesté le désir de sauter dans l’aventure.

Face aux défis que rencontre l’ensemble de la relève en agriculture, Carole Marcoux espère que le gouvernement mettra son programme d’aide à jour. Même si l’aide accordée aux jeunes de la relève est récemment passée de 50 000 $ à 65 000 $, cela reste insuffisant dans le contexte inflationniste que connaît le secteur agricole. Le rachat d’une ferme devient alors plus complexe pour les jeunes.

«À un moment, si l’ont veut qu’il y ait encore de l’agriculture et que ce ne soit pas seulement les gros [il faut agir]. À une certaine époque, nous étions de cinq à six naisseurs finisseurs dans le rang, maintenant, nous sommes les seuls», a illustré Mme Marcoux. Certaines de ces fermes ont fermé, d’autres se consacrent uniquement à l’engraissement, a-t-elle poursuivi.

Cette aide passe aussi par un allègement véritable dans la paperasse et les formalités administratives, plaident Carole Marcoux et Mélyna Lefebvre. Ce qui demande beaucoup de temps dans des périodes où les agriculteurs sont sollicités par les travaux de la ferme. Elles citent en exemple deux programmes de subvention qui ont récemment été ouverts. Remplir les formulaires leur a demandé deux jours de travail. Ces deux jours, elles ne les ont pas consacrés aux travaux de la ferme.

Restaurant

Il y a à peine un an, la famille Lefebvre ouvrait son restaurant, le Saindoux, à Sainte-Marie, avec le chef Alex Bouchard. Ce projet, qui vise à mettre en valeur la viande de porc, a récemment reçu une distinction à laquelle la famille ne s’attendait pas. Il a reçu un Bib gourmand du Guide Michelin.

«Ce que ça veut dire, c’est que c’est une cuisine de goût, de qualité, d’exception, mais à un rapport qualité-prix abordable», a expliqué Carole Marcoux. «Quand ils sont venus, on n’avait même pas notre fumoir de 21 pieds, on était sur des barbecues à l’extérieur… on n’avait pas encore la qualité que nous avons aujourd’hui», a poursuivi Mélyna Lefebvre.

Alors que le restaurant en était à ses premières armes, des évaluateurs du guide ont fait des visites mystères. «Selon le rapport qu’on a reçu, ils seraient venus au printemps 2025, donc on n’avait même pas une année de fait», a mentionné Mme Marcoux, ce qui rend les propriétaires encore plus fiers.

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